Zimbabwe défie l’Australie avec des légendes
Le Zimbabwe a choisi de frapper fort. Pour la série d’ODI face à l’Australie, une affiche rare et toujours chargée de symboles, la sélection a dévoilé un groupe de 15 joueurs mené non pas par son capitaine habituel, mais par son homme du moment : Sikandar Raza.
Richard Ngarava, capitaine en temps normal en ODI, est écarté par une blessure au bas du dos. Un coup dur. Mais la réponse de la fédération est claire : expérience maximale, pari assumé.
Le retour de Graeme Cremer, six ans plus tard
Le premier frisson vient d’un nom que l’on croyait presque rangé dans les archives : Graeme Cremer. L’ancien capitaine, lég-spinner élégant et cérébral, n’avait plus disputé le moindre ODI depuis 2018. Il revient aujourd’hui par la grande porte, pour une série de prestige face à l’Australie.
Cremer connaît d’ailleurs très bien ce genre de rendez-vous. Sa seule apparition en ODI contre les Australiens remonte à la Coupe du monde 2011. Une autre époque, un autre Zimbabwe. Entre-temps, il a réintégré la configuration T20I l’an dernier, disputé la T20 World Cup plus tôt cette année, puis participé à la tri-série T20I en Namibie. Le voilà désormais réinstallé dans le format 50 overs, au cœur d’un projet qui compte sur sa science du jeu.
Brendan Taylor, la chasse au record d’Andy Flower
L’autre grand retour a un parfum d’histoire. Brendan Taylor, 40 ans, revient une nouvelle fois dans l’arène. Le keeper-batter n’avait rejoué en ODI qu’en 2025, lors de deux rencontres face au Sri Lanka, après quatre ans de pause internationale. Il est de retour encore, avec une mission limpide.
Taylor est le deuxième meilleur marqueur de l’histoire du Zimbabwe en ODI. Il ne lui manque que 81 runs pour dépasser Andy Flower et s’asseoir seul en tête de ce classement mythique. Chaque manche face à l’Australie aura donc une double lecture : l’enjeu collectif d’une série de haut niveau, et la poursuite d’un record qui traverse les générations.
Pour accompagner ce monument, le staff a retenu une autre option derrière les stumps : Tadiwanashe Marumani, profil plus jeune, capable d’apporter de la flexibilité dans la composition.
Des absents de poids, des choix tranchés
Si le retour des anciens capte la lumière, la liste comporte aussi des manques lourds. Outre Richard Ngarava, Tendai Chatara est lui aussi forfait, touché au tendon d’Achille. Deux piliers du secteur pace qui disparaissent d’un coup de la feuille de match.
Autre décision forte : Clive Madande, qui tenait le rôle de keeper-bat lors de la précédente série d’ODI contre le Bangladesh en juillet, n’a pas été retenu cette fois. Le message est clair : pour affronter l’Australie, le Zimbabwe mise sur l’expérience de Taylor et la polyvalence de Marumani, quitte à bousculer la hiérarchie récente.
Harare, théâtre d’un rendez-vous rare
Cette série a aussi une dimension historique. Le Zimbabwe n’a plus accueilli l’Australie en ODI depuis 2014, lors d’une tri-série où l’Afrique du Sud complétait le plateau. Une décennie plus tard, Harare Sports Club retrouve ce duel inégal sur le papier, mais toujours fascinant.
Les trois rencontres sont programmées les 15, 18 et 20 septembre, toutes au Harare Sports Club. Trois dates, un même décor, et une question : ce Zimbabwe mêlant légendes de retour, cadres confirmés et nouvelles options aura-t-il assez de répondant pour bousculer l’une des références mondiales du format 50 overs ?
La réponse ne viendra pas d’un discours ni d’un palmarès. Elle tombera, sèche et implacable, au rythme des overs à Harare.




