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Zheng Qinwen renverse Iga Swiatek à l'US Open

À New York, une règle s’impose désormais avec la force d’une évidence : ne jamais mener 5-0 contre Zheng Qinwen. Jamais.

Madison Keys en a fait l’amère expérience vendredi, en s’écroulant dans le set décisif après avoir pris ce même avantage. Sept jeux encaissés d’affilée, match perdu. Deux jours plus tard, c’est Iga Swiatek, six titres du Grand Chelem et favorite déclarée du tournoi, qui a vu la même vague la submerger.

De 0-5 à 7-5 : le basculement

Sur le Arthur Ashe, tout semblait pourtant écrit pour la numéro 1 de sa génération. Swiatek démarre pied au plancher, mène 5-0, contrôle les échanges, impose sa cadence. Zheng, elle, subit, encaisse, cherche ses repères. On imagine déjà un premier set expédié, une soirée tranquille pour la Polonaise.

Puis le match change de couleur.

Jeu après jeu, Zheng resserre le jeu, nettoie les fautes, durcit ses frappes. Elle tient sa mise en jeu, puis déborde Swiatek en retour. À 4-5, prise dans sa bulle, elle en vient même à oublier le score, comme elle le racontera ensuite. Le tableau d’affichage, lui, ne pardonne pas : sept jeux d’affilée, 7-5 Zheng. L’US Open tient son renversement le plus insensé de la quinzaine.

Répéter, dans deux matchs de rang, un comeback de 0-5 à 7-5 au plus haut niveau relève déjà de l’exception. Le faire face à deux lauréates de Grand Chelem, dont l’une est la patronne du circuit, n’avait encore jamais existé.

Swiatek se délite, Zheng s’installe

Ce premier set perdu laisse des traces. Swiatek, qui arrivait à New York regonflée par son titre à Toronto et un début de reconstruction mentale, se dérègle brutalement. Les frappes se raccourcissent, les fautes directes s’enchaînent, le regard se perd. Elle évoquera après coup un problème de sensations plus que de mental, des « balles faciles » mal négociées au moment même où Zheng, elle, ne donne plus rien.

La dynamique ne se retournera jamais. En face, Zheng joue juste, joue lourd, joue libre. Elle verrouille les échanges importants, impose son service, gère les montées d’adrénaline. Le deuxième set se conclut 6-3. Sec, net, sans trou d’air. Elle signe l’une des plus grandes victoires de sa jeune carrière et décroche son billet pour les quarts de finale de l’US Open.

Cette victoire prend une dimension particulière à la lumière de leur histoire récente. Avant ce huitième de finale, Zheng n’avait battu Swiatek qu’une seule fois en huit confrontations. Mais c’était déjà un coup de tonnerre : en demi-finale des Jeux olympiques de Paris 2024, sur la terre de Roland-Garros, quelques semaines après le troisième sacre consécutif de la Polonaise à Roland.

De l’or olympique au gouffre… puis la remontée

L’ascension de Zheng semblait tracée. Or olympique, finale de l’Open d’Australie 2024, meilleur classement à la 4e place mondiale. À 23 ans, la Chinoise s’installait comme l’un des visages majeurs du circuit.

Puis le coude a lâché. Opération, arrêt, doute. Le classement s’effondre, jusqu’à la 160e place en juin. Le rythme disparaît, la confiance s’effrite. Son bilan 2026 avant d’arriver à New York ? 11 victoires, 13 défaites. Rien qui annonce un tel retour au premier plan.

Pour entrer dans ce tableau principal, Zheng a dû ravaler son orgueil et passer par les qualifications. Trois tours à survivre avant même de goûter à la grande scène. Elle enchaîne, gagne, s’accroche. Sept victoires plus tard, la voilà de retour dans le dernier carré des discussions, à nouveau considérée comme une prétendante crédible au titre. En douze jours, sa saison a changé de visage.

Rybakina, machine à gagner

Son prochain obstacle s’appelle Elena Rybakina. Tête de série numéro 2, la Kazakhe s’est approchée à une victoire du trône mondial en balayant Naomi Osaka 6-1, 6-4. Soixante-six minutes de maîtrise sur le Louis Armstrong Stadium, 29 coups gagnants pour seulement 17 fautes directes, une seule balle de break concédée, écartée sans trembler.

Osaka, double championne à Flushing Meadows, avait besoin de son sommet de jeu pour rivaliser. Elle n’en a jamais approché le niveau. Gênée par une douleur au tendon d’Achille, en difficulté au service, elle n’a pas trouvé l’intensité nécessaire pour fissurer la muraille Rybakina.

Le duel à venir entre la puissance linéaire, implacable, de Rybakina et la résilience presque têtue de Zheng promet un choc de styles. L’une joue pour le numéro 1 mondial, l’autre pour valider une renaissance éclaire. Il ne restera pas beaucoup d’air sur le court.

Andreeva continue d’apprendre vite

Sur la ligne d’horizon, une autre jeune femme avance à pas sûrs. Mirra Andreeva, 5e tête de série et récente lauréate de Roland-Garros, disputera pour la première fois les quarts de finale à Flushing Meadows. Menée un set à rien par Anastasia Potapova, l’adolescente russe a haussé le ton pour s’imposer 5-7, 6-4, 6-3.

Match rugueux, combat de fond de court, gestion des nerfs. Andreeva s’en sort avec le calme d’une joueuse bien plus âgée que ses années. À mesure que le tournoi avance, sa présence en deuxième semaine ne surprend plus personne.

Blockx se révèle chez les hommes

Chez les hommes, un nouveau nom s’invite dans la lumière. Alexander Blockx, tête de série numéro 28, disputera son premier quart de finale en Grand Chelem après sa victoire sur Francisco Cerundolo, 24e tête de série, 6-3, 4-6, 7-5, 7-5.

Match accroché, deux derniers sets tendus, mais Blockx a serré le jeu au moment clé. Une première percée à ce niveau, sur la plus grande scène du circuit, qui pourrait bien changer la trajectoire de sa carrière.

À New York, certains s’accrochent à leur rang, d’autres bousculent l’ordre établi. Zheng Qinwen, elle, a choisi une autre voie : effacer un 0-5 comme on tourne une page. Combien de temps encore le circuit mettra-t-il à comprendre qu’avec elle, aucune avance n’est vraiment sûre ?