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Torquay United : décisions difficiles pour retrouver la ligue

À Plainmoor, le rêve de retrouver la English Football League commence à peser. Douze ans d’attente, deux saisons tout près du but, et un début d’exercice qui sonne comme un sérieux avertissement. Torquay United est 19e de National League South, avec une seule victoire en six rencontres, et un dernier revers 2-0 contre Farnham Town lors du lundi férié qui a laissé des traces.

Au milieu de ce démarrage poussif, Jimmy Ball ne se cache pas. L’entraîneur des Gulls parle de « changement difficile », mais indispensable, s’il veut enfin briser ce plafond de verre qui maintient le club en dehors de la English Football League.

Un été agité, des têtes tournées

Ball ne cherche pas d’excuses, mais il pointe un contexte explosif. L’intersaison a été marquée par « beaucoup de perturbations », selon ses mots, liées au marché des transferts. Des joueurs sollicités, des envies d’ailleurs, des négociations qui traînent. Des têtes tournées dès « le premier jour de la pré-saison ».

Dans un club qui vise la montée, ce genre de flottement coûte cher. Ball insiste sur un point non négociable : il veut des joueurs « engagés à 100 % », prêts à « se sacrifier et tout donner » pour Torquay United. Sans cela, le projet s’effrite.

Il reconnaît que le début de saison « n’est pas acceptable ». Mais il refuse de sombrer dans la panique. Pour lui, céder à la peur ne sert à rien. Il assure croire en son groupe, tout en laissant entendre que tout le monde n’a pas répondu aux exigences attendues depuis juillet.

Deux saisons ratées de peu, mais ratées quand même

Le poids du passé récent alourdit encore un peu plus l’atmosphère. Torquay a fini 3e la saison dernière avant de s’incliner 3-2 en finale de play-offs contre Hornchurch. L’année précédente, 2e de la saison régulière, le club avait déjà chuté en demi-finale.

Deux fois tout près. Deux fois au sol au moment de franchir la dernière marche.

Jimmy Ball, nommé en mars à la place de Paul Wotton, sait pourquoi il est là. « J’ai été amené pour changer ça », rappelle-t-il. Il ne rejette la faute sur personne, mais il trace une ligne claire : la continuité dans l’échec n’est plus une option. Le changement prendra du temps, sera « plus lent que souhaité », mais il le juge « absolument nécessaire ».

Entre transparence et devoir de réserve

Ball laisse aussi filtrer une frustration. Il parle de problèmes « en coulisses » qu’il ne peut pas dévoiler publiquement. Il confie qu’il « adorerait tout dire aux supporters », mais qu’il ne le peut tout simplement pas.

La seule promesse qu’il peut faire, c’est celle-ci : faire en sorte que les onze joueurs qui entrent sur le terrain soient « 100 % engagés envers Torquay United Football Club ». Sous-entendu, ceux qui ne le sont pas risquent de disparaître du paysage.

Les supporters, eux, s’interrogent. Ont-ils raison de s’inquiéter après ce départ au ralenti ? Ball répond sans détour : la panique ne les aidera pas. Mais il ne minimise pas la situation. Le message est clair : la maison bouge, et tout le monde n’y sera peut-être pas encore demain.

Folkestone Invicta, test de caractère

Samedi, Torquay accueille Folkestone Invicta à Plainmoor. Un adversaire invaincu après cinq matchs, installé dans le haut de tableau, 3e du championnat. Un contraste brutal avec la 19e place des Gulls.

Ce rendez-vous ressemble déjà à un révélateur. Pas seulement sur le plan comptable, mais sur l’état d’esprit d’un groupe chahuté. Torquay joue plus qu’un simple match à domicile : il joue une part de sa crédibilité dans la course à la montée.

Les mots de Jimmy Ball ont posé le décor. À ses joueurs, désormais, de montrer s’ils veulent réellement écrire la fin de cette longue attente, ou s’ils accepteront une nouvelle saison à regarder la English Football League de loin.