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Stephen Curry : Portrait of an Artist, un documentaire événement

Stephen Curry, déjà légende vivante sur le parquet, s’offre désormais le grand écran. Son tir à trois points numéro 4 000, un geste déjà gravé dans l’histoire de la NBA, devient le fil rouge d’un documentaire événement : « Portrait of an Artist: Stephen Curry », réalisé par Gotham Chopra et distribué par Disney, qui sortira exclusivement en salles IMAX le 9 octobre 2026.

Le chef‑d’œuvre des 4 000 tirs primés

La scène centrale, c’est ce soir de mars 2025 au Chase Center de San Francisco. Golden State reçoit les Sacramento Kings. Curry n’a besoin que de deux tirs à trois points pour franchir une barrière que personne n’a encore touchée : 4 000 paniers à longue distance en carrière. Il les inscrit. Le public explose. Les Warriors déroulent et s’imposent 130-104. Mais ce que retient l’histoire, c’est ce tir-là, ce geste fluide, presque familier, qui ouvre une nouvelle dimension statistique.

Pour capter ce moment, la production a sorti l’artillerie lourde : 21 caméras certifiées IMAX, disposées pour ne rien perdre de l’instant où le ballon traverse le filet et fait basculer une carrière dans un territoire inexploré. Le terrain devient un plateau de cinéma, chaque angle de vue cherchant à saisir ce qui fait de ce shoot un événement historique.

C’était la première fois qu’un joueur de la NBA atteignait les 4 000 tirs à trois points marqués. Un chiffre brut, presque irréel, qui raconte à lui seul l’ampleur de la révolution Curry.

Curry, artisan de son propre mythe

Le documentaire ne se contente pas de suivre le compteur. Il remonte le fil. L’enfance, l’éducation, les routines, le travail invisible. Curry y parle de son état d’esprit, de sa discipline quotidienne, de ces détails qui ne figurent pas dans les boxscores mais construisent une carrière hors norme.

Sur ses réseaux sociaux, il a présenté le projet comme un regard intime sur « le voyage vers [son] 4 000e tir à trois points », une plongée dans la créativité, la rigueur et la mentalité derrière un jeu auquel il a « dédié [sa] vie ». Il assume ce parallèle avec l’artiste, tout en rappelant l’humilité qu’il y met. Pour lui, le basket est un artisanat, une œuvre patiemment façonnée, un terrain où l’imagination dicte les trajectoires.

Le titre du film n’est pas anodin. « Portrait of an Artist » place Curry dans une autre catégorie : celle des créateurs. Dribbles, déplacements sans ballon, angles impossibles, distance folle… tout ce qui a redéfini le tir à trois points en NBA est présenté comme une forme d’expression artistique.

Quand les maîtres d’autres arts se penchent sur Curry

Pour appuyer cette idée, le film convoque d’autres géants… mais venus d’horizons totalement différents. Viola Davis, Rick Rubin, Patti Smith, Jon Batiste : des noms qui, chacun dans leur domaine, ont imposé une signature, une manière unique de créer.

Ils viennent poser leur regard sur Curry, sur son geste, sa constance, sa façon de composer un match comme on compose une chanson ou un rôle. Leur présence ancre le documentaire dans une dimension plus large que le simple sport : l’excellence comme langage commun, qu’il s’agisse de cinéma, de musique, de littérature ou de basket.

Gotham Chopra, cofondateur de Religion of Sports, résume l’ambition : capturer Stephen Curry comme un artiste en quête permanente d’un nouveau chef‑d’œuvre, avec le parquet pour toile et le tir à trois points comme pinceau. L’IMAX sert ici de loupe géante sur cette quête.

Un empire médiatique qui prend forme

Ce film est le deuxième grand projet signé par Unanimous Media, la société de production cofondée par Curry et Erick Peyton en 2018. Leur précédent succès, le film d’animation « Goat » produit avec Sony Picture Animation, a pris la tête du box-office américain dès sa sortie en février 2026 et a été salué par la critique comme par le public.

Avec « Portrait of an Artist », le duo change de registre mais garde la même ambition : raconter le sport autrement. Ne pas se limiter au record, mais explorer ce qui le précède, le nourrit, le rend possible. Curry et Peyton l’expliquent d’une même voix : l’objectif est de faire ressentir en temps réel ce que vivent ceux qui ont la chance d’assister à une performance de Stephen Curry, et d’offrir cette expérience à ceux qui ne verront jamais un de ses tirs en direct depuis les tribunes.

La collaboration avec Religion of Sports, IMAX et Disney/ESPN installe clairement Curry dans un nouveau rôle : celui d’athlète qui contrôle son récit, qui produit ses propres images, qui construit sa légende autant derrière la caméra que devant.

Le jour où les lumières de l’IMAX s’éteindront et que le premier plan s’affichera, une question restera en suspens : si ce tir à 4 000 points est déjà un tableau achevé, jusqu’où l’« artiste » Stephen Curry peut-il encore repousser les frontières de son œuvre ?