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Zverev bat Khachanov et atteint la finale de l'US Open

Alexander Zverev a l’habitude désormais de vivre ses fins de quinzaine en très grand format. Vendredi, le numéro un du tableau à New York a étouffé Karen Khachanov pour filer en finale de l’US Open, bouclant l’affaire en trois manches serrées mais maîtrisées : 6-3, 7-6 (9/7), 7-6 (8/6).

Troisième finale consécutive en Grand Chelem pour l’Allemand, sacré à Roland-Garros, finaliste à Wimbledon, et désormais à une marche d’un deuxième titre majeur. Sur le ciment d’Arthur Ashe, il n’a pas seulement gagné. Il a tenu, résisté, serré le jeu quand la pression montait d’un cran.

Zverev tient la ligne dans les moments brûlants

Le scénario aurait pu déraper. Deux fois, Zverev s’est retrouvé dos au mur dans les jeux décisifs. Deux fois, il a trouvé la ligne, le service, le sang-froid. Dans le tie-break du deuxième set, il sauve deux balles de manche, étouffe la révolte de Khachanov, puis ferme la porte avec une précision clinique. Même chose dans le troisième : mené 6-4 au jeu décisif, il regarde son adversaire se saborder sur deux fautes de coup droit, claque son 15e ace, et conclut sur une dernière faute de Khachanov, encore en coup droit.

« Victoire en trois sets, mais tout sauf simple », résume Zverev. « Il a incroyablement bien joué, il s’est battu jusqu’au bout. » La formule dit tout : le score est sec, le combat ne l’a pas été.

Le début de tournoi, lui, avait été beaucoup moins fluide. Neuf heures et 26 minutes passées sur le court sur les deux premiers tours, deux marathons en cinq sets, un tableau qui se compliquait déjà. Puis le jeu s’est affûté, la mécanique s’est huilée, et Zverev a retrouvé ce rythme lourd, cette première balle qui cloue l’adversaire dans le fond du court.

Face au 50e mondial, il lui a tout de même fallu 2h57 pour s’ouvrir la porte de la finale. Khachanov visait un exploit historique : devenir le finaliste de Grand Chelem le moins bien classé depuis Marcos Baghdatis, 54e, à l’Open d’Australie 2006. L’histoire attendra.

Khachanov se rebelle, Zverev l’étouffe

Le premier set ne laisse guère d’illusion au Russe. Zverev impose son tempo, décroche le break, verrouille ses mises en jeu. Khachanov ne parvient pas à l’entamer, n’obtient pas la moindre balle de break, et se retrouve mené un set à rien sans avoir vraiment existé.

La révolte arrive dans le deuxième. Mené d’un break, Khachanov s’accroche, arrache un sourire quand il glisse un passing gagnant le long de la ligne au début du quatrième jeu, puis lève le bras vers le ciel quelques points plus tard lorsque son coup droit lui offre enfin une première balle de break. Zverev craque, double faute, le Russe recolle. Le bras se délie, les frappes claquent, l’échange s’équilibre.

Le tie-break devient un bras de fer. Khachanov sauve deux balles de set, d’abord avec un coup droit tonitruant, puis avec un revers long de ligne somptueux. Mais Zverev refuse de lâcher, grignote point par point, et finit par empocher la manche. Le coup est dur.

Dans le troisième, les deux hommes se rendent coup pour coup. Pas une balle de break de part et d’autre, la tension grimpe à chaque jeu de service. Tout se joue encore au jeu décisif. Khachanov se donne un bol d’air à 6-4, deux balles pour relancer complètement la demi-finale. Le bras se fige, les fautes de coup droit s’enchaînent. Zverev, lui, ne tremble pas. Ace, puis dernier échange, dernier coup droit de Khachanov qui s’échappe. Rideau.

« Les deuxième et troisième sets auraient clairement pu basculer de l’autre côté », admet Zverev. « J’ai juste joué quelques points un peu mieux ici et là, et je suis heureux de la victoire. »

L’ombre de 2020, le rêve américain et la sécheresse

Quatre ans après sa finale perdue face à Dominic Thiem en cinq sets, Zverev revient sur le même court avec une idée fixe : ne pas revivre la même nuit. « J’espère pouvoir empêcher le rêve américain de se réaliser dimanche », lâche-t-il, sourire en coin. Le décor est planté.

En face, il trouvera un joueur porté par tout un pays. Ben Shelton, tête de série numéro 8, ou Frances Tiafoe, 11e tête de série. Deux Américains, un duel fratricide en demi-finale, et un enjeu colossal : mettre fin à 23 ans de disette pour le tennis masculin américain en Grand Chelem, depuis le titre d’Andy Roddick ici même en 2003.

Shelton arrive lancé comme une fusée. Il vient de sortir le tenant du titre, Carlos Alcaraz, sept fois vainqueur en Grand Chelem, au terme d’un quart de finale monstrueux, conclu à 3h34 du matin, le plus tardif de l’histoire de l’US Open. La plus grande victoire de sa jeune carrière, et une première porte ouverte sur une finale majeure.

Tiafoe, lui, rêve tout autant de cette première. Les deux hommes se connaissent par cœur. Shelton mène dans leurs confrontations globales, mais à Flushing Meadows, l’équilibre est parfait : une victoire chacun. Shelton avait dominé leur quart de finale en 2023, Tiafoe avait pris sa revanche au troisième tour l’année suivante. Cette fois, la mise est infiniment plus élevée.

Une journée sous le signe de la mémoire, un week-end sous tension

La journée à New York a commencé sur une note grave. Lors des hymnes nationaux des sessions de jour comme de nuit, le stade a rendu hommage au 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, qui avaient détruit les tours du World Trade Center. Silence lourd, visages fermés, émotion palpable dans les tribunes d’un tournoi intimement lié à la ville.

Pendant que le tableau masculin se tend, le titre féminin se jouera samedi. Elena Rybakina tentera d’empêcher Aryna Sabalenka de réussir un triplé historique à l’US Open. La Kazakhe a déjà porté un premier coup en mettant fin, en atteignant les demi-finales, à près de deux ans de règne de la Bélarusse en tête du classement mondial. Sabalenka, elle, vise une troisième couronne consécutive à New York, symbole d’une domination sans partage.

Dimanche, pourtant, tous les regards se tourneront vers Zverev. Un Allemand en pleine maturité, un public américain en quête d’un héros national, une sécheresse de 23 ans en toile de fond. D’un côté, la revanche d’une finale perdue. De l’autre, la promesse d’un renouveau. Qui osera briser le scénario de l’autre ?