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Sanction historique des Clippers : Adam Silver réagit

Adam Silver frappe fort. Très fort. Et il sait que cela ne fera pas que des heureux à Los Angeles.

Le commissionnaire de la NBA a confirmé que la ligue avait puisé dans son propre passé pour justifier la sanction historique infligée aux Los Angeles Clippers : cinq choix de premier tour de draft retirés pour contournement des règles de salary cap. Un coup de massue sportif, assumé mais décrit comme douloureux.

« Je pense que c’est, d’une certaine manière, la partie la plus difficile dans l’arbitrage de ces différends », a expliqué Silver, mardi, à l’issue de deux jours de réunion du Board of Governors.

Il insiste sur l’équilibre fragile entre fermeté réglementaire et respect du tissu émotionnel de la ligue : les fans.

Le précédent Minnesota comme boussole

Pour justifier cette décision, Silver a rappelé un cas déjà gravé dans la mémoire de la NBA : les Minnesota Timberwolves, eux aussi privés de cinq choix de premier tour dans une affaire de contournement du salary cap. Ce précédent a servi de repère direct.

La ligue estime que les Clippers ont outrepassé les règles sur le salary cap au bénéfice de Kawhi Leonard, à l’issue d’une enquête qui s’est étalée sur un an. La franchise a nié avec vigueur pendant toute la procédure. La NBA, elle, a tranché.

Résultat : une série de sanctions massives.

  • Un an de suspension pour le propriétaire Steve Ballmer.
  • Une amende de 30 millions de dollars US.
  • Cinq choix de premier tour confisqués.
  • Et d’autres mesures annexes qui viennent encadrer encore davantage les opérations de la franchise.

Silver assure toutefois qu’il ne s’attend pas à des dégâts irréversibles pour l’organisation. Pas de « dommage permanent » selon lui. Mais personne à Los Angeles ne peut minimiser l’ampleur du recul sportif que représentent cinq premiers tours de draft envolés.

Les fans, victimes collatérales

C’est là que le ton du commissionnaire se fait plus grave.

« Bien qu’il doive y avoir des conséquences compétitives si, selon nous, ces règles sont violées, nous voulons toujours rester une ligue à 30 équipes et nous reconnaissons que, d’une certaine façon, nous punissons malheureusement aussi les fans de cette équipe », a-t-il reconnu.

La phrase en dit long. La NBA veut protéger l’intégrité de son système, en particulier dans une ère où chaque dollar de salary cap, chaque exception, chaque marge de manœuvre peut décider d’un titre ou d’une reconstruction. Mais chaque sanction de cette ampleur laisse une trace chez ceux qui remplissent les tribunes.

Leonard repart, Ballmer encaisse

Dans ce contexte brûlant, un autre dossier s’est bouclé : le trade renvoyant Kawhi Leonard aux Toronto Raptors a été officiellement finalisé lundi, après l’approbation habituelle de la ligue. Un retour qui referme un chapitre court et tumultueux pour la superstar avec les Clippers.

Steve Ballmer, lui, a choisi de ne pas entrer dans un bras de fer avec la NBA. Le propriétaire a indiqué plus tôt dans la semaine qu’il acceptait les sanctions. L’amende, assure-t-il, est déjà payée. Reste la suspension d’un an, qui éloigne l’un des propriétaires les plus visibles et les plus passionnés du paysage quotidien de la ligue.

Un siège vide au Board of Governors

Symbole de la tempête en cours : les Clippers n’étaient même pas représentés à la réunion du Board of Governors, a précisé Silver. La franchise cherche encore un gouverneur intérimaire pour assurer la liaison avec la ligue pendant la suspension de Ballmer.

La sanction est tombée, la page réglementaire est tournée du côté de la NBA. Pour les Clippers, en revanche, l’histoire ne fait que commencer : il va falloir reconstruire une trajectoire compétitive amputée de cinq premiers tours de draft, sous le regard d’une base de fans qui paie le prix des excès de son propre club.