Rybakina bat Gauff et affronte Sabalenka en finale de l'US Open
Elena Rybakina n’a pas seulement battu Coco Gauff. Elle a fait taire Arthur Ashe Stadium. Dans un vacarme taillé pour la star américaine, la Kazakh a retourné une demi-finale mal embarquée pour s’offrir une finale de rêve à l’US Open face à Aryna Sabalenka, tenante du titre, victorieuse un peu plus tôt de Jessica Pegula.
Un choc, un vrai. Et un décor parfait : Sabalenka à une victoire d’un incroyable triplé à Flushing Meadows, Rybakina en quête d’un troisième titre du Grand Chelem.
Rybakina renverse Gauff et le public
Portée par une foule en fusion où l’on apercevait notamment Michelle Obama, Coco Gauff a démarré comme une patronne. Solide en retour, agressive en coup droit, elle a vite trouvé la faille dans le jeu de Rybakina, breakant dans le sixième jeu pour filer vers un premier set maîtrisé 6-3.
Rybakina subit, recule, arrose. Gauff, elle, absorbe la puissance, renvoie tout, provoque la faute. Le scénario semble écrit : la favorite locale vers une nouvelle finale, la Kazakh condamnée à subir.
Mais le match bascule. Rybakina se calme, respire, comme elle l’a raconté sur le court : elle se parle, se force à rester positive, à « se battre et essayer de montrer du bon tennis ». Les nerfs lâchent un peu côté américain, les fautes directes s’accumulent. Gauff se dérègle, surtout en deuxième balle, et la n°4 mondiale laisse filer des occasions précieuses.
Rybakina, elle, ne rate plus. Elle capitalise sur ces jeux brouillons, impose enfin sa cadence en fond de court, et recolle à une manche partout en empochant le deuxième set 6-4. Le public gronde, s’inquiète. La dynamique a changé de camp.
Dans le troisième set, la championne de l’Open d’Australie appuie encore. Son service claque, son coup droit fait mal, et elle prend le contrôle des échanges. Le break tombe pour mener 5-3. On croit alors Gauff au bord de la rupture, mais l’Américaine s’accroche, arrache un débreak et rallume le stade.
Le suspense renaît… pour s’éteindre aussitôt. Incapable de confirmer sur sa mise en jeu, Gauff craque à nouveau. Rybakina bondit sur l’ouverture, arrache un dernier break et conclut 3-6, 6-4, 6-4, sous les sifflets étouffés et les applaudissements contraints d’un public qui espérait un autre dénouement.
Pour Gauff, la déception est brutale. « En ce moment, ça craint », lâche-t-elle. Son père lui rappelle son été exceptionnel, ses résultats, ses progrès. Elle coupe court : « Je m’en fiche de l’été. » La blessure est fraîche, et ça s’entend.
Rybakina, elle, reste en course pour un troisième Majeur. Et elle l’a fait en domptant à la fois l’adversaire et l’ambiance la plus hostile du tournoi.
Sabalenka, puissance totale et triplé en ligne de mire
Un peu plus tôt, Aryna Sabalenka avait déjà donné le ton de la soirée. La n°1 mondiale a fait ce qu’elle sait faire de mieux : frapper fort, frapper juste, frapper encore. Jessica Pegula a résisté un set. Pas deux.
La troisième tête de série, finaliste ici en 2024, démarre pourtant très proprement. Elle sauve une balle de break d’entrée sur un superbe coup droit gagnant, tient sa mise en jeu, varie, fait courir la Biélorusse. En face, Sabalenka bouillonne, peste, se frustre. Une double faute dans le neuvième jeu la fait exploser : sa raquette finit violemment sur le court.
Mais la tempête intérieure débouche sur la tempête de coups. Sabalenka se règle d’un coup, verrouille sa ligne de fond et arrache le premier set 7-5 en breakant Pegula sur une séquence parfaitement maîtrisée depuis le fond du court.
Dès le début de la deuxième manche, la marche devient trop haute pour l’Américaine. Sabalenka enchaîne les missiles : 29 coups gagnants au total, 7 aces, et surtout une intensité qui ne baisse jamais. Elle s’appuie sur son coup droit pour s’échapper 3-1, encore sur un coup gagnant en bout de course, pendant que Pegula perd la précision qui faisait sa force en début de match.
Les fautes coûtent cher. Les jeux de service de Pegula se compliquent, se tendent, puis s’écroulent. Sabalenka la break une nouvelle fois sur balle de match et boucle l’affaire 7-5, 6-2, sous les applaudissements d’un Arthur Ashe conquis par ce rouleau compresseur assumé.
« Je peux dire que je me sens en confiance, mentalement et physiquement très forte en ce moment », explique la Biélorusse, lucide sur l’état de forme dans lequel elle aborde cette nouvelle finale. Pegula, 32 ans, toujours en quête d’un premier titre du Grand Chelem, ne cherche pas d’excuse : « Elle a joué un niveau incroyable. Honnêtement, je ne sais pas s’il y avait grand-chose que je pouvais faire aujourd’hui. »
Une finale sous haute tension
La scène est prête. D’un côté, Sabalenka, en mission, à une victoire d’un triplé rarissime à New York. De l’autre, Rybakina, glaciale en apparence, brûlante dans le jeu, qui vient de faire tomber la reine locale.
Deux frappeuses, deux mentalités de championnes, deux trajectoires qui se croisent au sommet. Reste une question, simple et brutale : qui osera lâcher le bras la première au moment de jouer pour l’histoire ?




