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Sussex s'impose face à Essex dans un match décisif

Sussex arrache Essex et se met à l’abri : un dernier acte tendu à Chelmsford

Il n’a fallu qu’une heure et vingt minutes à Sussex pour en finir. Vingt-et-un overs, trois derniers wickets, et un succès par 47 runs qui les éloigne, au moins pour un temps, de toute angoisse de relégation en Division One du County Championship. Mais ce dernier matin à l’Ambassador Cruise Line Ground n’a jamais ressemblé à une formalité.

Face à eux, un homme a tenu tête : Matt Critchley.

Critchley, le roc à 4 runs du bonheur

Essex repartait au quatrième jour sous un ciel clair, encore à 132 runs d’une victoire qui aurait tenu du braquage. Tout le temps devant eux, mais presque plus de marge d’erreur. Critchley, lui, avait une autre idée : user Sussex, balle après balle.

Avec Mitch Killeen à ses côtés, il a d’abord choisi la patience. Des singles, des défenses, un tempo étouffé. Puis, parfois, une estocade. Un drive puissant à travers le midwicket sur Ari Karvelas a brisé la monotonie du tableau de score. Killeen, plus discret, a tout de même trouvé des limites, coupant et travaillant Karvelas vers le third man puis le midwicket.

Ce petit partenariat n’a pas duré une éternité, mais il a grignoté le temps et l’espoir de Sussex. Trente-et-un runs, onze overs, et une impression de résistance organisée. Jusqu’à ce que Karvelas, piqué, ne trouve la réplique : une balle qui se dresse, accroche l’arête de la batte de Killeen et file dans les gants du wicketkeeper. Huitième wicket, l’illusion se fissure.

Critchley, lui, reste. Il en a vu d’autres cette saison. Il en verra encore une frustration de plus.

Avec 838 runs en Championship, il est le métronome d’Essex. Et une fois de plus, il s’arrête aux portes du centenaire. Pour la troisième fois de la saison, il tombe dans les 90. Cette fois-ci pour 96, en 132 balles, avec deux sixes et huit fours. Dernier homme à s’incliner, en faisant monter une simple balle à slip sur James Coles. Un soupir a traversé le stade. Tout était dit.

Snater embrase Chelmsford… brièvement

Avant la fin, Chelmsford a pourtant cru à un miracle. Ou au moins à un scénario fou.

L’entrée de Shane Snater a changé le ton. Quand il coupe Coles pour quatre, la cible passe sous la barre des 100. Le public se redresse. Sur la balle suivante, il dégaine un six audacieux par-dessus cow corner. Plus question de prudence, Essex tente le coup de poker.

La fièvre gagne même Critchley, qui envoie Jack Carson au-delà de la corde pour un maximum. Quatre balles plus tard, Snater martèle un autre six, cette fois plein axe. Le neuvième wicket se transforme en spectacle : 48 runs ajoutés, deux frappeurs qui refusent de mourir sans se battre, et un stade qui commence à y croire.

Mais l’ivresse ne dure pas.

Le changement est immédiat. Henry Crocombe revient, trois balles suffisent. Snater tente encore, dévie la balle, trop haute, vers la gauche du deuxième slip. Pris. Le souffle retombe. Critchley suit bientôt, piégé par Coles. La résistance s’éteint, Sussex exulte.

Un match basculé en 26 balles

Cette dernière matinée n’a fait que valider ce qui s’était joué bien plus tôt. Le tournant, le vrai, remonte à la deuxième soirée. Vingt-six balles de chaos pur.

Essex, alors confortablement installé à 171 pour 3, semblait en contrôle dans ce premier innings. En quelques minutes, tout s’effondre. Sept wickets s’évaporent pour six runs. De 171-3 à 177 all out. Un écroulement brutal, quasi incompréhensible à ce niveau.

Au cœur de la tempête, encore Crocombe. Un deuxième hat-trick en une semaine, une série qui marque les esprits et fait plonger Essex. Ce désastre oblige les locaux à concéder un déficit de 98 runs sur les premiers innings. Un gouffre dont ils ne se relèveront jamais vraiment.

Sussex, lucide, enfonce le clou dans son deuxième passage au bâton. James Coles, encore lui, frappe 79 précieux. Les visiteurs portent leur total à 230, et dressent devant Essex un mur de 329 runs à franchir en 153 overs théoriques. Mission presque impossible. Elle le restera.

Sussex respire, Essex tremble

À l’arrivée, Sussex repart avec 20 points et une place plus sereine, quelque part au milieu d’une division où la moindre série de résultats peut tout rebattre. Essex, avec seulement 3 points, reste englué dans une lutte qu’il n’avait sans doute pas imaginée si tendue.

Au coup d’envoi, un seul point séparait les deux équipes au classement. Quatre jours plus tard, l’écart se lit dans les visages : soulagement pour les visiteurs, inquiétude pour les locaux.

Il reste trois matchs à chacun pour réécrire la fin de leur saison. Sussex vient peut-être de gagner le droit de regarder un peu plus vers le haut que vers le vide. Essex, lui, sait désormais qu’il joue plus qu’un simple automne de cricket : il joue sa place parmi l’élite.