Rybakina en route vers la numéro 1 après avoir balayé Osaka
À Flushing Meadows, la nuit appartient à Elena Rybakina. Et elle le sait.
À une victoire de détrôner Aryna Sabalenka et de s’emparer de la place de numéro 1 mondiale, la Kazakhe ne se cache plus. Interrogée après avoir balayé Naomi Osaka en 66 minutes, elle a lâché ce que toutes les prétendantes pensent tout bas : ce sommet-là, elle le vise frontalement. « Bien sûr que je le veux. Je ne connais personne qui ne le souhaiterait pas. C’est clairement l’un de mes objectifs », a-t-elle posé, sans détour. Puis cette phrase, presque comme un avertissement : si elle démarre les matches comme celui-là, elle se voit « avec toutes les chances » de devenir numéro 1. À New York, ce n’est plus un rêve lointain, c’est un compte à rebours.
Osaka balayée, Rybakina en patronne
Le tableau d’affichage est brutal : 6-1, 6-4. Le contenu l’est encore plus. Naomi Osaka, de retour sur la grande scène, n’a jamais vraiment trouvé la clé pour déranger la numéro 2 mondiale. La Japonaise a bien tenté de résister, de s’accrocher, mais chaque éclair de révolte s’est fracassé sur le même mur : le service de Rybakina.
Sa mise en jeu a dicté la rencontre. Rythme, précision, poids de balle : tout y était. Osaka n’a presque jamais eu le temps d’installer ses enchaînements, étouffée par des premières balles qui claquent et des secondes agressives. Le premier set a filé en 6-1, sans suspense, devant une foule pourtant prête à s’enflammer pour un bras de fer.
Le deuxième acte a semblé offrir un peu d’air à Osaka. Elle a mené, elle a tenté de s’accrocher, elle a même laissé croire à un troisième set. Mais chaque fois que la porte s’entrouvrait, Rybakina la refermait d’un ace, d’un service gagnant, d’un point expédié en deux frappes. La différence de puissance et de sérénité derrière la ligne de fond a fini par peser lourd.
Ce niveau-là n’est pas passé inaperçu. L’ancienne championne australienne Jelena Dokic n’a pas hésité : pour elle, Rybakina est désormais la grande favorite pour le titre à New York. Difficile de la contredire après une telle démonstration.
Prochaine étape : un quart de finale face à Qinwen Zheng. Et là, l’histoire devient encore plus intéressante.
Zheng renverse Świątek et change le décor
Si Rybakina avance avec l’assurance d’une future numéro 1, Qinwen Zheng, elle, débarque lancée à pleine vitesse. La Chinoise de 23 ans a fait tomber un monument : Iga Świątek, six fois titrée en Grand Chelem, sortie en deux sets secs, 7-5, 6-3.
Ce n’est pas tant la victoire qui frappe que la manière. Menée 5-0 dans le premier set, Zheng semblait promise à une correction. Le public regardait déjà ailleurs, habitué aux démarrages écrasants de la Polonaise. Puis tout a basculé.
Point après point, Zheng a grignoté son retard. Elle a tenu l’échange, osé les prises de risque, retrouvé son timing sur ce court central qu’elle n’avait plus foulé « depuis longtemps », comme elle l’a rappelé. À 0-5, il n’y avait plus grand-chose à espérer. À 7-5 pour Zheng, le stade était debout, incrédule.
« Revenir de 0-5, ce n’est pas de la chance », a-t-elle lancé, lucide. Elle a parlé de rythme retrouvé, de matches qui s’enchaînent, de confiance qui monte. Et cela se voit. Après avoir déjà dominé Świątek pour décrocher l’or olympique en 2024, Zheng confirme qu’elle n’est plus une surprise, mais une menace durable.
Le deuxième set n’a fait que valider cette impression : 6-3, avec une emprise de plus en plus nette dans l’échange. Świątek a reculé, Zheng a avancé. Simple, implacable.
Un quart de finale électrique en perspective
Rybakina contre Zheng, ce n’est pas seulement un quart de finale. C’est un choc de trajectoires. D’un côté, une championne déjà installée au sommet, en route vers le trône mondial. De l’autre, une joueuse en plein envol, qui accumule les scalps de top 10 et qui joue sans complexe sur les plus grandes scènes.
Rybakina arrive avec la puissance et l’autorité. Zheng, avec la confiance d’avoir déjà renversé Świątek deux fois dans des contextes majeurs et la sensation d’être « gonflée à bloc » pour la suite. Leur duel dira beaucoup : si la Kazakhe passe, la place de numéro 1 se rapprochera dangereusement. Si Zheng frappe encore, le tableau féminin pourrait basculer dans une nouvelle ère, plus ouverte, plus imprévisible.
À New York, les nuits appartiennent souvent à celles qui osent. Rybakina et Zheng ont montré qu’elles n’avaient pas l’intention de se contenter d’un rôle secondaire. La prochaine à sortir de ce bras de fer pourrait bien prendre, pour de bon, le contrôle du tournoi.




