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Zheng Qinwen renverse Iga Swiatek et atteint les quarts du US Open

À New York, Zheng Qinwen joue avec le feu. Et pour l’instant, c’est toujours elle qui gagne.

Pour le deuxième match de suite, la Chinoise a remonté un set mal embarqué depuis 0-5. Cette fois, ce n’était pas face à n’importe qui, mais contre une ancienne reine de Flushing Meadows : Iga Swiatek. Résultat : une victoire 7-5, 6-3 sur le Arthur Ashe Stadium et un billet pour les quarts de finale du US Open, où elle affrontera Naomi Osaka ou Elena Rybakina.

De 0-5 à la prise de pouvoir

Samedi déjà, Zheng avait frôlé la sortie de route. Menée 5-0 dans le troisième set par Madison Keys au troisième tour, elle avait aligné sept jeux consécutifs pour s’en sortir par un incroyable retournement.

On pouvait croire à un simple accident. Ce n’en était pas un.

Face à Swiatek, tête de série numéro 8, l’histoire s’est rejouée. Zheng explose d’entrée, multiplie les fautes, se retrouve rapidement menée 5-0 dans le premier set. Le Arthur Ashe s’attend à un monologue polonais. Mais la 23 ans refuse le scénario.

Elle se met à tout toucher. Service retrouvé, frappes plus lourdes, angles plus tranchants. Elle empoche 13 des 16 jeux suivants. La dynamique bascule brutalement. Swiatek, solide toute la quinzaine jusque-là, se retrouve submergée.

Le premier set se retourne, 7-5 Zheng. Le coup de massue est psychologique autant que comptable.

Une qualifiée qui joue comme une tête d’affiche

Zheng n’est même pas entrée directement dans le tableau principal. Elle sort des qualifications. Sept victoires de rang à New York, trois en qualifs, quatre dans le tableau. Elle revient de loin, aussi.

Championne olympique en titre et ancienne numéro 4 mondiale, elle avait dégringolé hors du top 100 plus tôt dans l’année, le temps de se remettre d’une opération au coude subie en juillet 2025. Sa saison semblait partie pour être celle de la reconstruction discrète. Elle est en train de devenir celle de la résurrection en mondovision.

Avec ce parcours, la voilà déjà aux portes du top 50 à nouveau. Mais surtout, elle joue avec une liberté qu’on ne voit souvent que chez les joueuses sans pression.

« Plus je joue de matches, plus j’ai de rythme sur le court », a-t-elle expliqué. Elle l’assure : pas de fatigue, au contraire, une énergie qui grimpe match après match. Sur le plus grand court du monde, elle dit s’amuser. Et ça se voit.

Swiatek craque au moment clé

Le deuxième set démarre sur un fil. Les deux joueuses tiennent leur mise en jeu, sans véritable brèche. Swiatek tente de repartir de l’avant, de s’accrocher à son expérience. Elle mène 2-1, se fait soigner la cuisse gauche, puis reprend sa marche. Mais la confiance n’est plus la même.

Le tournant arrive au septième jeu. Sur une seconde balle polonaise, Zheng se jette sur un revers de retour, plein centre, surpuissant. La balle fuse, intouchable. Break. Coup de tonnerre.

Swiatek vacille. Deux jeux plus tard, la Chinoise frappe encore. Nouveau break, et cette fois, c’est la ligne d’arrivée. 6-3. Match plié, sans avoir laissé la moindre ouverture à la Polonaise dans le money time.

Pour Swiatek, cette sortie en huitièmes a un goût amer. Sa saison en Grand Chelem s’arrête là, sans titre majeur pour la première fois depuis 2021. Quart de finale à l’Open d’Australie, huitième à Roland-Garros, troisième tour à Wimbledon, et maintenant huitième à New York. Trop peu pour une joueuse qui arrivait pourtant au US Open en pleine confiance, forte d’un titre au WTA 1000 de Toronto et d’une demi-finale à Cincinnati, sans un set perdu jusqu’à ce match.

Zheng, fil rouge d’une année des qualifiées

Le parcours de Zheng s’inscrit dans une tendance forte de ces dernières années : les qualifiées qui bousculent l’ordre établi. La dernière à avoir atteint ce stade à New York, c’était Emma Raducanu en 2021. Elle avait fini par soulever le trophée.

En 2026, ce sont les outsiders qui bousculent les têtes d’affiche. À Roland-Garros, la Polonaise Maja Chwalinska, arrivée en tant que 114e mondiale, avait grimpé jusqu’en finale avant de tomber sur Mirra Andreeva, aujourd’hui lauréate du French Open et elle aussi présente en quarts à New York après avoir renversé Anastasia Potapova.

Zheng, elle, a déjà trouvé la clé contre Swiatek par le passé : sa seule victoire en huit confrontations avant ce choc remontait aux demi-finales des Jeux olympiques de Paris 2024, sur la route de l’or. Ce soir, elle a confirmé que ce succès n’était pas un accident.

La suite ? Elle la connaîtra après le duel entre Osaka et Rybakina. Deux anciennes championnes majeures, deux styles radicalement différents. Peu importe le nom qui sortira du tableau, une chose est claire : avec son bras retrouvé, sa confiance gonflée par des remontées insensées et un stade qui commence à l’adopter, Zheng Qinwen ne viendra pas en simple figurante pour son premier quart de finale à New York.