Watford mise sur Antonio : un revenant pour redynamiser l'attaque
Watford a officialisé l’arrivée d’Antonio, 36 ans, libre de tout contrat. Un nom, un vécu, et une histoire déjà lourde avant même son premier ballon à Vicarage Road.
L’attaquant sort d’une parenthèse discrète au Qatar, du côté de Al Sailiya, où il n’a disputé que quatre rencontres. Une expérience sans éclat, mais qui n’a pas éteint son envie. Il cherchait un nouveau défi, il en trouve un dans le Championship, sous les ordres d’Alessio Dionisi.
Dans les couloirs du club, le discours est clair. Antonio débarque avec l’enthousiasme d’un débutant et la mémoire d’un buteur chevronné. « C’est un bon groupe de garçons ici, ils sont concentrés et prêts à montrer leurs qualités cette saison », a-t-il confié aux médias officiels du club après la signature. Il sait où il met les pieds : « Watford est un grand club et j’espère pouvoir apporter du succès et aider où je peux. J’ai marqué quelques buts contre Watford ! Alors j’espère en marquer maintenant pour Watford quand je serai à 100 %. »
Derrière le sourire, il y a un CV qui impose le respect. Une décennie à West Ham United, une trace profonde laissée au London Stadium, et des chiffres qui parlent : 83 buts, 43 passes décisives, 323 apparitions. Antonio s’est fait une place dans la mémoire récente des Hammers, à coups de courses puissantes, de buts décisifs et d’une polyvalence rare sur le front de l’attaque.
Mais la fin de son histoire à Londres a pris une tournure dramatique, loin des projecteurs et des pelouses. En décembre 2024, tout a basculé. Un accident de voiture, seul au volant, sa voiture qui percute un arbre dans Epping Forest. Le choc est violent, la suite lourde : trois semaines d’hospitalisation à Londres, une fracture à un membre inférieur, une opération, et cette angoisse sourde qui accompagne toujours les grandes blessures.
Antonio n’a jamais cherché à enjoliver ce moment. Au contraire, il en a parlé sans filtre, en mars 2025, lorsqu’il a accepté de revenir sur ce crash qui a failli tout arrêter. « Je ne voulais pas être vu », a-t-il expliqué. « J’ai failli mourir et ça m’a embarrassé que ce soit à ce point-là. Je suis allé voir la voiture il y a trois semaines et ça m’a donné une sensation bizarre dans l’estomac. C’était difficile à voir. » Des mots lourds, qui disent la peur, la honte, et la difficulté de se confronter à ce qui aurait pu être la fin.
Le voir signer à Watford, c’est donc bien plus qu’un simple mouvement de mercato. C’est le prolongement d’un combat. Celui d’un joueur qui a dû reconstruire son corps, mais aussi sa tête, pour revenir au haut niveau. Les dirigeants des Hornets, eux, y voient un coup intelligent : un profil expérimenté, libre, capable d’apporter beaucoup si son corps répond. Un recrutement à faible risque, au potentiel énorme.
Sportivement, le timing est intéressant. Watford pointe à la 12e place du Championship, huit points pris en six journées. Une base correcte, mais encore loin des ambitions d’un club qui regarde toujours vers le haut. Antonio arrive pour densifier l’attaque, offrir une présence, une référence, et cette capacité à faire basculer des matches que peu de joueurs de cet âge conservent encore.
Les supporters, forcément, trépignent déjà. Ils veulent le voir, le jauger, l’adopter. Ils devront pourtant patienter avant l’un des rendez-vous les plus attendus de cette histoire : ses retrouvailles avec West Ham. Les deux clubs se sont déjà croisés cette saison, avec un nul 1-1 le 29 août. Le calendrier est cruel : Antonio devra attendre le match retour, en avril, pour espérer défier son ancien club.
D’ici là, une autre bataille l’attend. Celle de retrouver le rythme, de prouver qu’à 36 ans, après un accident qui aurait pu tout briser, il peut encore peser sur un championnat aussi exigeant que le Championship. Watford lui offre une scène. À lui de montrer que ce chapitre-là n’a rien d’un épilogue, mais tout d’un nouveau départ.




