Tonda Eckert relance Southampton à St Mary’s
À Southampton, Tonda Eckert a rallumé la flamme de St Mary’s
Quand Tonda Eckert a quitté le banc des U21 pour celui de l’équipe première en novembre 2025, Southampton tanguait dangereusement. Vingt-et-unième du Championship, un stade groggy, une ville fatiguée. Le club venait de limoger Will Still, les tribunes bouillonnaient plus de frustration que d’espoir.
Moins d’un an plus tard, St Mary’s est redevenu une forteresse. Et le technicien allemand ne cherche pas ailleurs la clé de ce renversement : tout part du lien avec les supporters.
« Vous savez dans quel état était le club quand je suis arrivé, et vous savez dans quel état étaient nos supporters à ce moment-là », a-t-il confié à BBC Radio Solent. Le constat était brut : « Ce n’est pas facile de jouer à domicile si vous n’avez pas cette connexion. Et, à juste titre, cette connexion n’existait plus à ce moment-là, pour toute une série de raisons. »
St Mary’s, d’un stade crispé à un stade habité
Les chiffres parlent. Depuis sa prise de fonctions, Southampton a pris 47 points à St Mary’s, meilleur total à domicile du Championship sur la période. La nouvelle saison a démarré sur la même cadence, avec trois victoires en trois matches à la maison.
Ce n’est pas un simple redressement comptable. C’est un changement d’atmosphère.
« Il faut regagner ce droit de se reconnecter avec les supporters, avec la ville, parce que le football signifie tellement plus pour la ville de Southampton », insiste Eckert. Le discours colle à ce que l’on voit : un stade plein, bruyant, impliqué.
La cicatrice du Spygate, pourtant, n’est pas si lointaine. La saison dernière, Eckert avait mené les Saints jusqu’aux play-offs du Championship avant que le club ne soit exclu de la compétition, emporté par le scandale. Le choc avait été violent, la colère des fans bien réelle.
On aurait pu s’attendre à des rangs clairsemés. Les tribunes sont restées pleines.
Les affluences tournent toujours autour des 30 000 spectateurs en ce début de nouvel exercice, un niveau qui place encore Southampton parmi les vingt meilleures affluences du pays. Une forme de fidélité têtue, presque obstinée, que le coach a choisi d’embrasser plutôt que de subir.
Une reconstruction par petites touches
Eckert ne vend pas l’idée d’un grand soir où tout aurait basculé. Il parle de travail patient, de mille détails.
« Ce n’est pas une seule chose que vous changez. Il y a tellement de petits pas à faire pour gagner la confiance, rebâtir une connexion et reconstruire une relation », explique-t-il.
Aujourd’hui, il le sent jusque dans l’air du stade : « St Mary’s est complètement différent d’il y a un an, et c’est le résultat de beaucoup, beaucoup de choses qui se rejoignent. »
Le technicien allemand pose aussi un principe simple, presque une ligne de conduite pour la saison : « Pour ‘gagner’ une saison, je crois que vous devez réussir votre saison à domicile. » Dans un Championship dense, où chaque série négative peut tout faire basculer, transformer St Mary’s en place forte n’est pas un luxe. C’est un plan de survie.
Caspar Jander encore sur le fil
Tout n’est pas encore parfaitement huilé pour autant. Sur le plan sportif, Eckert devra encore composer sans Caspar Jander ce week-end.
Le milieu de 23 ans n’a pas disputé la moindre minute cette saison. Touché à la cuisse lors du tout premier match de préparation face à Eastleigh, formation de National League, il n’est toujours pas prêt.
Le coach a été clair : la rencontre de samedi contre Bristol City arrive « trop tôt » pour lui.
Le staff préfère ne pas brûler les étapes. L’objectif se déplace déjà vers le 19 septembre et un rendez-vous face à Wrexham. « Nous allons pousser, donc on espère quelques minutes contre Wrexham. Nous avons dû retarder un peu, mais je pense qu’il est sur la bonne voie maintenant », a détaillé Eckert.
Southampton avance donc avec un milieu encore amputé d’une pièce, mais avec un stade retrouvé, une ville qui recommence à y croire et un entraîneur qui a remis le public au centre du projet.
Le reste de la saison dira si cette connexion, patiemment reconstruite, peut porter les Saints bien plus haut que cette vingt-et-unième place d’où tout est reparti.




