The Blaze survolent Essex et se qualifient pour la finale
À Queen's Park, Chesterfield, The Blaze n’ont pas seulement validé leur billet pour la finale de la Metro Bank Women's One-Day Cup. Elles ont imposé leur loi. Net, sans bavure, avec un succès à neuf guichets qui leur offre la première place du tableau et un bonus point en prime.
Face à Essex, lanterne rouge, la mission était simple : ne pas perdre pour repasser devant Hampshire au classement. Elles ont fait bien plus. Elles ont plié l’affaire en 19,1 overs, en laissant 185 balles inutilisées. Un message très clair envoyé à tout le monde avant la finale.
Scrivens résiste, mais Essex s’effondre
Essex s’est accrochée tant qu’elle a pu grâce à sa capitaine. Grace Scrivens a tenu l’ossature de l’attaque avec une manche de 70, construite patiemment sur 116 balles. Elle a résisté, recollé les morceaux, tenté de donner un minimum de structure à une carte de score qui s’effritait autour d’elle.
Le problème, c’est qu’elle était trop seule. La deuxième meilleure marqueuse, Sophie Smale, s’est arrêtée à 20. Le reste de l’alignement a sombré, incapable de tenir la cadence ni de gérer la pression d’un bloc de bowlers parfaitement en place.
Après avoir choisi de lancer en premier, The Blaze ont vite pris la main. La jeune Bryony Gilgrass, 19 ans, avait pourtant donné le ton avec quelques jolis coups en powerplay, bien épaulée par Scrivens. Mais Cassidy McCarthy a coupé cet élan net : une balle qui fuse, Gilgrass piégée lbw.
McCarthy a enchaîné immédiatement en faisant tomber Jodi Grewcock, coupée directement vers le point arrière. Smale a bien tenté de relancer la machine avec deux limites consécutives face à McCarthy, avant de se faire piéger à son tour, cette fois par Lucy Higham, lbw sur les talons. Higham a enfoncé le clou en faisant attraper Jo Gardner sur un top-edge côté leg.
À 80-2, Essex restait dans le match. À 89-6, tout avait basculé. La capitaine de The Blaze, Kirstie Gordon, a alors imposé sa patte : son bras gauche a fait plier Mollie Adams, encore une jeune de 19 ans, battue en jouant en retrait, lbw. Puis Kathryn Bryce est entrée en scène pour faire tomber Liberty Heap, bowled.
Sophie Munro a bien offert un peu de soutien à Scrivens dans un partenariat de 41 points, mais là encore, un détail a tout gâché. Un run avorté sur une faute de main en défense, un moment d’hésitation, et Munro s’est retrouvée run out. Symbole d’une équipe constamment à contretemps.
Gordon, internationale écossaise, a ajouté une prise spectaculaire à son bilan, plongeant pour un retour gagnant et éliminer Esmae MacGregor. La résistance héroïque de Scrivens a fini de manière cruelle, sur un bottom-edge dans ses propres stumps. Kathryn Bryce a bouclé l’affaire dans le 46e over, Abtaha Maqsood trouvant la joueuse placée à long-on.
Essex est finalement renvoyée pour 159 en 45,4 overs. La feuille de stats parle d’elle-même : 3-25 pour Gordon, deux guichets chacun pour Kathryn Bryce, Higham et McCarthy. Un travail collectif chirurgical.
Un seul éclair pour Essex, puis la tornade écossaise
Pour espérer défendre un total aussi modeste, Essex avait besoin d’un départ parfait. Elle a eu un éclair, pas plus. Esmae MacGregor, dans un premier over globalement brouillon, a sorti une balle de grande classe pour éliminer Tammy Beaumont. L’ancienne internationale anglaise a vu son off stump frôlé par une balle qui est revenue juste assez pour le toucher. Un moment de pur talent.
Et puis tout s’est éteint.
Ce qui a suivi, c’est une démonstration froide, méthodique, mais aussi pleine d’autorité de la part des soeurs Bryce. Sarah et Kathryn ont transformé la poursuite en séance d’entraînement à ciel ouvert, mais avec une précision clinique.
Sarah et Kathryn Bryce, un partenariat sans pitié
Le score était de 27-1 quand elles se sont retrouvées ensemble au milieu. Il n’a plus bougé du côté des wickets. Juste du côté des runs.
Les deux internationales écossaises ont construit un partenariat invaincu de 132 points, sans jamais vraiment être inquiétées. Essex a cherché la bonne longueur, la bonne ligne, le bon plan. Rien n’a pris. Trop de balles courtes, trop de largeur, trop d’offrandes.
Sarah Bryce a frappé 10 fours, trouvant les intervalles avec une régularité implacable. Kathryn a répondu avec 12 fours et un six, imposant son tempo, accélérant dès que le moindre relâchement apparaissait. Les drives ont fusé, les coupes ont déchiré le champ, les frappes droites ont puni chaque erreur.
MacGregor, seule à avoir trouvé la faille avec Beaumont, n’a jamais retrouvé ce niveau de menace. Le reste de l’attaque a souffert, incapable de serrer le jeu ni de construire une pression durable. Les runs défilaient, le moral d’Essex descendait au même rythme.
La fin est arrivée presque brutalement. Kathryn Bryce a conclu la rencontre sur une limite, scellant la victoire avec une aisance désarmante. 162-1 en 19,1 overs. Une poursuite expédiée, un message envoyé.
The Blaze, déjà doublement titrées, visent le triplé
Avec ce succès, The Blaze terminent en tête de la phase de groupes et valident leur place directe en finale de la Metro Bank Women's One-Day Cup, qui se jouera au Utilita Bowl le 19 septembre. Elles y retrouveront le vainqueur de l’eliminator entre Hampshire et la gagnante du duel Surrey – Somerset.
Le décor est planté : The Blaze ont déjà soulevé le trophée du Vitality Blast et celui de la Vitality T20 County Cup. Elles arrivent en finale de la One-Day Cup lancées à pleine vitesse, portées par un collectif solide, une attaque variée et un top-order capable de réduire une poursuite à une formalité.
La question n’est plus de savoir si elles sont favorites. Elle est de savoir qui, désormais, peut vraiment les arrêter.




