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Southwest Division : entre reconstructions et ambitions de titre

La Southwest Division vit une drôle de bascule. D’un côté, Dallas et Memphis misent à fond sur leurs prodiges de Draft pour se réinventer. De l’autre, Houston et San Antonio avancent avec des vétérans aguerris – Tobias Harris chez les Spurs, Marcus Smart chez les Rockets – pour transformer du potentiel en victoires de printemps. Au milieu, New Orleans hésite encore entre présent fragile et avenir incertain.

Dallas Mavericks : Cooper Flagg comme boussole, Masai Ujiri comme architecte

Dallas a changé de dimension le jour où Cooper Flagg a posé le pied au Texas. Le numéro 1 de Draft a tenu son rang, a redonné de l’électricité à la franchise… puis les blessures ont tout cassé. Résultat : 26–56, pas de playoffs, et une saison qui se termine dans la frustration.

La réponse est venue d’en haut. Masai Ujiri, bâtisseur du titre à Toronto, prend les commandes de l’organisation. Son premier grand choix : aller chercher un coach universitaire pour coller au profil de ce groupe très jeune.

Dusty May arrive auréolé d’un titre national remporté avec Michigan. Il débarque en NBA avec une mission claire : transformer une base de prospects prometteurs en équipe compétitive. La logique est limpide : un coach qui connaît intimement le développement des jeunes pour un effectif qui vit de ça.

Ce noyau se renforce encore sur les postes intérieurs. Morez Johnson suit son coach depuis Michigan, tandis que Zaccharie Risacher, ancien numéro 1 de Draft lui aussi, continue de s’installer comme pièce maîtresse du projet. Autour de Flagg, la ligne de front prend forme.

L’infirmerie, elle, doit enfin se vider. Kyrie Irving est attendu de retour. Sa création de jeu, son talent en un-contre-un, restent essentiels pour soulager Flagg. Mais tout tourne autour du prodige : si Flagg franchit le cap All-Star dès cette saison, Dallas tiendra peut-être enfin son nouveau visage, et un vrai point de départ.

Houston Rockets : Kevin Durant défie le temps, Marcus Smart apporte le ton

Houston a déjà montré les crocs. 52–20 la saison passée dans une Conférence Ouest dense au sommet, Kevin Durant à 25 points de moyenne, Amen Thompson qui éclot, Alperen Sengun qui prend une dimension de star. La campagne s’est pourtant arrêtée net au premier tour.

Le front office n’a pas paniqué. Pas de révolution, pas de ménage massif. Les Rockets assument : ce groupe-là est bon, très bon même. L’objectif est clair, rester dans la zone des 50 victoires et s’installer dans le top 5 de l’Ouest. À condition que quelques leviers s’activent.

Le premier, c’est le retour de Fred VanVleet, absent toute la saison passée pour rééducation. Son expérience et son sens du tempo manquaient cruellement. Pour se protéger, Houston a ajouté un autre meneur chevronné : Marcus Smart, champion défensif, leader vocal, garant d’un niveau d’exigence quotidien.

Le deuxième enjeu, c’est le temps qui file. Kevin Durant approche doucement des 38 ans, mais continue d’attirer les prises à deux et de faire plier les défenses. Houston le sait : tant qu’il reste ce scoreur craint, la fenêtre reste ouverte. Pour l’entourer, Bogdan Bogdanović arrive avec son adresse extérieure, l’une des plus fiables de la ligue derrière l’arc.

Reste la progression interne. Sengun doit encore élargir son registre, Thompson encore accélérer sa montée en puissance. Si ces deux-là franchissent un palier, avec ce mélange de jeunesse et de vétérans, Houston ne se contentera plus d’un simple tour de chauffe en playoffs.

Memphis Grizzlies : l’ère Ja Morant est close, place à Cameron Boozer

Memphis a passé une saison à l’envers. Un énorme trade autour de Jaren Jackson, les pépins physiques à répétition de Ja Morant, aucune continuité, aucun rythme. Bilan : 25–57, et les playoffs vus à la télévision.

La rupture attendue a fini par arriver. Ja Morant a été envoyé aux Trail Blazers, tournant définitif d’une époque qui avait fait vibrer la ville. Le départ de la superstar libère la franchise : Memphis peut enfin assumer une nouvelle identité.

Cette identité a un nom : Cameron Boozer. L’un des meilleurs joueurs du basket universitaire débarque avec tout ce qui compose un futur visage de franchise. Volume, caractère, impact des deux côtés du terrain. Memphis lui confie les clés du projet, sans détour.

Autour de lui, la reconstruction s’organise. Zach Edey, Cedric Coward et Jerami Grant – arrivé dans le cadre du deal Morant – composent un socle intrigant, entre taille, polyvalence et expérience. Les arrivées d’AJ Johnson, Karim López, Kris Murray, Quinten Post, Richie Saunders et Isaiah Stewart complètent une rotation en plein renouvellement.

Les Grizzlies ne se cachent pas : il s’agit moins de retrouver immédiatement le haut du tableau que de sculpter un style, une identité dure, compétitive, portée par Boozer. Le nombre de victoires suivra, si le pari sur ce nouveau leader tient ses promesses.

New Orleans Pelicans : stabilité forcée, question ouverte autour de Zion

À New Orleans, le simple fait de voir Zion Williamson disputer 62 matchs a presque eu valeur d’événement. Pour un ancien numéro 1 de Draft souvent freiné par les blessures, c’est une bouffée d’air. Pourtant, la saison s’est terminée comme trop souvent : 26–56, et une absence de plus en playoffs.

L’été n’a pas apporté de grand coup de tonnerre. Les Pelicans ont été parmi les équipes les plus discrètes du marché, se contentant de quelques ajustements : Jaron Pierre Jr. et Trendon Watford arrivent, Kevon Looney s’en va. Le vrai changement se trouve sur le banc.

Jamahl Mosley prend la main après son passage à Orlando. Sa mission ressemble étrangement à la précédente : façonner un noyau jeune, développer des talents encore bruts. À New Orleans, ce noyau s’articule autour de Derik Queen et Jeremiah Fears, deux pièces majeures du futur proche.

La grande interrogation, elle, concerne le reste du casting. Dejounte Murray, Jordan Poole, Trey Murphy : seront-ils les compagnons de route de ce projet, ou des monnaies d’échange à la prochaine grande vague de trades ? La réponse ne viendra pas tout de suite. La franchise a choisi de repousser les décisions fortes à l’approche de la deadline de février.

D’ici là, une espérance flotte : voir un All-Star émerger. Peut-être Queen, peut-être un autre… ou peut-être enfin Zion, à pleine puissance sur une saison entière.

San Antonio Spurs : Wembanyama en mission, Tobias Harris pour le titre

San Antonio a remis le nez dans les sommets. Portés par une saison de calibre MVP de Victor Wembanyama, les Spurs ont terminé à 62–20 et retrouvé les Finales NBA, un retour au premier plan que la franchise attendait depuis longtemps.

La série face aux Knicks a laissé un goût amer. Trop d’avances dilapidées, trop d’occasions manquées, et le trophée s’est envolé. Mais rien n’indique que cette fenêtre soit refermée. Au contraire : tout laisse penser que les Spurs ne font que commencer.

La rotation reste jeune, en pleine progression, avec Wembanyama comme centre de gravité. Le Français sort grandi de cet échec, visiblement touché par le titre manqué, mais encore plus déterminé. Un MVP finaliste qui revient vexé, c’est souvent une très mauvaise nouvelle pour le reste de la ligue.

San Antonio a profité de l’intersaison pour nourrir son fameux programme de développement. Maliq Brown, Tarris Reed Jr. et Jayden Quaintance rejoignent la filière intérieure, prêts à être polis dans l’ombre de Wemby. Mais la vraie pièce immédiatement prête, c’est Tobias Harris.

Auteur d’un passage solide à Detroit, Harris débarque avec un objectif limpide : jouer le titre. Son tir à mi-distance, sa capacité à punir les défenses qui se referment sur Wembanyama, s’intègrent parfaitement dans le puzzle. Il apporte aussi une expérience de vétéran, précieuse dans une équipe qui a déjà goûté aux Finales mais n’a pas encore su finir le travail.

Les Spurs ont échoué à conclure l’an dernier. Cette fois, avec un Wembanyama en mission et un Harris en quête de bague, combien de temps la fenêtre restera-t-elle ouverte pour le reste de la Southwest Division ?