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US Open 2024 : Alcaraz, Djokovic et les enjeux majeurs

Carlos Alcaraz ne va pas avoir le temps de se cacher. Pour lancer la défense de son titre à l’US Open, le champion en titre tombe d’entrée sur le Russe Roman Safiullin, premier vrai test pour un poignet droit qui n’a plus connu la pression d’un simple officiel depuis plus de quatre mois.

Le décor est brutal. Depuis son sacre à New York l’an passé, l’Espagnol de 23 ans a disparu des grands tableaux, rattrapé par une inflammation tenace au poignet, suffisamment sérieuse pour le priver de Roland-Garros et de Wimbledon, mais pas au point d’exiger une opération. Il a seulement refait surface cette semaine, en double mixte aux côtés de Serena Williams, comme un échauffement sous les projecteurs avant le grand saut en simple.

Le retour à la réalité sera immédiat. Safiullin n’a rien d’un tour de chauffe. Et le court Arthur Ashe ne pardonne pas la moindre approximation physique.

Zverev en patron des têtes de série

Malgré cette longue parenthèse, Alcaraz arrive tout de même à Flushing Meadows avec le statut de tête de série numéro 2. Devant lui, un nouveau patron de tableau : Alexander Zverev. Sacré à Roland-Garros en juin, enfin libéré de son étiquette de « presque » dans les tournois majeurs, l’Allemand ouvre son tournoi face à l’Italien Lorenzo Sonego.

Zverev hérite du rôle de favori du tableau masculin après le forfait de Jannik Sinner, contraint de renoncer à cause d’une blessure au genou. Un changement de hiérarchie qui laisse un tableau ouvert, mais aussi une pression nouvelle sur les épaules de l’Allemand, en quête d’un deuxième titre du Grand Chelem.

Djokovic, la chasse au 25e

Sur l’autre moitié du tableau, Novak Djokovic repart en croisade. Le Serbe, 39 ans, vise un 25e titre du Grand Chelem en simple, qui le placerait seul au sommet de l’histoire. Son premier obstacle se nomme Mariano Navone, Argentin solide mais qui entre dans une arène qu’il ne connaît pas encore à ce niveau d’attente.

Et la route se durcit aussitôt. S’il passe ce premier tour, Djokovic pourrait affronter soit Matteo Berrettini, battu par le Serbe en finale de Wimbledon 2021, soit Stan Wawrinka. Un choc potentiel chargé d’émotion : le Suisse, triple vainqueur en Grand Chelem, dispute là le dernier majeur de sa carrière, grâce à une invitation de dernière minute. Une dernière danse, possiblement face à son grand rival, sous les lumières new-yorkaises.

Sabalenka sous la menace Rybakina

Chez les femmes, Aryna Sabalenka remet son titre en jeu. La Biélorusse débute face à la Colombienne Camila Osorio, avec un poids de plus sur les épaules : celui de numéro 1 mondiale. Elle domine le classement WTA depuis 97 semaines, une longévité rare, mais sa place est directement menacée.

La pression vient d’Elena Rybakina, championne de l’Open d’Australie en titre, qui entre en lice contre l’Américaine Thea Frodin, invitée adolescente. Une joueuse en pleine ascension, une autre en quête de confirmation : la lutte pour le sommet du circuit féminin se joue aussi à New York, point par point.

Venus Williams, le temps qui grince

Sur la ligne de temps, une autre histoire attire les regards. Venus Williams, 46 ans, deux fois titrée à l’US Open, revient encore une fois à domicile. Son bilan 2024 est brutal : dix matches, dix défaites. Mais les organisateurs lui ont offert une wildcard, et avec elle une nouvelle chance de faire vibrer le public.

Face à elle, au premier tour, Sofia Kenin, lauréate de l’Open d’Australie 2020. Un duel entre une légende en résistance et une ancienne championne en quête de renaissance. Le genre de rencontre où le classement compte moins que le poids du passé.

Arthur Fery, la curiosité venue de Wimbledon

Dans l’ombre des géants, un nom intrigue : Arthur Fery. Le Britannique de 24 ans a bouleversé sa trajectoire en juillet, avec une épopée jusqu’en demi-finale à Wimbledon qui l’a propulsé pour la première fois dans le top 40 mondial et lui a ouvert les portes de l’US Open.

Il a manqué une place de tête de série de peu. La sanction est immédiate : un premier tour face à Lorenzo Musetti, 13e tête de série et quart de finaliste ici en 2025. Tirage piégeux, mais révélateur. Le monde du tennis veut savoir si la surprise du All England Club peut s’installer durablement dans le paysage.

Fery arrive à New York en leader d’une délégation britannique décimée. Jack Draper, demi-finaliste en 2024, a dû renoncer la semaine dernière, toujours gêné par une blessure au bras. Emma Raducanu, sacrée ici en 2021, reste éloignée des courts, victime d’une fracture du tibia qui l’a déjà privée de Wimbledon.

Norrie sous pression, Choinski en renfort

Dans ce contexte, Cameron Norrie porte malgré lui le costume de référence côté britannique. Numéro un de son pays, il a réussi à se glisser dans les têtes de série, à la 29e place. Son entrée en lice se fera face au Français Luca van Assche, un adversaire accrocheur qui n’a rien à perdre.

Derrière lui, la marge est mince. Jan Choinski est, pour l’instant, le seul autre Britannique présent dans le tableau masculin. À 30 ans, il vient tout juste de s’ouvrir les portes du top 100, une progression tardive mais méritée qui lui offre enfin une place sur la grande scène new-yorkaise.

Le casting est posé, les trajectoires se croisent : un tenant du titre en convalescence, un favori fraîchement couronné, un monument en quête de record, une numéro 1 menacée, une légende face au temps, et quelques nouveaux visages prêts à bousculer l’ordre établi. Reste une question, simple et implacable : qui sortira vivant de la fournaise de Flushing Meadows cette année ?