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Van de Zandschulp : un retour spectaculaire à l’US Open

À Flushing Meadows, la nuit a basculé dans l’irréel. Botic van de Zandschulp était à un point de la sortie, mené deux manches à rien par Arthur Gea, au bord d’une défaite sèche. Cinq heures et treize minutes plus tard, le Néerlandais quittait le court comme quart de finaliste de l’US Open, auteur de l’un des plus grands retournements de situation de l’histoire du tournoi.

Score final : 3-6, 6-7(0), 7-6(7), 7-6(3), 6-4.

Quatrième match le plus long jamais disputé à New York. Et une soirée qui restera longtemps dans les mémoires.

Un lucky loser à un point de l’histoire

Arthur Gea n’était même pas censé être là. Repêché comme lucky loser après le forfait de Casper Ruud, finaliste en 2022, le Français s’est retrouvé à un souffle d’écrire une page de l’histoire : devenir le premier lucky loser à atteindre les quarts de finale d’un Grand Chelem en simple messieurs.

Pendant plus de deux sets, il a joué comme s’il n’avait rien à perdre. Premier acte maîtrisé, 6-3. Deuxième manche arrachée au jeu décisif, 7-6, sans concéder le moindre point dans le tie-break (7-0). Van de Zandschulp semblait étouffé, pris de vitesse, incapable de dicter l’échange.

Puis est venu ce troisième set. Nouveau tie-break. Nouvelle occasion pour Gea de boucler l’affaire. Il obtient une balle de match. Le stade retient son souffle. Van de Zandschulp, lui, refuse de lâcher. Il sauve ce point vital, renverse le jeu décisif (9-7) et rallume une étincelle que l’on croyait éteinte.

La dynamique change là. Brutalement.

Le Néerlandais se relève et ne lâche plus

À partir de ce moment, chaque échange devient une lutte de nerfs. Van de Zandschulp, 30 ans, déjà tombeur d’Alex de Minaur au deuxième tour, s’accroche à chaque point comme si c’était le dernier. Gea, lui, voit la ligne d’arrivée s’éloigner.

Quatrième set, encore un tie-break. Cette fois, le Néerlandais impose sa loi : 7-3. Les jambes brûlent, les visages se ferment, le temps s’étire. Le Français a laissé passer sa chance, le Néerlandais le sait et appuie là où ça fait mal.

Dans la cinquième manche, la pression finit par fissurer Gea. Van de Zandschulp prend le contrôle du tableau de bord, s’empare du break décisif et verrouille la rencontre 6-4. Cinq sets, 5 h 13 sur le court, un match qui rejoint la légende statistique du tournoi et offre au Néerlandais un deuxième quart de finale à l’US Open, après celui de 2021.

Il l’a dit lui-même : cette qualification a un goût encore plus fort que la première. Et on comprend pourquoi.

Blockx écrit l’histoire pour la Belgique

Sur un autre court, une autre page s’est tournée. Alexander Blockx, tête de série n°28, a signé une victoire pleine de maîtrise face à Francisco Cerundolo, n°24, 6-3, 4-6, 7-5, 7-5. Avec ce succès, il devient le premier joueur belge à atteindre les quarts de finale de l’US Open en simple messieurs.

Le match n’a pas eu la dramaturgie du marathon de van de Zandschulp, mais il a raconté autre chose : la montée en puissance d’un joueur qui s’installe, point par point, dans le paysage du très haut niveau. Deux manches serrées pour conclure, deux fois 7-5, sans trembler au moment de conclure. C’est souvent là que se reconnaissent ceux qui sont prêts à changer de dimension.

Son prochain obstacle a déjà un solide CV : Karen Khachanov.

Khachanov aussi au bout de la nuit

Le Russe a lui aussi dû s’employer pour décrocher son billet. Opposé à l’Américain Learner Tien, tête de série n°14, Khachanov a dû passer par cinq sets : 7-5, 4-6, 6-7(6), 6-1, 6-4.

Le tournant ? Ce quatrième set à sens unique, 6-1, qui a relancé Khachanov après la perte d’un tie-break accroché dans la troisième manche. Une fois relancé, le Russe a imposé sa puissance et son expérience pour verrouiller la cinquième manche et rejoindre Blockx en quart.

Là encore, un combat long, éprouvant, qui laisse des traces mais installe un décor : la deuxième semaine de l’US Open se jouera pour beaucoup sur la capacité à récupérer aussi vite qu’à frapper.

Zverev ferme la nuit

Pendant que ces marathons se terminaient, le programme restait chargé. Le n°1 mondial Alexander Zverev devait conclure la journée face à l’Italien Luciano Darderi, tête de série n°21. Une affiche de fin de soirée, comme New York les aime, avec un favori sous pression et un outsider prêt à saisir la moindre ouverture.

Dans un tournoi où un lucky loser a failli faire basculer l’histoire et où un Néerlandais a survécu à une balle de match pour signer l’un des plus grands retours du tournoi, une question s’impose déjà : qui aura encore l’énergie, physique et mentale, pour tenir jusqu’au bout de cette quinzaine new-yorkaise ?