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Taha Mejni, l'espoir marocain de Crystal Palace

Crystal Palace est allé le chercher loin des projecteurs. Taha Mejni, 18 ans, quitte Ittihad Touarga et le championnat marocain pour s’engouffrer dans le tunnel d’un club de Premier League, avec l’étiquette d’espoir à fort potentiel et d’international en devenir.

Formé à Ittihad Touarga, le défenseur a fait ses premiers pas avec l’équipe première en juin 2025, lors d’une demi-finale de Coupe d’Excellence remportée face à Wydad Fès. Une entrée par la grande porte pour un joueur encore adolescent, rapidement installé dans la rotation du club.

Un défenseur déjà rompu au haut niveau

Le club anglais le présente comme « un joueur polyvalent, capable d’évoluer en défense centrale ou au poste de latéral droit ». Les chiffres confirment que Touarga ne le gardait pas pour décorer le banc : 17 matches avec l’équipe première, dont 15 la saison dernière, 13 comme titulaire. À son âge, ce n’est plus un simple aperçu, c’est un vrai début de carrière.

Son CV international frappe tout autant. Mejni faisait partie de la génération marocaine qui a marqué l’histoire en remportant la Coupe du monde U20 au Chili l’an passé, premier titre de la catégorie pour le pays. Sur la route du sacre, le Maroc a fait tomber des géants : Brésil, Espagne, France, Argentine. Le genre de parcours qui forge des épaules.

À seulement 17 ans, il vivait déjà ces soirées-là. Depuis, il a gravi l’échelon suivant, intégré la sélection U23 et disputé deux rencontres en mars, dont une titularisation lors du nul 2-2 face à la Côte d’Ivoire. Le tempo de sa progression ne ralentit pas.

Un profil moderne pour l’arrière-garde de Palace

Crystal Palace ne cache pas ses intentions : Mejni rejoint le groupe U21 dirigé par Darren Powell, avec un programme chargé au menu. Premier League 2, Premier League International Cup, EFL Trophy : un laboratoire idéal pour tester sa polyvalence et sa personnalité dans le football anglais.

Le joueur se décrit lui-même comme « un défenseur aux qualités techniques qui aime aussi le côté physique du jeu ». Une phrase qui colle parfaitement à ce que réclame la Premier League, même à ses étages de formation : savoir jouer, mais aussi savoir encaisser.

L’académie de Palace, réputée pour son exigence, croit tenir un profil rare. Son directeur, Gary Issott, ne ménage pas les compliments : Taha sort d’« une excellente saison 25-26 » en première division marocaine, enrichie par ce titre mondial U20 décroché à seulement 17 ans. Le club londonien estime avoir trouvé le bon environnement pour l’amener à l’étape suivante. Le message est clair : il ne vient pas pour faire le nombre.

« Une nouvelle aventure » et un adieu chargé d’émotion

Au moment de signer, Mejni n’a pas caché l’ampleur du saut qu’il s’apprête à faire. Il parle de Crystal Palace comme de « l’un des plus grands clubs de Premier League et du monde », souligne « tout ce que le club a accompli ces dernières années » et laisse transparaître une vraie impatience à commencer « cette nouvelle aventure ».

Derrière l’excitation, il y a aussi la page qui se tourne. Sur Instagram, le défenseur a adressé un long message d’adieu à Ittihad Touarga, où il a passé cinq années décisives. Il remercie le club pour la confiance, les opportunités, les souvenirs accumulés « sur et en dehors du terrain ». Il insiste sur le rôle de ses entraîneurs, leur patience, leurs conseils, leur foi en lui, qui l’ont façonné autant comme joueur que comme homme.

Le vestiaire n’est pas oublié. Mejni parle de coéquipiers devenus des amis, voire des frères. Il dit partir avec « beaucoup de gratitude, de fierté et de beaux souvenirs », reconnaissant envers tous ceux qui font vivre le club au quotidien.

Dans sa dernière phrase, un détail interpelle : il remercie « Ittihad Tanger » et affirme qu’il restera « toujours fier d’avoir porté ces couleurs ». Une confusion de nom dans l’émotion ou une simple maladresse, mais une chose ne trompe pas : l’attachement au maillot qu’il quitte.

Un pari qui peut changer une trajectoire

Crystal Palace accueille un défenseur encore brut, mais déjà habitué aux matches qui comptent, aux tournées mondiales et aux duels face aux meilleures nations. Un joueur qui sait ce que c’est que gagner un titre planétaire avant même sa majorité.

À Londres, il devra maintenant prouver qu’il peut transposer cette maturité dans un football plus rapide, plus dur, plus exigeant. S’il réussit ce passage, le club anglais pourrait bien avoir mis la main sur l’un des prochains grands noms de la défense marocaine.