Serie A : Records en jeu pour Inter, Roma, Juventus et Lazio
Inter, Roma, Juventus… Une journée de Serie A sous le signe des records
Inter – Napoli, un but pour entrer dans l’histoire
Inter s’avance face à Napoli avec une idée fixe : marquer. Un simple but, mais un but qui changerait les livres d’histoire.
Le club nerazzurro a trouvé la faille lors de chacun de ses 16 derniers duels de Serie A contre Napoli. D’après les données Opta, aucune équipe n’a jamais réussi à marquer lors de 17 confrontations consécutives face aux Napolitains. Un but, et Inter s’installerait seul au sommet de ce registre très particulier.
L’enjeu ne s’arrête pas là. Une victoire offrirait aux hommes de Simone Inzaghi leur premier départ à trois succès de rang en championnat depuis la saison 2023-2024, après avoir déjà pris le maximum de points sur les deux premières journées.
Au cœur du tableau, un chef d’orchestre : Hakan Calhanoglu. Le milieu turc a marqué lors des deux premiers matches. S’il frappe encore samedi, il deviendra le premier milieu de terrain de l’histoire d’Inter à inscrire au moins un but lors de chacune des trois premières journées d’une même saison. Un jalon individuel dans un club qui a vu passer des générations de meneurs.
En face, Napoli ne vient pas en victime désignée. Le club du Sud reste sur cinq rencontres de Serie A sans défaite contre Inter, avec une victoire et quatre nuls. Une série qu’il n’a jamais portée à six matches consécutifs sans revers depuis la période 2013-2015. Le défi est clair : prolonger l’invincibilité, briser la série de buts encaissés, empêcher Inter d’écrire une nouvelle ligne de gloire.
L’histoire globale penche pourtant lourdement vers Milan : 70 victoires pour Inter, 48 défaites et 42 nuls, avec 229 buts marqués dans cette affiche, total dépassé uniquement par Juventus face à Napoli. Le poids de la tradition contre l’obstination d’une série récente : le décor est planté.
Roma – Atalanta, l’attaque en feu face au cauchemar noir et bleu
Roma a allumé un incendie offensif. Deux matches, deux victoires 4-0. Huit buts marqués, aucun encaissé. Les Giallorossi ne sont que la troisième équipe de l’histoire de la Serie A à démarrer une saison avec au moins huit réalisations sans en concéder une seule sur les deux premières journées.
Les archives ouvrent même une porte plus grande : la dernière équipe à avoir atteint neuf buts ou plus sans en encaisser sur ses trois premiers matches reste Juventus en 1983-1984. Roma se tient à une marche de cette performance, à condition de poursuivre ce départ parfait.
Mais la réalité du terrain porte un autre nom : Atalanta. Une bête noire, au sens strict. Le club de Bergame reste sur huit rencontres de Serie A sans défaite face à Roma, avec six victoires et deux nuls, la plus longue série d’invincibilité de son histoire dans ce duel. Et ce n’est pas le Stadio Olimpico qui effraie les hommes de Gian Piero Gasperini : Roma ne s’y est imposée qu’une seule fois lors de ses douze dernières réceptions d’Atalanta, pour six nuls et cinq défaites.
La dynamique romaine se heurte donc à un mur statistique.
Atalanta ne vient pas seulement pour défendre une tradition, mais aussi pour en bâtir une nouvelle. Un succès à Rome lui offrirait trois victoires en trois journées pour la première fois depuis la saison 2020-2021. Au cœur de cette ambition, un finisseur : Donyell Malen. Avec 19 buts lors de ses 20 premiers matches de Serie A, l’attaquant se situe dans des sphères rarissimes. Seuls Gunnar Nordahl et José Altafini ont fait mieux à ce stade, avec 20 buts en 20 rencontres.
Un autre fil rouge traverse cette affiche : Lazar Samardzic. Le milieu a marqué lors de chacune de ses six saisons de Serie A. S’il délivre une passe décisive contre Roma, il deviendra le plus jeune joueur depuis 2004-2005 à avoir à la fois marqué et offert au moins un but sur six saisons différentes. Une constance précoce qui pèse déjà dans les chiffres du championnat.
Entre une Roma flamboyante mais hantée par son adversaire et une Atalanta qui se nourrit de ces grandes soirées, la série de l’un des deux devra céder.
Juventus – Milan, la grande affiche sous cloche
Sur l’affiche, les noms claquent : Juventus contre Milan. Sur le terrain, ces dernières années, le tableau d’affichage reste muet.
Quatre des cinq derniers duels entre les deux géants se sont terminés sur un 0-0, dont les deux plus récents. Jamais ce choc n’a enchaîné trois matches consécutifs sans le moindre but. Les deux clubs n’ont plus connu une série plus longue de nuls depuis les quatre partages de rang enregistrés entre 1973 et 1974.
Derrière ce silence offensif, se cache une solidité défensive impressionnante côté bianconero. Juventus n’a pas encaissé le moindre but lors de ses six dernières confrontations de Serie A contre Milan. Pour les Rossoneri, c’est une première historique : jamais ils n’étaient restés aussi longtemps sans marquer contre un même adversaire dans la compétition.
Le début de saison confirme cette identité. Juventus a gagné ses deux premiers matches 1-0 et 2-0. Une nouvelle rencontre sans encaisser de but offrirait au club turinois une série de trois clean sheets d’entrée de championnat pour seulement la deuxième fois au cours des dix dernières saisons.
Milan arrive avec une autre forme d’ambition : signer un troisième succès consécutif pour lancer sa saison, ce qui ne serait rien de moins qu’une quatrième occurrence sur les sept dernières campagnes. Une régularité retrouvée, un signe de stabilité dans un club longtemps en reconstruction.
Un homme connaît bien ces soirées : Nico Gonzalez. L’ailier a été décisif à trois reprises lors de ses quatre dernières réceptions de Milan, avec un but et deux passes décisives. Un profil capable de faire basculer une rencontre longtemps verrouillée par les défenses.
Reste une question simple : qui brisera le premier ce sortilège de 0-0 ?
Lazio – Udinese, un départ inédit à préserver
Lazio n’avait jamais commencé une saison comme celle-ci. Deux matches, deux victoires, deux clean sheets, deux succès par deux buts d’écart. Une entrée en matière clinique, presque chirurgicale.
Le club romain vise désormais un troisième succès de rang pour ouvrir son championnat, un scénario qui ne s’est produit que deux fois dans son histoire, en 1974-1975 et en 2012-2013. La perspective d’entrer dans un cercle très restreint plane sur le vestiaire.
Face à cette ambition, Udinese avance avec des arguments bien réels. Le club du Frioul a évité la défaite lors de huit de ses dix dernières confrontations contre Lazio. Et ce stade ne lui fait pas peur : sur ses treize derniers déplacements chez les Biancocelesti, Udinese est repartie sans défaite à douze reprises, avec huit victoires et quatre nuls.
Lazio joue donc contre l’adversaire, contre l’histoire récente, et pour une place dans ses propres archives.
Genoa – Como, Dovikas à la poursuite de l’ombre d’Osimhen
À Genoa, un autre fil statistique se tisse, plus discret mais tout aussi révélateur. Tsous Dovikas peut rejoindre un ancien roi de Naples, aujourd’hui à Galatasaray : Victor Osimhen.
L’attaquant a marqué lors de ses cinq derniers matches de Serie A à l’extérieur. Un sixième but de rang loin de ses bases lui permettrait d’égaler la série réalisée par Osimhen en 2023. Un parallèle qui en dit long sur la régularité et l’instinct de buteur du joueur, dans un championnat où le moindre détail finit par compter.
Des records à battre, des malédictions à briser, des séries à prolonger : cette journée de Serie A ne se joue pas seulement sur le terrain, mais aussi dans la mémoire d’un championnat qui n’oublie rien.




