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Retour de Novak Djokovic au China Open à Pékin

Neuf ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour revoir Novak Djokovic au China Open. Neuf ans depuis sa dernière apparition à Pékin, conclue – comme si c’était une évidence – par un nouveau trophée brandi dans la nuit chinoise.

Le Serbe a confirmé son retour dans un message publié sur ses réseaux sociaux, refermant une parenthèse longue et presque étonnante pour un joueur qui a fait de la capitale chinoise son jardin.

« Je suis très heureux d’annoncer que je reviens après de nombreuses années pour jouer à Pékin au China Open », a-t-il déclaré dans une story Instagram. Il a salué le National Tennis Centre, « l’un des plus beaux sites que nous ayons dans le tennis », et rappelé « des souvenirs incroyables et de grands succès » vécus sur place. Il a aussi remercié les fans chinois pour « leur amour et leur soutien continus », avant de conclure : « J’ai hâte de jouer devant vous. À très bientôt. »

Un empire bâti à Pékin

Si Djokovic revient, ce n’est pas seulement pour tourner la page de son dernier Grand Chelem. C’est aussi pour renouer avec un tournoi qui a marqué sa carrière.

Entre 2009 et 2015, il a régné sur le China Open comme personne. Six titres en sept participations, une domination presque insolente, des finales souvent à sens unique.

Ses sacres à Pékin racontent l’ampleur de son emprise :

  • 2009 : victoire contre Marin Cilic, 6-2, 7-6
  • 2010 : victoire contre David Ferrer, 6-2, 6-4
  • 2012 : victoire contre Jo-Wilfried Tsonga, 7-6, 6-2
  • 2013 : victoire contre Rafael Nadal, 7-6, 6-3
  • 2014 : victoire contre Tomas Berdych, 6-0, 6-2
  • 2015 : nouvelle victoire contre Rafael Nadal, 6-2, 6-2

À Pékin, Djokovic n’était pas seulement fort. Il était injouable. Les scores parlent d’eux-mêmes : des finales expédiées, des sets concédés au compte-gouttes, une impression de supériorité permanente.

Aujourd’hui, il revient à 39 ans, avec un palmarès alourdi de titres majeurs, mais aussi avec une plaie récente à refermer.

Rebond attendu après la désillusion de New York

Son retour en Chine intervient après un coup d’arrêt brutal : une élimination dès le premier tour de l’US Open face à Mariano Navone. Un choc. C’était sa première défaite d’entrée dans un tournoi du Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2006.

Pour un compétiteur de son envergure, ce genre de revers ne reste jamais sans réponse. Pékin arrive au bon moment, sur un terrain connu, dans un environnement où tout lui rappelle qu’il a longtemps dicté la loi.

La question n’est pas seulement de savoir s’il peut encore gagner ici. Elle est de voir comment il répondra, physiquement et mentalement, après un tel accroc dans un tournoi majeur.

Sinner, le nouveau maître de Pékin

Entre-temps, une nouvelle génération a posé ses marques sur le tournoi. L’an passé, c’est Jannik Sinner qui a soulevé le trophée au National Tennis Centre, en dominant Learner Tien en finale.

L’Italien n’a laissé aucune ouverture : 6-2, 6-2, une démonstration de contrôle et de puissance. Vingt-quatre coups gagnants, seize fautes directes seulement. En face, Tien n’a jamais trouvé la clé, avec onze coups gagnants pour dix-huit fautes.

Sur le court, Sinner avait résumé ce que Pékin représente déjà pour lui : « C’est un endroit très, très spécial pour moi », confiait-il lors de la remise du trophée, selon le site de l’ATP. Il avait remercié son équipe, présente et à distance, promettant de « continuer à progresser et à pousser pour plus ».

Ce n’était pas un discours de circonstance. La suite lui a donné raison : titres à Vienne, Paris et Turin pour conclure son année 2025. Une montée en puissance assumée, assumée surtout sur des grandes scènes indoor et sur dur, là où Djokovic a longtemps régné.

Un tableau explosif en perspective

Cette année, le nom de Djokovic est apparu sur la liste des engagés en même temps que ceux de Sinner et du champion de l’US Open, Alexander Zverev. Un casting qui promet un tournoi dense, relevé, où chaque tour pourrait ressembler à une affiche de deuxième semaine en Grand Chelem.

Djokovic revient sur un site où il n’a connu que la victoire. Sinner débarque avec le statut de tenant du titre et la confiance d’un joueur qui a appris à gagner partout. Zverev arrive auréolé de son titre à New York.

Les dynamiques se croisent. Les trajectoires aussi.

Pékin a souvent servi de baromètre avant la fin de saison. Cette fois, la question est limpide : l’ancienne dynastie peut-elle encore reprendre le pouvoir sur un territoire qu’elle a façonné, ou la nouvelle vague va-t-elle s’installer durablement au sommet du China Open ?