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US Open 2026 : Sabalenka en quête d’histoire et Djokovic face aux défis

À New York, Aryna Sabalenka arrive avec un poids rare sur les épaules : celui de l’histoire. Deux fois tenante du titre, la Biélorusse vise un triplé au US Open que seule Serena Williams a réussi au XXIe siècle, entre 2012 et 2014. Mais la quête ne se limite pas à une ligne de plus au palmarès. Son trône de n°1 mondiale vacille.

Derrière, la meute s’organise : Elena Rybakina, n°2, frappe à la porte, Jessica Pegula et Coco Gauff ne sont pas loin. Sur le tableau masculin, le décor est tout autre : Jannik Sinner est forfait, Carlos Alcaraz revient après près de quatre mois sans simple. L’occasion rêvée pour un outsider. Ou pour Novak Djokovic, lancé vers un 25e titre du Grand Chelem, de se frayer un dernier passage dans un véritable champ de mines.

Sabalenka sous pression, Rybakina en embuscade

Sabalenka connaît déjà ce scénario. Elle avait déjà tenté un triplé à l’Open d’Australie en 2025, stoppée net par Elena Rybakina. À Flushing Meadows, la marge d’erreur est encore plus mince. Aucun titre du Grand Chelem cette saison, une dynamique moins tranchante, et une série de près de 100 semaines au sommet du classement WTA menacée.

Son tableau ne lui offre aucun répit : Barbora Krejcikova pourrait se dresser sur sa route dès le troisième tour, Diana Shnaider au quatrième, puis Linda Noskova, sacrée à Wimbledon 2026, en quart de finale. Pour conserver sa couronne, Sabalenka devra tenir son rang face à des joueuses qui n’ont, elles, rien à perdre.

À l’inverse, Rybakina peut tout gagner. La Kazakhe peut devenir n°1 mondiale pour la première fois de sa carrière en atteignant les demi-finales. Le chemin semble, sur le papier, idéal pour tester sa cheville douloureuse, touchée à Cincinnati. Elle commence contre Thea Frodin, puis pourrait enchaîner avec Darja Vidmanova. Deux tours pour juger si son tendon d’Achille tiendra.

Ensuite, la température grimpe : possible troisième tour contre Maria Sakkari, puis un huitième de finale potentiellement explosif face à Naomi Osaka, double lauréate du tournoi. En quart, Rybakina pourrait retrouver Iga Swiatek, qui l’a dominée en finale du Canadian Open plus tôt ce mois-ci. Elle n’a jamais dépassé les huitièmes à New York. Le moment ou jamais de briser ce plafond.

Les Américains rêvent de briser la malédiction

Chez les hommes, l’histoire se répète depuis 2003. Depuis Andy Roddick, aucun Américain n’a soulevé le trophée à Flushing Meadows. Vingt-trois ans de disette. Cette année, pourtant, le contexte n’a jamais semblé aussi favorable.

Sinner absent, Alcaraz en reprise après une longue coupure, et un groupe de joueurs américains plus dense que jamais dans le top 25 : Ben Shelton (n°9), Taylor Fritz (n°10), Frances Tiafoe (n°12), Learner Tien (n°15), Brandon Nakashima (n°17) et Tommy Paul (n°21). L’été sur dur les a mis en confiance : Fritz a triomphé à Washington, Shelton à Montréal, Nakashima et Tiafoe ont atteint des finales, à Montréal et Cincinnati.

La question flotte sur Flushing Meadows : un Américain peut-il enfin faire sauter le verrou à domicile ?

Jessica Pegula, voie dégagée vers un premier sacre ?

Jessica Pegula ne se cache pas. Elle l’a confié à USA TODAY Sports : son objectif est simple, « gagner le tournoi ». Son tableau lui donne des raisons d’y croire.

Elle débute face à Elena-Gabriela Ruse, puis affrontera la gagnante du duel 100 % américain entre Venus Williams et Sofia Kenin. Au troisième tour, un possible choc avec Leylah Fernandez (tête de série n°31), finaliste de l’édition 2021. Ensuite, Sorana Cirstea (n°16) pourrait l’attendre, une joueuse contre laquelle Pegula mène 3-1 dans les confrontations.

Les choses se corsent en quarts, avec Karolina Muchova (n°7) ou Elina Svitolina (n°9) comme adversaires probables. Puis, en demi-finale, l’ombre d’Aryna Sabalenka. L’Américaine a perdu sa première finale majeure face à la Biélorusse au US Open 2024, en deux sets secs, et s’était déjà inclinée contre elle en demi-finales l’an passé. Si Pegula veut changer de statut, il lui faudra exorciser ce blocage.

Premiers tours : du lourd dès le départ

Le tirage a offert quelques affiches de choix dès le premier tour. Sur le tableau masculin, Arthur Fils, tête de série n°10, affronte Stefanos Tsitsipas. Fils arrive lancé, fort de son premier titre en Masters 1000 à Cincinnati, décroché en trois sets face à Frances Tiafoe. Tsitsipas, lui, n’a pas dépassé le deuxième tour en Grand Chelem cette saison, mais reste un joueur de grands rendez-vous, double finaliste majeur (Roland-Garros 2021, Australian Open 2023).

Chez les femmes, un duel attire particulièrement l’œil : Maja Chwalińska, tête de série n°20 et finaliste de Roland-Garros 2026, face à l’Américaine Taylor Townsend. Townsend aime New York, où elle a déjà atteint deux fois les huitièmes de finale, dont l’an dernier. Le genre de match qui peut embraser un court annexe dès les premiers jours.

Djokovic face au « tableau de la mort »

Novak Djokovic poursuit une chasse unique : un 25e titre du Grand Chelem, record absolu hommes et femmes confondus. Mais le tirage lui a réservé un parcours d’endurci.

Il commence par une première confrontation avec Mariano Navone. Ensuite, le niveau monte d’un cran : Matteo Berrettini, finaliste de Wimbledon 2021, ou Stan Wawrinka, triple vainqueur majeur, pourraient l’attendre au deuxième tour. Au troisième, Tomas Etcheverry (n°27) est une option crédible, avant un huitième de finale contre Brandon Nakashima (n°16) ou Andrey Rublev (n°23).

En quarts, Daniil Medvedev (n°7) se profile, puis un potentiel choc en demi-finale contre Carlos Alcaraz (n°2), Ben Shelton (n°8) ou Arthur Fils (n°10). Et si le Serbe de 39 ans parvient jusqu’en finale, Alexander Zverev, n°1 mondial, pourrait se dresser entre lui et l’éternité statistique. Un chemin à couper le souffle.

Coco Gauff, favorite… mais piégée par le tirage

Difficile de classer Coco Gauff parmi les « perdantes » du tirage alors qu’elle vient de remporter le Cincinnati Open 2026. Pourtant, son tableau ressemble à un parcours d’obstacles.

Dès le deuxième tour, elle pourrait affronter Paula Badosa ou Daria Kasatkina. Aucune des deux n’est tête de série, mais les deux ont déjà figuré dans le top 10 mondial. Badosa, surtout, reste un avertissement vivant : elle a battu Gauff sur gazon à Berlin en juin.

Au troisième tour, Gauff pourrait retrouver Sara Bejlek (n°28), dans un remake de leur demi-finale de Cincinnati, remportée 6-4, 6-1 par l’Américaine avant son sacre contre Pegula. En huitièmes, Iva Jovic (n°14) ou Alexandra Eala (n°17) pourraient se dresser devant elle.

Si Gauff atteint pour la troisième fois les quarts de finale à New York, le niveau grimpera encore. Mirra Andreeva (n°5), championne de Roland-Garros 2026, est une adversaire possible. Gauff mène 5-0 dans leurs confrontations, dont une victoire sur dur au deuxième tour du US Open 2023 (6-3, 6-2). Mais Andreeva a depuis conquis un titre majeur sur terre battue.

Autre menace : Amanda Anisimova, tête de série n°10 et finaliste à Flushing Meadows l’an passé. L’Américaine mène 2-1 dans leurs duels. En demi-finale, Gauff pourrait croiser Elena Rybakina (n°2) ou Iga Swiatek (n°8). La Kazakhe est tenante du titre à l’Open d’Australie et ex-championne de Wimbledon 2022, la Polonaise compte déjà six titres du Grand Chelem, dont le US Open 2022, et a régné 125 semaines au sommet du classement.

Frances Tiafoe, entre douleur et espoir

Frances Tiafoe arrive à New York avec un corps marqué. Opéré début août pour retirer un kyste à la main droite, il a ignoré l’avis des médecins pour jouer Cincinnati. « Ils ne voulaient pas vraiment que je joue… mais évidemment, chaque athlète est têtu », a-t-il confié après sa victoire en demi-finale.

Il a fini par atteindre la finale, perdue 6-3, 1-6, 6-0 face à Arthur Fils, après un temps mort médical. Il a ensuite renoncé au double mixte du US Open, laissant planer le doute sur son état physique avant le tournoi.

Le tirage lui offre un peu de répit au départ : Martin Damm Jr. au premier tour, puis Aleksandar Vukic au deuxième, deux adversaires contre lesquels il mène dans les confrontations directes. Mais la pente se redresse brutalement : Daniil Medvedev (n°7) pourrait se présenter en huitièmes, Novak Djokovic (n°4) en quarts, Carlos Alcaraz (n°2) en demi-finale.

Tiafoe a pourtant signé ses plus grands coups à New York, avec deux demi-finales en 2022 et 2024. Reste à savoir si sa main tiendra le choc.

Venus Williams, 26e danse à Flushing Meadows

Serena Williams a déjà enflammé le tournoi en atteignant les quarts du double mixte aux côtés de Carlos Alcaraz. À présent, les projecteurs se tournent vers Venus Williams.

À 46 ans, l’aînée des sœurs Williams s’apprête à disputer son 26e US Open, grâce à une invitation dans le tableau principal. Le cadeau du tirage ? Une championne du Grand Chelem dès le premier tour : Sofia Kenin, lauréate de l’Open d’Australie 2020 sur dur.

Les signaux récents ne rassurent pas. Venus a joué le simple à New York l’an dernier, puis à l’Open d’Australie cette saison, avec deux éliminations d’entrée. Cette fois encore, le tableau ne lui fait aucun cadeau.

À l’aube de cette édition, l’histoire frappe à toutes les portes : Sabalenka peut rejoindre Serena dans la légende, Djokovic peut réécrire les livres de records, les Américains peuvent enfin briser une malédiction vieille de plus de deux décennies. Reste une question, suspendue au-dessus de Flushing Meadows : qui osera vraiment la saisir ?