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Team USA écrase la Tchéquie et envoie un message fort

Team USA remet les pendules à l’heure. Brutalement.

Au lendemain d’une victoire poussive face à l’Italie, les Américaines ont écrasé la Tchéquie 105-64, lundi 7 septembre à Berlin, pour boucler la phase de groupes de la Coupe du monde féminine 2026 avec un sans-faute (3-0) et un message clair envoyé au reste du plateau. Trente-troisième succès consécutif en Coupe du monde, une série entamée en 2006. Et cette fois, aucun suspense.

Les cadres reprennent le pouvoir

On avait beaucoup parlé de la nouvelle vague, du fameux groupe « Young and Turnt ». Lundi, ce sont les anciennes qui ont rappelé qui tient encore le volant.

Breanna Stewart a signé une partition de patronne : 19 points, 7 rebonds, 6 passes en seulement 17 minutes. Précise, agressive, partout. À ses côtés, Napheesa Collier a donné le ton dès l’entame, les deux combinant 25 points en première mi-temps pour assommer la Tchéquie avant même la pause.

Stewart, élue joueuse du match, dispute sa quatrième Coupe du monde, au niveau de Diana Taurasi et juste derrière Sue Bird. Si Team USA va au bout et décroche l’or, elle égalera Bird au nombre de titres mondiaux. Le genre de perspective qui change une bonne performance en mission personnelle.

Collier, elle, a résumé l’état d’esprit du jour : après le match étouffé contre l’Italie, il fallait une réponse. Elle est venue par la défense, par l’agressivité sur le porteur de balle, par ces mains qui traînent partout dans les lignes de passe. Les vétéranes ont fixé le standard, les rookies ont suivi.

  • Angel Reese (13 points)
  • Napheesa Collier et Jackie Young (12 chacune)
  • Paige Bueckers et Sonia Citron (10 chacune)

Ont toutes franchi la barre des dix points. Six joueuses à plus de dix unités, un collectif qui tourne enfin comme prévu.

La piqûre de Kara Lawson

La veille, Team USA s’en était sortie de justesse contre l’Italie (55-52), avec le plus faible total de points de son histoire en Coupe du monde depuis 1984. Kara Lawson n’a pas enjolivé la réalité devant son groupe. Elle a mis les mots là où ça fait mal : passion, intensité, compétitivité. Porter le maillot américain impose un certain niveau d’exigence, non négociable.

Le message est passé.

Face à la Tchéquie, les États-Unis ont démarré pied au plancher, trois tirs à trois points consécutifs pour lancer la machine, un 13-4 pour creuser l’écart, puis +14 à la fin du premier quart-temps. Cette fois, aucune baisse de régime. Chaque ballon contesté, chaque rebond disputé, chaque course exécutée à fond.

Toutes les joueuses américaines ont marqué. La victoire de 41 points est la plus large de leur tournoi jusqu’ici. À la mi-temps, Lawson se disait « très satisfaite » de l’énergie et de l’effort. Difficile de lui donner tort.

Kiki Iriafen, prête au pied levé

Il y a les stars, et puis il y a ces joueuses qui changent un match sans faire de bruit.

Kiki Iriafen n’avait pas joué une seule minute contre l’Italie (DNP). Vingt-quatre heures plus tard, Lawson l’appelle. Elle répond immédiatement : 5 points, 11 rebonds, dont 6 offensifs, et 1 interception en seulement 8 minutes.

Huit minutes d’impact pur. Des secondes chances à la pelle, une présence féroce au rebond offensif, une activité qui étouffe la Tchéquie sous son propre cercle. La preuve qu’au sein de ce groupe, la hiérarchie existe, mais la porte reste ouverte à celles qui sont prêtes.

L’adresse longue distance revient

Dimanche, Team USA avait tiré à 1 sur 12 à trois points contre l’Italie. Une anomalie pour une équipe de ce calibre.

Dès le premier quart contre la Tchéquie, Breanna Stewart plante une banderille longue distance à 9’09 de la fin pour ouvrir le compteur américain. Le ton est donné. Cinq tirs primés en première mi-temps, sept au total (7 sur 25), et surtout sept joueuses différentes à longue distance. Le volume reste perfectible, mais la variété des menaces extérieures change tout dans la structure de l’attaque.

Kara Lawson a d’ailleurs souligné les progrès en transition et dans l’exécution en attaque placée, tout en saluant une meilleure vigilance défensive. Les chiffres lui donnent raison : 105 points marqués, 52 unités inscrites dans la raquette, 55 rebonds captés contre 35 pour la Tchéquie.

La Tchéquie, submergée de partout

Pour la Tchéquie, le constat est brutal. Zéro victoire en trois matches, élimination, et une dernière soirée passée à encaisser la puissance américaine.

La sélection de Romana Ptáčková savait où elle mettait les pieds. Elle savait que le combat intérieur tournerait au défi physique permanent. Les chiffres confirment la domination : 52-30 pour Team USA dans la peinture, 55-35 au rebond. Et 16 balles perdues, trop de cadeaux face à une équipe qui n’en a pas besoin.

Dans ce contexte, la performance d’Eliska Joklova prend une teinte cruelle. Le jour même, le Minnesota Lynx annonce la couper pour faire de la place à Aari McDonald. Quelques heures plus tard, la meneuse tchèque inscrit 19 points, meilleure marqueuse de son équipe et seule joueuse à atteindre les dix points. Une soirée personnelle solide, noyée dans un naufrage collectif et une défaite de 41 points.

Un bémol dans la démonstration : les pertes de balle

Tout n’a pas été parfait côté américain. La première mi-temps frôle le sans-faute en gestion de balle : aucun ballon perdu dans le premier quart, seulement deux à la pause. La seconde période raconte une autre histoire : 11 pertes de balle, 11 points offerts à la Tchéquie.

Dans un match plié, le relâchement se comprend. Mais à l’approche des quarts de finale, ce genre de séquence deviendra beaucoup plus coûteux. Lawson l’a rappelé : l’équipe progresse chaque jour, apprend à mieux jouer et communiquer ensemble. Cette communication devra justement faire baisser ce chiffre au moment où la pression montera d’un cran.

Cap sur les quarts

Avec ce succès, Team USA termine en tête du groupe D et file en quarts de finale. Prochain adversaire : le vainqueur de Japon–Hongrie, jeudi 10 septembre. Deux profils très différents, deux défis tactiques opposés, mais une seule constante : les Américaines seront attendues au tournant.

Elles ont déjà répondu une première fois après l’alerte italienne. Reste à voir si cette réaction n’était qu’un sursaut… ou le véritable décollage de la machine.