Serena Williams : l'Empire qui Domine le Sport Féminin
Serena Jameka Williams n’a plus disputé une saison complète depuis longtemps, mais son ombre continue de recouvrir tout le sport féminin. Avec une fortune estimée à 400 millions de dollars par Forbes en juin 2026, elle n’est pas seulement la joueuse de tennis la plus riche de l’histoire. Elle est, de très loin, la sportive la plus fortunée de tous les temps.
Le chiffre donne le vertige. Il écrase la concurrence, passée et présente. Coco Gauff, aujourd’hui athlète féminine la mieux payée par année, tourne à environ 33 millions de dollars de revenus annuels. Impressionnant pour une joueuse de 21 ans. Mais en patrimoine accumulé, l’écart avec Serena ressemble encore à un gouffre.
Un classement dominé par le tennis
Derrière Serena Williams, la hiérarchie financière du sport féminin raconte une histoire claire : le tennis reste la grande machine à fabriquer des fortunes.
En deuxième position, Maria Sharapova culmine à environ 175 millions de dollars. Pendant plus d’une décennie, la Russe a régné sur les classements de revenus, mélangeant titres du Grand Chelem, contrats géants avec Nike, Porsche, Head, TAG Heuer ou Evian, et lancement de sa marque de confiseries Sugarpova. À sa retraite en 2020, elle avait déjà consolidé près de 300 millions de dollars de gains cumulés entre prize money et sponsoring.
Juste derrière, Venus Williams affiche un patrimoine estimé à 95 millions de dollars. Sept titres du Grand Chelem en simple, cinq sacres à Wimbledon, 42,8 millions de dollars de prize money en carrière, mais aussi un rôle central dans la bataille pour l’égalité des dotations en tournois majeurs. Sa fortune s’appuie aussi sur ses entreprises, de la marque de vêtements EleVen à l’agence de design d’intérieur VStarr Interiors, sans oublier un podcast commun avec Serena, Stockton Street, lancé en 2025.
Au pied du podium, Danica Patrick fait figure d’exception. Avec 80 millions de dollars, l’ancienne star de NASCAR et d’IndyCar est la non-tenniswoman la plus riche du classement. Seule femme à avoir remporté une course IndyCar (Indy Japan 300 en 2008), elle a transformé cette singularité en marque ultra-reconnaissable. Ses partenariats de longue durée avec GoDaddy, Coca-Cola ou Peak lui ont rapporté bien plus que ses résultats en piste. Retraitée depuis 2018, elle continue de diversifier ses investissements, notamment dans la ligue de basket féminin Unrivaled, annoncée début 2025.
Naomi Osaka (45 millions de dollars estimés) symbolise, elle, la nouvelle génération de super-marques sportives. Entre 2019 et 2025, elle a engrangé environ 230 millions de dollars, dont seulement 25 millions sur le court. Le reste vient d’un empire en construction : agence Evolve, marque de soins KINLÒ, société de production Hana Kuma. Trois années de suite, elle a dominé le classement Forbes des sportives les mieux payées, culminant à 57,3 millions de dollars sur une seule année en 2021.
Annika Sörenstam, reine du golf féminin, pointe à 40 millions de dollars. Ses 72 titres sur le LPGA Tour, dont 10 majeurs, n’expliquent qu’une partie de sa richesse. L’autre se trouve dans un écosystème bâti après sa retraite en 2008 : design de parcours, label de vin, Annika Foundation, et des contrats Rolex ou Callaway qui ont survécu à sa carrière à plein temps.
Simone Biles, avec environ 30 millions de dollars, incarne un cas rare dans une discipline historiquement peu lucrative. La gymnaste la plus titrée de l’histoire a transformé ses exploits – et sa prise de parole sur la santé mentale lors des Jeux de Tokyo 2020 – en puissance commerciale. Audemars Piguet, Lilly, Nulo Pet Food, K18, GK Elite, Spieth America : la liste de ses partenaires s’allonge, tandis que le documentaire Netflix Simone Biles Rising, nommé aux Emmy, renforce encore sa stature.
Coco Gauff, déjà estimée à 28 millions de dollars de patrimoine, avance à une vitesse différente. Numéro 1 du classement Forbes 2025 des sportives les mieux payées, elle a empoché 33 millions de dollars sur cette année-là, dont 8 millions sur le court, boostés par un titre à Roland-Garros, et 25 millions hors du court avec New Balance, Bose ou Baker Tilly. À 21 ans, sa fortune totale reste encore inférieure à ses gains annuels, signe d’une trajectoire en pleine accélération.
Lindsey Vonn, avec 28 millions de dollars, reste la skieuse alpine américaine la plus décorée de l’histoire : quatre gros globes de cristal, un titre olympique à Vancouver en 2010, et une image forte, construite sur la durée. Ses accords avec Red Bull, Under Armour et Rolex ont pesé lourd dans son patrimoine, qu’elle continue d’entretenir via des campagnes publicitaires et des projets médiatiques depuis sa retraite en 2019.
Ronda Rousey referme ce Top 10 avec 25 millions de dollars. Première femme à porter une affiche UFC en pay-per-view, première intronisée au Hall of Fame de l’UFC en 2018, elle a fait exploser les frontières entre MMA, WWE et Hollywood. Reebok, Monster Energy, multiples apparitions à l’écran, puis la sortie de son livre Our Fight: A Memoir en 2024 : ses années de pointe, entre 2014 et 2016, l’ont propulsée parmi les athlètes les plus reconnaissables au monde.
Serena, bien plus qu’une championne
Au sommet, Serena Williams joue dans une autre catégorie. Ses 94,8 millions de dollars de prize money en carrière – record absolu sur le circuit WTA – ne représentent qu’une partie de l’histoire. Derrière les 23 titres du Grand Chelem en simple (7 Australian Open, 3 Roland-Garros, 7 Wimbledon, 6 US Open) se cache une machine économique redoutable.
Sur les douze derniers mois seulement, Serena a encore généré environ 50 millions de dollars avant impôts et frais. Dix contrats de sponsoring de long terme – Audemars Piguet, Lincoln, Nike, Wilson, entre autres – continuent de tourner, malgré sa retraite officielle en 2022.
Surtout, elle a déplacé le centre de gravité de sa fortune vers l’investissement. À la tête de Serena Ventures, elle a levé 111 millions de dollars pour son premier fonds, investi dans 16 entreprises, et détient des parts minoritaires dans les Miami Dolphins, Angel City FC et la franchise WNBA Toronto Tempo. Un portefeuille qui s’étend aussi à l’immobilier, de la Floride à Paris, et prolonge son influence bien au-delà des courts.
Un modèle économique à part
Ce classement met à nu un constat brutal : chez les plus grandes, l’argent ne vient pas d’abord du jeu. Pour les sportives les mieux payées, environ 70 % des revenus proviennent des endorsements, contre seulement 35 % chez les hommes les mieux rémunérés. La prime à l’image, à la narration, au marketing.
Seules cinq femmes dans l’histoire du sport ont déjà franchi la barre des 30 millions de dollars sur une année : Naomi Osaka, Serena Williams, Coco Gauff, Maria Sharapova et Aryna Sabalenka. Un club minuscule, qui souligne à la fois les progrès réalisés et le retard structurel accumulé.
En 2025, un record de 15 sportives ont dépassé les 10 millions de dollars de revenus annuels (salaires, prize money, sponsoring confondus), contre seulement six en 2023. La dynamique est là. Les montants, encore loin des sommets masculins, commencent néanmoins à changer d’échelle.
Et maintenant ?
Serena Williams reste, pour l’instant, intouchable tout en haut, avec son empire de 400 millions de dollars. Maria Sharapova, Venus Williams, Danica Patrick ou Annika Sörenstam ont verrouillé leur place dans l’histoire, chiffres à l’appui.
Derrière, Naomi Osaka reconstruit sa trajectoire, Coco Gauff accélère, Simone Biles continue d’élargir son impact, tandis que de nouvelles stars – du tennis, du football, de la gymnastique ou d’ailleurs – frappent déjà à la porte.
La question n’est plus de savoir si une femme atteindra un jour le niveau de fortune des plus grandes icônes masculines. Elle est de savoir laquelle osera, la première, dépasser même l’empreinte laissée par Serena Williams.




