Trabzonspor se sépare de Fatih Tekke après l'élimination en Ligue Europa
Trabzonspor a fini par accepter ce qu’il avait tenté de repousser quelques jours plus tôt : la démission, qualifiée d’« émotionnelle », de son entraîneur Fatih Tekke.
L’onde de choc est née de l’Europe. Éliminés sèchement en barrage de Ligue Europa par Ferencvaros, 5‑0 sur l’ensemble des deux matches, les Bordelais de la mer Noire ont vacillé. Tekke, artisan d’une troisième place en championnat la saison passée, n’a pas attendu longtemps pour tendre sa lettre de départ.
Au départ, le club a voulu résister. Vendredi, la direction refuse sa démission, estimant que le technicien de 48 ans réagit sous l’« intense impact émotionnel » de cette sortie prématurée d’Europe. Un coup de sang, presque. Pas une décision de fond.
Mais la pression ne retombe pas. Les heures passent, les discussions s’enchaînent. Mercredi, le ton change. Dans un communiqué, Trabzonspor annonce avoir trouvé un « accord mutuel » avec Fatih Tekke et acte la séparation, au nom des « intérêts » et des « objectifs à long terme » du club.
Le message officiel ne se contente pas d’un simple au revoir. Le club insiste sur « la valeur significative » apportée par son entraîneur au cours de ses quelque 18 mois sur le banc. Tekke n’a pas seulement redressé une équipe : il a façonné un groupe, développé les joueurs recrutés sous son mandat et, surtout, offert des gains « sportifs et financiers » jugés majeurs par la direction.
Surtout, il a rendu tangible ce travail par un trophée. En ramenant la Coupe de Turquie dans les vitrines du club, Fatih Tekke a de nouveau inscrit son nom dans l’histoire de Trabzonspor. Une phrase qui résonne comme un rappel : ce départ ne gomme pas ce qu’il a construit.
Le communiqué dévoile aussi l’état d’esprit du coach au moment de tourner la page. Tekke, y lit-on, a assuré qu’il ne permettrait « jamais » que sa présence nuise, de quelque manière que ce soit, à Trabzonspor. À partir de là, les deux parties conviennent qu’il devient « inévitable » de tracer une nouvelle feuille de route, en plaçant, une fois encore, le club au-dessus des individus.
Trabzonspor conclut en remerciant son désormais ex‑entraîneur pour « ses efforts, son travail dévoué, les succès obtenus et la valeur ajoutée » à l’institution.
Le chapitre se referme sans fracas public, mais sur un constat clair : un cycle s’achève. Le prochain, lui, reste entièrement à écrire.




