Tyson Fury face à l'impasse : Usyk refuse, Joshua s'éloigne
Tyson Fury, l’impasse totale : Usyk lui tourne le dos, Joshua s’éloigne
Le noble art ne tient jamais en place. Un contrat se déchire, un promoteur change d’avis, un lieu se dérobe, et tout un plan de carrière s’effondre. Tyson Fury vient de le vérifier une nouvelle fois.
Son superfight rêvé contre Anthony Joshua a implosé, englouti par des querelles de stade et de continent. Et dans la foulée, le “Gypsy King” a tenté une manœuvre de secours : relancer Oleksandr Usyk pour un troisième combat. Un pari risqué. Et, pour l’instant, perdu.
Usyk, la “dernière danse”… mais pas avec Fury
Oleksandr Usyk, ancien champion incontesté des lourds et figure générationnelle, regarde déjà la sortie. Il ne lui reste plus qu’un combat en tête. Un seul. Celui qui bouclera son histoire comme il l’entend, sa “dernière danse”.
Ce dernier chapitre, il veut le choisir. Le façonner. Pas le prendre à la va-vite, à deux mois d’échéance, pour dépanner un rival en mal de date.
Son entourage est clair : un duel monté à la hâte ne correspond pas à la stature d’un champion qui s’apprête à quitter la scène. Usyk n’a plus rien à prouver, encore moins dans un troisième affrontement contre un adversaire qu’il a déjà dominé sur 24 rounds.
Et c’est bien là que le bât blesse pour Fury.
Fury appelle Usyk… dans le vide
Le contexte est brutal. Le choc Fury–Joshua s’est enrayé principalement sur un point : le lieu. Fury a donné son accord pour combattre à New York, au Madison Square Garden, temple bouillonnant de la boxe américaine. Joshua, lui, ne veut rien entendre : ce sera le Royaume-Uni, et plus précisément Wembley, ou rien.
En coulisses, Turki Alalshikh, homme fort saoudien de Zuffa Boxing, pousse pour les États-Unis. Son objectif est limpide : s’ancrer encore plus profondément sur le marché américain avec un évènement massif sur sol US. Le bras de fer géographique a tout bloqué.
Voyant novembre 2026 approcher sans adversaire confirmé, Fury a alors décidé de braquer les projecteurs sur Usyk. Il s’est adressé à Sky Sports pour le défier une nouvelle fois, avec un ton mi-respectueux, mi-pressant :
« Tu as eu les décisions la dernière fois, fair play à toi. Bonne chance à toi, faisons-le encore. Rejouons ça en novembre. Le ballon est maintenant dans ton camp… tu veux me combattre cette année, 2026, ou tu raccroches ? Dis-le-moi parce que je cherche maintenant un nouvel adversaire. »
L’appel est clair. Presque suppliant. Fury veut figer une date, sécuriser un nom, se raccrocher à un sommet. Mais le sommet, lui, ne répond pas.
Deux combats, 24 rounds, une vérité
Le problème pour Fury, c’est que le ring a déjà parlé. Deux fois. Sur 24 rounds, Oleksandr Usyk a pris l’ascendant. Sans controverse majeure. Sans zone d’ombre suffisante pour justifier, sportivement, une trilogie incontournable.
Si les deux premiers combats avaient été serrés, discutables, Fury pourrait défendre l’idée d’un troisième chapitre pour “trancher”. Là, ce n’est pas le cas. La domination d’Usyk enlève tout caractère d’urgence à une nouvelle affiche. Pour l’Ukrainien, un troisième Fury ne change plus rien à son héritage.
Il n’a pas besoin de lui. Et ça, dans ce sport, c’est un pouvoir immense.
Zéro levier, beaucoup de bruit
Sergey Lapin, manager d’Usyk, ne s’est pas contenté de décliner. Il a renvoyé Fury à sa solitude, avec une pique bien sentie :
« Usyk n’est pas le plan de secours de Tyson. Si Fury a besoin d’un adversaire, il devrait aller sur la plateforme Ready to Fight. Ils peuvent l’aider à lui trouver un adversaire digne de lui là-bas. »
Derrière l’ironie, un constat froid : Tyson Fury n’a plus vraiment de levier sur ce dossier. Il ne tient ni les ceintures, ni la carte maîtresse sportive, ni l’avantage de la demande. Le combat qui pourrait définitivement définir sa carrière – celui contre Joshua – s’éloigne à mesure que les négociations s’enlisent, et Usyk, lui, ne voit aucune raison de revenir.
Lapin laisse entendre que Fury agit par désespoir. Et un boxeur désespéré, ce n’est pas forcément la meilleure recette pour un grand combat, ni pour un grand business.
Et maintenant, qui pour Fury ?
La question est crue : si le blocage avec Joshua perdure, vers qui Tyson Fury peut-il se tourner ? Les options de prestige se raréfient. Usyk a fermé la porte. Joshua discute de stades et de continents. Les promoteurs jonglent avec les calendriers et les marchés.
Fury voulait un nom, un sens, une affiche à la hauteur de sa légende autoproclamée. Il se retrouve, pour l’instant, à chercher simplement un adversaire.
Ce que l’on sait, avec certitude, c’est que ce ne sera pas Oleksandr Usyk. Et chaque jour qui passe sans solution rapproche un peu plus le “Gypsy King” d’un virage décisif : continuer à courir après le grand soir… ou accepter que le train est peut-être déjà parti.




