Sonny Baker scelle le sort du Sri Lanka à 124
Sonny Baker ferme la porte : Sri Lanka s’écroule à 124
Sonny Baker n’a pas simplement terminé l’affaire. Il l’a bouclée avec une froideur clinique, balle après balle, jusqu’au dernier souffle de Sri Lanka, renvoyé pour 124.
Face à Dilshan Madushanka, la fin ressemblait à une exécution annoncée. Quatre balles, quatre points d’interrogation sans réponse. La cinquième, le couperet.
Baker commence cette 19e over avec un appel pour lbw. Plein, qui fuit vers la jambe, Madushanka joue autour de la ligne et est touché sur les pads. Les Anglais s’enflamment, mais la balle file clairement vers l’extérieur de la jambe. Pas de décision, mais un message : le tailender est coincé dans son crease, sans solution.
La suivante est un full-toss à 141 km/h, en plein sur les stumps. Madushanka ne bouge presque pas, plante les pieds, gratte une inside-edge sur les pads. Il survit, rien de plus. Baker, lui, monte en régime.
Balle suivante, longueur légèrement raccourcie, dans le couloir. Madushanka recule, se couvre, réussit juste à présenter la batte. Défense de survie. Le stade sent que ça ne tiendra pas longtemps.
Quatrième dot d’affilée : Madushanka s’écarte pour ouvrir le côté off, mais Baker le vise plein milieu et off, longueur sèche. Tentative de cut, contact en bout de batte, la balle retombe devant. Le batteur ne marque pas, n’avance pas, ne respire presque plus.
La pression finit par exploser sur la cinquième. Plein, dans la ligne des stumps, Madushanka dégage la jambe avant et tente le slog en force. Il veut l’arc de cercle, il récolte un leading edge. La balle monte vers mid-off. Harry Brook se place sous la trajectoire, tranquille, et referme les doigts. Pris. Zéro sur cinq pour Madushanka, Sri Lanka plié pour 124. Le « dernier clou dans le cercueil » n’est pas une formule, c’est exactement ce que Baker vient de planter.
Ce final n’est que l’aboutissement d’un travail entamé bien plus tôt par le même homme. Dès le premier over, Sonny Baker impose son ton.
Face à Pathum Nissanka, il varie les longueurs, joue avec la ligne, teste les réflexes. Une première balle courte qui rentre, Nissanka reste grand et frappe, mais trouve le cover-point. La suivante dévie vers la jambe, assez pour forcer Jos Buttler à une belle détente sur la gauche : wide, mais un signal sur la vitesse et le mouvement.
Nissanka se met finalement en marche avec un coup d’œil affûté. Hard length, qui rentre depuis l’extérieur de off, il attend, ouvre la batte et guide la balle juste à côté du short third pour un premier boundary. Un geste propre, presque trop facile. Baker, lui, ne se laisse pas impressionner. Il revient plein, puis bonne longueur, Nissanka bloque, renvoie au bowler. Rien de gratuit.
Lahiru Udara, à l’autre bout, découvre vite le côté le plus tranchant de Baker. Une première balle qui le square-up, la balle se redresse après le pitch, Udara s’en sort avec un simple vers third man. Puis vient la vraie rupture.
Sur 2.1, Baker passe round the wicket, longueur dure, extérieure. Udara veut imposer son tempo, tente de le tirer au-dessus de mid-wicket. Mauvais choix, mauvais contact. Top-edge, la balle monte derrière. Buttler part en arrière, légèrement sur la gauche, suit la balle dans le vent, la juge parfaitement et la capte avec une assurance glaciale. Lahiru Udara doit partir pour 10 sur 7 balles, deux fours seulement pour lancer l’espoir, aussitôt étouffé.
Le wicket change l’atmosphère. Baker sent le fil du match, insiste dans la même zone. Kamil Mishara subit à son tour : longueur dure qui rentre, il doit sauter presque sur place pour bloquer vers short mid-wicket. Sur la balle suivante, Baker raccourcit légèrement, la balle rentre encore, Mishara ferme la batte et pousse en avant du square côté jambe pour un simple. Rien de plus. L’over se termine avec Nissanka enfermé par des balles qui rentrent sur off, puis un skiddy back of a length à 144 km/h, dirigé sur off, que le batteur ne peut que guider tardivement vers le gully pour un simple. Un wicket, seulement deux runs : Baker vient de poser sa marque.
Nissanka tente par moments de briser l’étau. Sur 5.2, il avance, se met en mouvement. Baker lance plus plein, la balle swingue depuis l’extérieur de off vers la jambe. Nissanka marche vers lui et fouette avec un bottom hand féroce. La balle s’envole, portée par le vent, et file au-delà de la corde à deep backward square leg. Six net, magnifique geste, un des rares éclairs dans une poursuite qui s’effrite.
Baker, loin de se dérégler, répond avec calme. Plein sur off, Nissanka renvoie dans les mains du bowler, puis drive plein champ vers mid-off sur la suivante. Brook, capitaine engagé, se jette sur la droite, plonge à plat ventre et sauve quatre runs promis. Un effort qui vaut presque un wicket, tant il maintient la pression.
Charith Asalanka, lui, trouve à peine de l’air. Sur une balle pleine qui swingue depuis l’extérieur de off, il drive, mais Baker dévie sur sa propre parade, la balle file vers extra cover. Puis vient un back of a length à 141 km/h, qui rentre vers leg-stump : Asalanka ne peut que la bloquer du bord intérieur vers mid-wicket pour un simple. Il garde la frappe, mais pas le contrôle du récit.
Et ce récit, c’est Sonny Baker qui l’écrit. Ligne après ligne, longueur après longueur, il grignote le temps, les nerfs et les espoirs. Jusqu’à ce dernier over, où Dilshan Madushanka, prisonnier dans son crease, finit par céder à la panique et offre le dernier wicket.
Sri Lanka s’arrête à 124, étouffé par un rythme que Baker n’a jamais laissé faiblir. Une soirée où chaque balle a compté, et où un jeune quick a montré qu’il savait non seulement prendre des wickets, mais dicter la manière dont un innings se termine.




