US Open 2026 : Tiafoe et Shelton en demi-finale historique
À Flushing Meadows, le tennis américain tient son rendez-vous avec l’histoire. Deux hommes, deux parcours exténuants, une seule certitude : un Américain sera en finale de l’US Open dimanche. Et pas n’importe lequel.
Ben Shelton et Frances Tiafoe ont arraché, dans la nuit de mardi à mercredi, leur billet pour une demi-finale 100 % américaine au USTA Billie Jean King National Tennis Center. Deux combats en cinq sets, deux marathons, et une promesse : le vainqueur de vendredi deviendra le premier joueur américain noir à disputer une finale de l’US Open depuis Arthur Ashe en 1972, et le premier à atteindre une finale de Grand Chelem depuis 1996, selon ESPN.
Tiafoe, retour d’outre-tombe
Frances Tiafoe a d’abord frôlé l’élimination. Mené deux manches à rien par son compatriote Alex Michelsen, il a passé près de cinq heures à refuser l’inévitable. Score final : 5-7, 3-6, 7-5, 6-3, 7-6 (10-6). Une remontée à l’ancienne, construite point par point, service après service, dans un bras de fer mental autant que physique.
Michelsen avait le match en main. Tiafoe, lui, a serré le jeu au moment où la marge d’erreur disparaissait. Il a arraché le troisième set, renversé la dynamique dans le quatrième, puis tenu ses nerfs dans un super tie-break décisif. À l’arrivée, un score qui raconte la souffrance, mais surtout une qualification qui relance un pays en quête d’un champion masculin depuis trop longtemps.
Shelton fait tomber le tenant du titre… à 3 h 30 du matin
Juste derrière, la nuit new-yorkaise a basculé dans une autre dimension. Ben Shelton, tête de série n°8, a fait chuter le tenant du titre Carlos Alcaraz au bout d’un thriller : 6-7(5), 6-1, 6-3, 1-6, 7-6(10-7). Le match s’est terminé à 3 h 30 du matin, l’heure la plus tardive de l’histoire de l’US Open. Une scène irréelle, un stade encore debout alors que la ville s’endort.
Shelton a encaissé la perte du premier set au tie-break, puis a répliqué avec une violence tennistique froide : 6-1, 6-3. Alcaraz a répondu en champion avec un quatrième set expédié 6-1. Tout s’est joué dans un super tie-break final, où Shelton a pris l’ascendant, frappant plus fort, plus juste, jusqu’au dernier point. Le tenant du titre est tombé, et avec lui une partie du vieux complexe américain face aux stars européennes.
Vendredi, Shelton retrouvera Tiafoe pour une demi-finale qui dépasse largement le cadre sportif. L’un ou l’autre deviendra le visage d’une nouvelle ère pour le tennis masculin américain, encore orphelin d’un vainqueur de Grand Chelem depuis Andy Roddick en 2003. Le dernier Américain à avoir disputé la finale de l’US Open reste Taylor Fritz, en 2024. La disette est longue. Le décor est planté.
Les Américaines restent en course
Sur le tableau féminin, les États-Unis avancent aussi en force. Deux joueuses sont encore en lice, avec une championne en titre qui plane sur le souvenir récent.
Coco Gauff doit affronter la Russe Mirra Andreeva mercredi en quart de finale. La jeune Américaine, sacrée en 2023, reste la dernière à avoir soulevé le trophée en simple chez les femmes. Chaque match qu’elle joue à New York porte désormais le poids de ce statut de référence.
Jessica Pegula, elle, a déjà validé son ticket pour le dernier carré. Elle a dominé son compatriote Emma Navarro en trois manches lors de leur quart de finale mardi soir, s’ouvrant la porte d’une demi-finale de très haut vol. En face, se dressera la n°1 mondiale et tenante du titre, Aryna Sabalenka, jeudi. Un duel brutal en perspective, où la puissance de l’une répondra à la constance de l’autre.
New York attend ses champions
Le programme est clair. La finale dames se jouera samedi 12 septembre, la finale messieurs dimanche 13 septembre. Deux jours, deux titres, et peut-être un tournant majeur pour le tennis américain, des deux côtés du tableau.
Le reste appartient aux joueurs. À Shelton et Tiafoe, qui portent sur leurs épaules une page de l’histoire d’Arthur Ashe à réécrire. À Gauff et Pegula, qui peuvent installer durablement la bannière américaine au sommet du circuit féminin.
New York a déjà l’affiche. Reste à savoir qui écrira son nom en lettres capitales sur ce US Open 2026.




