US Open : Zheng Qinwen renverse Iga Swiatek et atteint les quarts
Sur Arthur Ashe Stadium, le scénario avait déjà quelque chose de familier. Menée 5-0. Dos au mur. Et pourtant, Zheng Qinwen a encore trouvé le moyen de retourner l’impossible. Après Madison Keys au tour précédent, c’est cette fois Iga Swiatek, ancienne reine de Flushing Meadows, qui a subi la tempête venue de Chine. Score final : 7-5, 6-3. Direction les quarts de finale.
De 5-0 à la domination totale
La veille encore, on se disait que remonter un 0-5 dans un set décisif relevait du petit miracle. Zheng l’avait fait contre Madison Keys, en enchaînant sept jeux consécutifs pour s’offrir son billet pour les huitièmes.
Elle a recommencé. Mais plus fort, plus froid, plus clinique.
Face à la tête de série numéro 8, Zheng se retrouve rapidement étouffée, menée 5-0 dans le premier set. Swiatek contrôle les échanges, dicte le jeu, impose son tempo. Le match semble plié avant même d’avoir commencé.
Puis la bascule.
Zheng se libère, durcit ses frappes, recule la Polonaise trois mètres derrière sa ligne. Les fautes changent de camp. Elle grignote un jeu, puis deux, puis trois. Le doute s’installe chez Swiatek, la confiance revient chez Zheng. Elle finit par emporter le set 7-5, après avoir aligné sept des huit derniers jeux. Le coup de massue est psychologique autant que tennistique.
La dynamique ne la quittera plus : sur l’ensemble de la rencontre, Zheng remporte 13 des 16 derniers jeux. Une prise de pouvoir nette, assumée, presque brutale.
Une qualifiée qui joue comme une patronne
Ce succès, son septième d’affilée à New York après trois tours de qualifications, propulse la Chinoise de 23 ans en quarts de finale et la ramène aux portes du top 50. Un retour express au premier plan pour la championne olympique en titre, ancienne numéro 4 mondiale, qui avait glissé hors du top 100 plus tôt dans l’année après une opération au coude en juillet 2025.
Longtemps en quête de sensations, Zheng a retrouvé ce qu’elle cherchait : du rythme, de la confiance, une continuité dans l’effort. Elle l’a d’ailleurs résumé simplement : plus elle joue, plus son tennis se met en place. Et sur ce US Open, cela se voit à chaque match.
Face à Swiatek, la deuxième manche se joue d’abord dans un couloir très étroit : chacune tient son service, les échanges se tendent, les regards se durcissent. Puis vient le septième jeu. Zheng claque un retour de revers surpuissant, gagnant, pour réaliser le break le plus important du match. Deux jeux plus tard, elle enfonce le clou, s’offre un nouveau break et boucle l’affaire 6-3.
Solide au service, agressive en retour, elle a imposé son tennis sans trembler au moment de conclure. Une marque des grandes, surtout après un début de match catastrophique.
Le spectre de Paris et la chute de Swiatek
Ce n’était que sa deuxième victoire en neuf confrontations face à Swiatek. La première, déjà, avait eu un parfum de coup d’éclat : en demi-finale des Jeux olympiques de 2024, sur la route de l’or à Paris. Cette fois, c’est un tournoi du Grand Chelem, sur le plus grand court du monde, et la symbolique est tout aussi forte.
Pour Swiatek, la défaite pique davantage encore parce qu’elle referme une saison de majeurs sans titre. Une première depuis 2021. Quart de finaliste à l’Open d’Australie, sortie en huitièmes à Roland-Garros, éliminée au troisième tour à Wimbledon, la Polonaise quitte New York sur un quatrième tour frustrant.
Elle était pourtant arrivée lancée à pleine vitesse, forte d’un titre en WTA 1000 à Toronto et d’une demi-finale à Cincinnati. Elle avait atteint ce quatrième tour sans perdre un set. Mais sur Arthur Ashe, la mécanique s’est grippée, jusqu’à ce temps mort médical au début du deuxième set pour une gêne à la cuisse gauche, alors qu’elle menait 2-1. Elle a repris, mais sans jamais retrouver la mainmise du début de match.
La saison de Grand Chelem se termine pour elle sans couronne. Une anomalie à laquelle elle devra répondre en 2027.
Une qualifiée dans les pas de Raducanu
Avec ce parcours, Zheng s’inscrit dans une lignée très restreinte. La dernière qualifiée à atteindre ce stade du tableau féminin à New York se nommait Emma Raducanu, en 2021. On connaît la suite : elle était allée au bout.
Zheng n’en est pas encore là, mais elle a déjà rejoint les histoires qui comptent dans ce tournoi. Et 2026 a décidément un parfum de renaissance pour les qualifiées : à Roland-Garros, la Polonaise Maja Chwalinska, partie du 114e rang mondial, s’était hissée jusqu’en finale avant de s’incliner face à la jeune Mirra Andreeva.
Andreeva, justement, poursuit aussi sa trajectoire fulgurante à New York. Lauréate de Roland-Garros, elle a renversé Anastasia Potapova après avoir perdu le premier set, pour atteindre pour la première fois de sa carrière les quarts de finale à l’US Open. Une autre jeune joueuse qui bouscule l’ordre établi.
Osaka ou Rybakina en ligne de mire
La suite pour Zheng ? Un quart de finale contre Naomi Osaka ou Elena Rybakina. Un duel de styles, quel que soit le verdict. Soit l’ancienne championne du tournoi, de retour à haut niveau, soit la deuxième tête de série, l’une des frappeuses les plus redoutées du circuit.
Elle connaîtra le nom de son adversaire dans la soirée. Mais au vu de ce qu’elle vient d’infliger à Swiatek, une chose est claire : plus personne ne la regardera comme une simple qualifiée. À New York, Zheng Qinwen joue désormais comme une candidate crédible au titre.




