Tottenham triomphe avec Savio et Moore
Tottenham a pris son temps, mais quand la digue a cédé, Charlton n’a plus vu le jour. Deux buts en trois minutes, juste avant la pause, ont lancé une démonstration conclue sur un large succès, porté par un banc décisif et un nouveau visage déjà adopté par le public : Savio.
Moore ouvre, Solanke enfonce
Jusqu’aux dernières minutes de la première période, Charlton tenait bon, aidé par un Antonin Kinsky vigilant. Le gardien a sorti une parade solide dans chaque mi-temps, retardant l’inévitable. Mais il a fini par plier.
Mikey Moore a brisé le verrou avec un éclair de talent. Un contrôle serré, de la puissance dans les duels, des défenseurs éliminés presque à la seule force des appuis : il a allumé la mèche et ne s’est plus arrêté. Sa prestation a donné le ton : Tottenham avait trouvé son homme fort entre les lignes.
Dans la foulée, Dominic Solanke a puni Charlton. Dos au but, il a protégé le ballon, s’est retourné avec justesse et a conclu avec sang-froid. Un geste simple, clinique, qui rappelle pourquoi il est destiné à devenir le numéro un de Roberto De Zerbi une fois à 100 % physiquement. Sa capacité à décrocher, à gagner des fautes et à soulager son bloc a constamment fait respirer les siens.
À 2-0 à la pause, le match avait déjà basculé. Charlton, lui, n’avait quasiment jamais réussi à installer son jeu dans le dernier tiers.
Le contrôle, puis l’accélération
Derrière, Tottenham a imposé son tempo. Jan Paul van Hecke a orchestré la relance avec une autorité tranquille. Sur 96 passes tentées, il n’en a manqué que six, tout en étant le joueur qui a le plus trouvé le dernier tiers adverse. Véritable métronome, il a dicté la hauteur du bloc et la vitesse des attaques avant de céder sa place en seconde période.
À ses côtés, Ben Davies n’a jamais tremblé. Peu inquiété, le Gallois a géré sans bruit, jusqu’à se retrouver buteur presque par accident, lorsque une frappe de Savio a dévié sur lui pour finir au fond. Un but qui illustre bien la physionomie : Tottenham dominait, Charlton subissait, et la moindre frappe dangereuse semblait pouvoir faire mouche.
Sur les côtés, Archie Gray a multiplié les courses pour accompagner Moore, sans toujours trouver la justesse dans le dernier geste. Face à Millenic Alli, il a parfois paru sur la retenue en un contre un, mais Charlton a trop peu approché la surface pour vraiment l’exposer. De l’autre côté, Destiny Udogie, titularisé pour la première fois de la saison, a engrangé des minutes précieuses. Encore en phase de reprise, il a progressivement retrouvé ses automatismes offensifs, se projetant davantage au fil des minutes.
Au milieu, Rodrigo Bentancur a mis du temps à se régler. Quelques interventions un peu précipitées au départ, puis une montée en puissance nette à mesure que Tottenham confisquait le ballon. Solide dans les duels, serein sous pression, il a fini par imposer son rythme. Lucas Bergvall, lui, a offert une copie plus rassurante après un match compliqué face à Brentford, se montrant plus sûr techniquement et plus impliqué dans les circuits de passes.
Fernandes, Danso et la force du banc
Le tournant de la seconde période est venu d’un ballon arrêté. Mateus Fernandes, recruté pour 85 millions de livres, effectuait sa première titularisation. Par moments, il a semblé glisser sur le terrain, se sortant des zones de pression avec une facilité déconcertante et portant le jeu vers l’avant.
Sur un coup franc, il a déposé un ballon millimétré pour Kevin Danso. Entré en jeu, le défenseur a marqué de la tête sur son tout premier ballon, au prix d’un choc à la tête qui a illustré son engagement. Un but qui a porté le score à 3-0 et tué le peu de suspense restant. Frustration, tout de même, pour lui : Tottenham n’a pas conservé sa cage inviolée, Jones réduisant l’écart en fin de rencontre.
Pedro Porro a ensuite offert une autre dimension au couloir droit. Son entrée a immédiatement apporté plus de tranchant et de variété, une arme que De Zerbi sera ravi de retrouver sur la durée.
Devant, Mathys Tel a été omniprésent sans être récompensé. Toujours disponible, souvent dans les bons espaces, mais jamais réellement en réussite au moment de conclure. Dans un match où Tottenham a fini par dérouler, il restera probablement sur un léger goût d’inachevé.
Savio, entrée fracassante
Puis le stade a véritablement grondé. L’entrée de Savio a été accueillie par une ovation, et le Brésilien n’a pas mis longtemps à justifier l’enthousiasme.
Sur une action plein axe, il a déclenché une frappe sèche et tendue depuis l’entrée de la surface. Puissante, précise, elle a filé au ras du sol pour son tout premier but avec Tottenham. De Zerbi réclamait plus de « finition » chez lui : la réponse a été immédiate.
Quelques minutes plus tard, une nouvelle tentative du même homme a encore fait mal. Sa frappe a été déviée par Ben Davies, trompant Kinsky et portant le score à 5-0. Officiellement, le but sera attribué au Gallois, mais l’empreinte de Savio sur cette fin de match ne souffre d’aucun doute.
Entré sous les acclamations, reparti avec un but, une action décisive et un stade conquis : difficile d’imaginer un meilleur début pour un joueur à 85 millions de livres.
Et maintenant ?
Tottenham a laissé filer le clean sheet en fin de partie, au grand regret de Kinsky et Danso, mais l’essentiel est ailleurs : une maîtrise collective nette, un banc qui change le match, un jeune Moore éblouissant et un Savio déjà décisif.
Si De Zerbi cherchait des réponses sur la hiérarchie de son attaque, sur la forme de ses recrues et sur la capacité de son équipe à appuyer quand l’adversaire plie, il en a reçu plusieurs d’un coup. Reste à voir, désormais, comment ce Tottenham-là réagira quand l’adversaire sera d’un tout autre calibre.




