Team USA se prépare pour la Coupe du monde FIBA de basket féminin à Berlin
Berlin se prépare à devenir, début septembre, le centre du monde du basket féminin. Le 4 septembre, les 16 meilleures sélections de la planète se retrouveront pour une Coupe du monde FIBA élargie, plus dense, plus relevée, où Team USA arrive une nouvelle fois en favorite… mais sans aucune garantie.
Team USA, ogre historique face à un monde qui a rattrapé son retard
Neuf titres sur les douze dernières éditions. Quatre sacres consécutifs. La domination américaine sur la Coupe du monde FIBA tient de l’hégémonie. Pourtant, Kara Lawson, nouvelle patronne du banc, ne se berce pas d’illusions : la marge s’est réduite.
« Le monde progresse à une vitesse incroyable. Je le vois à tous les niveaux », rappelle la coach, également à la tête du programme de Duke depuis 2020. Elle parle en témoin privilégié : habituée des compétitions de jeunes, elle mesure, année après année, la montée en puissance des autres nations. Les effectifs se sont épaissis, les talents se sont multipliés. « La profondeur des rosters est vraiment forte. Je pense que ce sera la Coupe du monde la plus difficile à gagner pour nous. »
Le message est clair : le statut de favorite ne protège plus de rien. Il oblige. « Ça doit être dur à gagner. C’est une Coupe du monde. Ce sont les meilleures équipes, un calendrier exigeant, un format court. À la fin, chaque équipe est là pour la même chose : gagner. Nous, on a faim, on est concentrés, on veut montrer nos meilleures performances et voir si on peut aller au bout. »
Caitlin Clark, l’étincelle attendue
Dans ce décor plus hostile, Team USA arrive avec un visage renouvelé. Et un nom aimanté par tous les projecteurs : Caitlin Clark. La meneuse, révélation majeure de la saison avec Indiana en WNBA, débarque en FIBA avec la même réputation qu’elle s’est forgée aux États-Unis : celle d’une joueuse qui peut retourner un match en quelques possessions.
« Caitlin est concentrée. Elle a fait une très grosse saison avec Indiana. Je l’ai beaucoup vue en personne cet été. Elle est prête », assure Lawson. La coach insiste sur ce qui change tout avec Clark : le rythme, la menace permanente. Sa capacité à accélérer le tempo, à marquer de loin, à créer pour les autres. « Elle peut changer un match avec sa capacité à créer du rythme, à scorer, à faire jouer. C’est un profil qui colle parfaitement au reste de notre effectif. »
Reste une inconnue, et non des moindres : la façon dont les défenses FIBA vont la traiter. « La question, c’est comment on va la défendre ici. Est-ce que ce sera similaire à ce qu’elle voit aux États-Unis, ou différent ? On est encore en phase d’observation sur ces aspects-là », reconnaît Lawson. Mais sur un point, elle ne laisse aucun doute : Clark n’est pas là pour apprendre en silence. « On est ravis de l’avoir avec nous et on s’attend à ce qu’elle ait un impact à chaque match. »
Une nouvelle génération en première ligne
Clark n’arrive pas seule. Berlin sera aussi le théâtre des débuts en Coupe du monde de Angel Reese, Paige Bueckers, Kiki Iriafen et Sonia Citron. Une vague de talents qui illustre la profondeur inédite du vivier américain.
Leur présence change le visage de Team USA : plus jeune, plus explosive, parfois moins expérimentée sur la scène FIBA, mais capable d’imposer un volume de jeu étouffant. À l’entraînement, mardi, le groupe a pris la mesure de ce nouveau mélange. Lawson a choisi la douceur pour ce premier contact collectif : « On a fait une bonne journée. C’était léger. On voulait juste transpirer un peu, poser quelques bases. Demain, on en fera un peu plus. »
Derrière la formule, une réalité : la marge de manœuvre est courte. Quelques séances seulement pour bâtir des automatismes, définir des rôles, installer une hiérarchie. La chimie devra se construire en accéléré.
Sans A’ja Wilson ni Kelsey Plum, mais sans excuses
Ce tournoi s’ouvrira sans deux des figures majeures des dernières campagnes : A’ja Wilson et Kelsey Plum. Deux absences de poids, sportivement et dans le vestiaire. Lawson ne se cache pas la perte, mais refuse d’en faire un alibi.
Elle n’a pas eu de véritable discussion avec Wilson avant le tournoi, et ne donne aucun calendrier. « On va regretter de ne pas les avoir avec nous. On leur souhaite un prompt rétablissement… mais on n’a pas le temps de se préoccuper de qui n’est pas là », tranche-t-elle. La ligne est nette : on joue avec celles qui sont sur le parquet, pas avec les regrets.
L’accent est donc mis sur le groupe présent, sur la cohésion à construire. La responsabilité des cadres bascule encore plus vers les bras et les voix de celles qui sont à Berlin. Dans un tournoi resserré, la moindre faille de concentration peut coûter cher. Team USA n’a pas l’habitude de se présenter avec autant d’interrogations, mais l’ambition reste intacte.
Kara Lawson, de l’or comme joueuse au défi suprême comme coach
Si Lawson parle avec autant de gravité du maillot américain, c’est qu’elle sait ce qu’il représente. Elle l’a porté au plus haut. En 2008, elle menait Team USA vers l’or face à l’Australie, signant une finale parfaite : 15 points, 5/5 au tir, trois rebonds, deux passes, une interception. Une feuille de stats qui dit son sang-froid dans les grands rendez-vous.
Aujourd’hui, elle n’est plus sur le parquet, mais au centre de tout. « L’opportunité est incroyable. En tant qu’ancienne joueuse de la fédération, il y a énormément de fierté à représenter notre pays et toutes les légendes qui ont joué avant nous. Maintenant, être coach principale, prendre les commandes du programme, il n’y a pas plus grand honneur dans notre sport », confiait-elle le 22 août.
Son parcours à Duke – deux titres de conférence ACC, deux Elite Eight consécutifs – montre qu’elle sait bâtir, structurer, exiger. Mais la Coupe du monde FIBA, avec ses formats courts, ses chocs tous les deux jours et un monde qui n’a jamais été aussi armé, représente un autre type de pression.
À Berlin, elle va devoir concilier héritage et rupture : préserver la culture du succès tout en lançant une nouvelle génération menée par Caitlin Clark, Angel Reese et leurs consœurs. Team USA arrive avec son passé écrasant, ses absentes de marque, ses jeunes étoiles prêtes à brûler les étapes.
La question n’est plus de savoir si les Américaines sont favorites. Elles le sont, encore. La vraie question, cette fois, est simple : dans un monde qui a enfin rattrapé son retard, jusqu’où ce nouveau visage de Team USA saura-t-il repousser la concurrence ?




