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La saison WTA en Asie : Singapour et Séoul en lumière

La saison WTA bascule en Asie : Singapour monte en gamme, Séoul s’ouvre

Le rideau vient à peine de tomber sur l’US Open que déjà, le circuit féminin se déplace à l’autre bout du globe. L’automne, en WTA, commence en Asie. Cette année, le centre de gravité se fixe très clairement sur Singapour et Séoul.

Singapour passe dans une autre dimension

Le Singapore Open change de catégorie et change d’allure. Promu de WTA 250 à WTA 500, le tournoi attire soudain un plateau à la hauteur de ses nouvelles ambitions, avec davantage de points, davantage d’enjeu, davantage de regards braqués sur les courts.

L’épreuve, aussi appelée Singapore Tennis Open, a pourtant une histoire en pointillés. Lancée en 1986, elle n’a pas couronné 40 championnes. Loin de là. Elle a disparu du calendrier entre 1991 et 1993, puis de 1995 à 2024. Un long trou noir avant une renaissance en 2025. Cette année-là, Elise Mertens avait profité du retour de l’épreuve pour inscrire son nom au palmarès. Elle revient en 2026 en tant que tête de série n°4, avec un statut de tenante du titre à assumer dans un contexte bien plus relevé.

L’édition 2026 devait s’appuyer sur la présence de Jessica Pegula, demi-finaliste à l’US Open et tête de série n°1 annoncée. Son forfait change la physionomie du tableau, mais pas le niveau. La place de favorite glisse naturellement vers Mirra Andreeva, sacrée à Roland-Garros cette saison et désormais nouvelle tête de série n°1. À 19 ans, la Russe arrive avec le poids d’un titre du Grand Chelem et la curiosité générale tournée vers elle.

Derrière, le danger vient de partout. Amanda Anisimova, tête de série n°2, reste capable de coups d’éclat sur dur, avec ce jeu offensif qui peut balayer un tableau en quelques jours. En n°3, Alexandra Eala porte, elle, bien plus qu’un simple numéro à côté de son nom.

Alexandra Eala, phénomène au-delà du court

Eala ne se contente plus de faire parler d’elle raquette en main. À Singapour, sa présence déclenche une véritable vague. La joueuse philippine, déjà très suivie en Asie, se retrouve au cœur d’une opération marketing rare sur le circuit : Nike a lancé une ligne de produits à son nom, ornés de la fleur nationale des Philippines, la sampaguita.

Le résultat est spectaculaire. Des files d’attente interminables devant la boutique, des fans patients pendant des heures pour mettre la main sur un t-shirt, une casquette, un signe d’appartenance. On ne vient plus seulement voir Eala jouer, on vient la représenter. Une star régionale en train de devenir une figure mondiale ? La question ne se pose presque plus à Singapour, où chaque apparition de la joueuse tourne à l’événement.

Sur le court, la pression sera immense. Tête de série n°3 dans un WTA 500, dans une ville en pleine effervescence autour de son nom : le décor est planté. Reste à voir si elle transformera cette ferveur en résultats.

Séoul, un 250 qui compte

Plus au nord, le Korea Open garde son statut de WTA 250, mais pas son anonymat. La présence de Jelena Ostapenko en tête de série n°1 suffit à donner du relief au tableau. La championne de Grand Chelem, capable de séquences de jeu dévastatrices, apporte une vraie signature à l’épreuve.

Le tournoi de Séoul n’offre pas le même volume de points que Singapour, pourtant il joue un rôle clé dans cette fin de saison : celles qui visent un dernier bond au classement ou une place aux grandes finales de fin d’année savent que chaque match gagné compte. Un titre en WTA 250, en septembre, peut sauver une saison ou en relancer une autre.

Une tournée asiatique déjà décisive

Entre un Singapore Open qui change de dimension et un Korea Open emmené par une lauréate en Grand Chelem, la tournée asiatique ne ressemble pas à une simple parenthèse après New York. Elle devient un carrefour.

Pour Mirra Andreeva, l’enjeu est clair : confirmer son statut de nouvelle reine de terre battue en s’imposant aussi sur dur dans un WTA 500. Pour Elise Mertens, défendre un titre dans un tournoi métamorphosé dira beaucoup de sa capacité à rester dans le haut du panier. Pour Alexandra Eala, la question dépasse le tennis : peut-elle porter sur le court le poids d’une ferveur populaire qui, à Singapour, a déjà débordé les tribunes ?