Song Yadong renverse Umar Nurmagomedov à Shanghai
À Shanghai, la nuit où Song Yadong a fait exploser l’Arena
On attendait une démonstration clinique d’Umar Nurmagomedov. On a eu un chaos total, un renversement brutal, et un rugissement de foule comme on en entend rarement. UFC Shanghai a déroulé un long cortège de finitions spectaculaires, mais tout a convergé vers cette image : Nurmagomedov étendu au sol, sonné par un uppercut monstrueux de Song Yadong, le héros local.
Nelson refroidit la salle, puis la foule se réveille
La soirée s’ouvre calmement, presque trop. Meng Ding tente de mettre le feu, change de garde, travaille le corps, mais Cameron Nelson refuse le rythme et impose le sien. Le Canadien le couche au sol dès le premier round, s’installe en side control, puis en montée, et laboure le Chinois de frappes méthodiques.
Ding se révolte au troisième, défend mieux les amenées au sol, rentre au corps, multiplie les crochets et les genoux dans le clinch. Trop tard. Nelson arrache la décision unanime (29-28 sur les trois cartes) en patron pragmatique, sans panache mais avec maîtrise.
Polastri glace Xiong d’un high kick assassin
Le public n’a pas le temps de souffler. Jingnan Xiong avance, travaille le corps, varie les coups de pied, semble prendre confiance. Julia Polastri, elle, attend son moment. Clinch, genoux, pression au centre. Puis la faille.
Mains basses, garde ouverte, Xiong se fait cueillir par un high kick parfait. Impact plein visage. Les lumières s’éteignent instantanément. Pas besoin de frappe de sécurité. Polastri vient de signer l’un des K.-O. les plus violents de la soirée, à 3:06 du premier round.
Santiago et Nuzzi, deux finitions sans détour
Lawrence Lui pensait pouvoir boxer avec Hector Santiago. Mauvaise idée. Dès le premier round, le Brésilien lui démolit le corps, enchaîne jabs et crochets, marque le visage du représentant de City Kickboxing. Lui reste debout, mais vacille.
Le deuxième round ne dure pas. Une droite chirurgicale en ligne droite l’envoie au tapis, Santiago le poursuit au sol et termine le travail en moins d’une minute (0:53 R2). Simple, brutal, efficace.
Juste après, Francesco Nuzzi ne perd pas plus de temps. Long Xiao démarre fort avec un genou sauté, mais l’Italien garde son calme. Après une courte interruption pour un eye poke, Nuzzi déclenche une rafale de poings. Xiao tombe à genoux, submergé par une pluie de gauches. Herb Dean stoppe le carnage à 1:00 du premier round. Xiao, hagard, titube au point de presque sortir de la cage. Démonstration de puissance.
Woodson survit à la pression de Jenkins
Le duel entre Sean Woodson et Jack Jenkins ressemble à une partie d’échecs sous tension. Woodson, longiligne, arrose au jab, cisaille les jambes, fait tomber Jenkins une première fois sur un one-two précis. L’Australien répond par des crochets en rafale, mais laisse trop souvent son adversaire s’échapper de la cage.
Au deuxième, Jenkins inverse la dynamique au sol, prend le dos, travaille en half guard, marque des points. Tout se joue dans le troisième : Jenkins avance, matraque la jambe avant, trouve un high kick claquant, multiplie les combinaisons et les tentatives de projection. Woodson encaisse, contre par séquences, surtout en sortie de clinch.
Les juges tranchent en faveur de l’Américain, en split decision (29-28, 28-29, 29-28). Jenkins a cru avoir fait assez. Pas ce soir.
Tsuruya et Lima, deux étranglements pour marquer les esprits
Rei Tsuruya n’a pas laissé Kevin Borjas exister debout. Dès l’entame, le Japonais colle une lutte étouffante, le plaque en half guard, pilonne au sol, remonte dans le dos et verrouille un étranglement arrière propre, à 4:14 du premier round. Domination totale, sans frayeur.
Plus tard, Namsrai Batbayar résiste plus longtemps à Andre Lima, mais finit pris dans le piège. Le Brésilien contrôle le rythme, démolit la jambe et le corps du Mongol pendant deux rounds, le force à reculer en permanence. Batbayar tente une révolte au troisième, enchaîne low kicks et crochets, mais se jette mal.
Lima attrape la nuque, saute sur une guillotine, roule en full mount, resserre. Batbayar tape à 3:03 du dernier round. La pression constante a fini par ouvrir la porte.
Hasan frappe trop fort pour Rojas
Bilal Hasan entrait invaincu. Il en sort avec un statement. Face à Nilson Rojas, il impose immédiatement un tempo infernal : low kicks, high kick, front kick au corps, takedown, ground and pound précis. Le visage de Rojas se marque très vite, le nez saigne abondamment.
Le Colombien tente de renverser la vapeur au deuxième, fait tomber Hasan sur un push kick au buste, trouve quelques enchaînements au corps et à la tête. Juste au moment où le combat semble s’équilibrer, Hasan décroche une droite monstrueuse au-dessus de la garde. Rojas s’effondre, un dernier crochet en transition debout-sol scelle le sort du combat à 2:28 du deuxième round.
Liu offre un highlight à domicile
Ce Liu n’avait pas envie de laisser les juges s’en mêler. Face à Levi Rodrigues, le Chinois découpe la jambe de son adversaire, arrose le corps de kicks, puis le fait vaciller avec une droite lourde. Rodrigues tente d’avancer, de boxer, mais se fait contrer à chaque échange.
Un premier knockdown sur un overhand right donne le ton. Rodrigues se relève, chancelant. Liu sent l’odeur du sang. Jab, jab, droite, puis un crochet droit foudroyant. Le Brésilien s’écroule face contre terre, inconscient, à 4:26 du premier round. L’Arena explose.
Mudaerji fait dérailler le plan de Perez
Su Mudaerji et Alex Perez se connaissent. Le Tibétain le montre d’entrée : travail clinique sur la jambe intérieure, front kicks au corps, jabs propres. Perez répond par les amenées au sol, mais se heurte à une défense active, des coudes et un contrôle qui limitent les dégâts.
Le deuxième round tourne en faveur de l’Américain, plus insistant en lutte, plus présent au-dessus en ground and pound. Il grignote, accumule les points. Tout se joue dans le dernier acte.
Mudaerji reprend le centre, pique la jambe encore et encore, allume au jab, empêche Perez de rentrer proprement sur ses hanches. Les tentatives de single-leg se brisent contre la défense chinoise, qui finit même par gagner un scramble et revenir debout. En fin de combat, Mudaerji tente un flying knee, un spinning wheel kick, sans succès, mais le message est clair : c’est lui qui dicte. Décision unanime pour le local (29-28 sur les trois cartes).
Asakura frappe fort, très fort
Kai Asakura et Qileng Aori se jaugent longtemps. Le Japonais travaille la jambe intérieure, le corps, le jab. Aori répond par quelques droites par-dessus, un clinch prolongé contre la cage, mais sans vraie menace. Premier round pour Asakura, plus propre, plus précis.
Le deuxième ne dure pas. Aori envoie un front kick au corps. Asakura réplique par une droite au corps, puis un overhand gauche. La tête de l’icône chinoise vacille. Le high kick derrière est terrible. Aori s’effondre, se couvre, subit une pluie de coups au sol. Ribeiro intervient à 0:34 du round 2. Asakura vient de rappeler pourquoi sa réputation de finisseur n’est pas usurpée.
Gomes fait taire l’Arena avec un coude meurtrier
Co-main event. Denise Gomes face à Xiaonan Yan, l’ancienne prétendante au titre, portée par un public entièrement acquis à sa cause. Yan démarre en kickboxeuse disciplinée : low kicks, side kicks au corps, jab. Gomes répond par un high kick soudain, puis par des rafales de poings qui font reculer la Chinoise.
Yan se ressaisit, réplique avec ses propres overhands, trouve son jab, touche en contre. Le combat devient un échange de plomb. Les deux s’installent au centre, s’empoisonnent mutuellement à coups de droites dures et de low kicks.
Puis Gomes déclenche l’arme du soir. Un coude droit en plein centre de la cage, lancé court, sec, sans avertissement. Yan s’effondre sur les genoux, sonnée, subissant encore des frappes puissantes. L’arbitre stoppe à 4:49 du premier round. Silence pesant dans la salle. La Brésilienne vient de faire tomber l’une des chouchoutes du public, avec une finition qui restera.
Song Yadong renverse la dynastie Nurmagomedov
Tout menait à ça. Umar Nurmagomedov, 20-1, aura de nouveau la ceinture en ligne de mire en cas de victoire. Song Yadong, idole locale, porte sur ses épaules l’espoir d’une grande nuit chinoise.
Le premier round suit le script attendu : low kick de Nurmagomedov, double-leg propre, contrôle en half guard, ground and pound mesuré, mais régulier. Song se relève en fin de reprise, trouve un coup au corps, mais laisse logiquement le round au Daghestanais.
Le deuxième commence de la même façon. Low kick intérieur, high kick claquant pour Nurmagomedov, tentative de takedown avortée. Les deux hommes se heurtent tête contre tête, une coupure profonde s’ouvre au-dessus de l’œil droit de Song. Le danger plane : un arrêt médical n’est pas loin.
Et puis, tout bascule.
Song, dos au mur, déclenche un uppercut droit monstrueux, juste derrière l’oreille. Nurmagomedov s’effondre, déjà inconscient. Le Chinois se jette sur lui, envoie quelques hammerfists, l’arbitre intervient. 1:48 du deuxième round. L’Arena explose dans un vacarme assourdissant.
La série de Nurmagomedov s’arrête net. La montée en puissance de Song, elle, prend une nouvelle dimension. Dans une catégorie bantamweight surchargée de talents, cette nuit à Shanghai pourrait bien rester comme le moment où le Chinois a cessé d’être une promesse pour devenir une menace directe pour le sommet.




