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Alexander Zverev s'impose après un combat de cinq heures à l'US Open

Alexander Zverev a frôlé la sortie de route dès son entrée en lice à l’US Open. Tête de série numéro 1, récent vainqueur de Roland-Garros, l’Allemand a dû puiser très loin pour échapper au piège tendu par Lorenzo Sonego, finalement dominé en cinq sets 6-4, 3-6, 6-7(7), 7-5, 6-4 au terme d’un combat de près de cinq heures, achevé dans les premières heures de mercredi.

Le décor était posé : Zverev arrivait à New York pour la première fois avec le statut de champion en Grand Chelem, dans un tableau orphelin du numéro un mondial Jannik Sinner et avec un Carlos Alcaraz tout juste revenu de blessure. Sur le papier, il était “l’homme à battre”. Sur le court, il a surtout failli être celui qui tombe.

Un départ maîtrisé, puis la tempête

Le premier set a semblé confirmer la hiérarchie. Zverev a immédiatement pris les commandes, agressif au retour, solide au service. Il ne convertit pourtant qu’une seule de ses sept balles de break. Une statistique qui allait vite devenir un avertissement. Mais ce break suffit à boucler la manche 6-4, sans frayeur apparente.

En face, Lorenzo Sonego, 89e mondial, ne s’est pas contenté du rôle de sparring-partner de luxe. L’Italien a haussé le ton dès le deuxième set. Break précoce, prises de balle tôt, variations constantes, et surtout une qualité de service retrouvée. Il impose sa cadence, étouffe les initiatives de Zverev et conclut la manche sur un jeu blanc, ponctué d’un ace, pour égaliser à un set partout. Le match venait de basculer dans une autre dimension.

Le trou d’air et la faute qui coûte cher

La troisième manche s’est transformée en bras de fer. Les deux hommes se rendent coup pour coup, les échanges s’allongent, le public se régale. Aucun ne cède son engagement, la tension monte point après point. Logiquement, tout se joue au tie-break.

C’est là que Zverev craque. Une double faute au plus mauvais moment, offrant à Sonego l’ouverture rêvée. L’Italien ne tremble pas et arrache le set pour mener deux manches à une. La nuit s’avance, et la tête de série numéro 1 se retrouve au bord du gouffre.

À deux points de la sortie

Le quatrième set suit le même scénario nerveux. Les breaks se répondent, personne ne parvient à s’échapper durablement. Zverev semble emprunté, parfois agacé, mais refuse de lâcher. Sonego, lui, joue libéré, porté par la perspective d’un exploit retentissant.

Puis la pression change de camp. Les deux hommes se neutralisent jusqu’aux derniers jeux. Zverev se retrouve à deux points de la défaite. Le moment de vérité. L’Allemand serre le jeu, tient un service crucial, puis s’arrache au retour pour prendre enfin le service de Sonego et arracher un cinquième set. La survie tient à un fil, mais elle tient.

Le physique fait la différence

Dans la manche décisive, le scénario tourne définitivement. Sonego commence à accuser le coup. Les jambes répondent moins bien, les prises de risque se font plus approximatives. Zverev, lui, s’accroche à son expérience, à son volume de jeu, à ce statut de champion qu’il assume désormais.

Les échanges restent disputés, mais l’Italien n’a plus la même explosivité. L’Allemand finit par faire la différence, break en poche, visage fermé, déterminé à ne pas entrer dans l’histoire pour la mauvaise raison : devenir le premier numéro un de tableau à perdre au premier tour d’un Grand Chelem depuis Lleyton Hewitt à Wimbledon en 2003.

Il conclut 6-4 au cinquième, bras levé mais regard lucide. Il sait ce qu’il vient d’éviter.

« Je suis juste heureux d’avoir gagné, c’est tout », lâche-t-il après coup. Il parle d’un “combat incroyable”, de “presque cinq heures” et du “plus long premier tour de sa carrière en Grand Chelem”. Il rend aussi hommage à Sonego, estimant que l’Italien “aurait battu beaucoup de joueurs” ce soir-là.

La vérité, c’est qu’il a failli battre le favori du tournoi.

Zverev est passé très près du précipice, mais il est toujours là. Reste à savoir si cette nuit de survie lancera son tournoi… ou laissera des traces.