Real Madrid se tourne vers Martín Zubimendi après avoir laissé filer Rodri
Real Madrid savait exactement ce dont son milieu avait besoin. Le profil était sous ses yeux, au sommet de l’Europe, taillé pour contrôler les matches les plus féroces : Rodri. Le club l’a laissé filer, et la facture sportive commence à tomber, salée.
Face à l’Inter Milan, la faille est apparue en pleine lumière. L’équipe de José Mourinho n’a jamais vraiment tenu le ballon, jamais dicté le tempo. Elle a vécu de transitions éclairs, ce jeu vertical censé lancer Vinícius, Mbappé et Bellingham dans le dernier tiers. Spectaculaire par séquences, oui. Mais terriblement fragile.
Dès que l’adversaire récupère, tout s’inverse. Les pertes de balle se transforment en vagues dangereuses, en occasions concédées. Sans un grand Courtois, le score aurait pu virer au naufrage. Et derrière ce déséquilibre, une même conclusion : Madrid n’a pas fait tout ce qu’il fallait pour s’offrir un meneur de jeu reculé du calibre de Rodri.
Un pari offensif qui se retourne contre Madrid
Le club a privilégié un autre type de profil : Bernardo Silva, plus offensif, que Barcelone a d’ailleurs refusé. Résultat, Mourinho continue de confier la première relance et la construction à Tchouaméni, Valverde et Camavinga. Trois milieux d’un niveau immense, mais aucun n’a cette capacité à organiser, à contrôler, à faire respirer une équipe comme le fait le joueur de Barcelone.
Les attaques de Madrid partent souvent trop vite, trop directes, sans ce temps de préparation qui ouvre de vraies brèches. Construire, créer des décalages, installer l’équipe dans le camp adverse : la mission reste inachevée. Arda Güler peut venir décrocher, Trent Alexander-Arnold peut offrir une solution hybride depuis l’arrière. Ce sont des rustines. Rien qui approche l’influence totale d’un Rodri dans le cœur du jeu.
Le club le sait. Alors, avant même l’ouverture du mercato d’hiver, la machine s’est remise en marche. La priorité est claire : trouver enfin ce régulateur manquant.
Zubimendi, une opportunité qui se précise
Un nom revient avec insistance, déjà coché l’été dernier : Martín Zubimendi. L’Espagnol vit une période délicate à Arsenal, et c’est là que Madrid voit une fenêtre s’ouvrir.
En Angleterre, les pronostics sur son départ se multiplient. Difficile de les contredire. Zubimendi a commencé les cinq premiers matches officiels des Gunners sur le banc. Le signal le plus brutal est tombé lors du choc de Ligue des champions contre Napoli, au Diego Armando Maradona Stadium : huit petites minutes, en fin de rencontre, pour un joueur censé être un pilier du milieu.
Ce n’est pas un simple accident. Sa lutte pour du temps de jeu remonte à la fin de la saison dernière. Lors de la finale de Ligue des champions face au Paris Saint-Germain, il a passé les 90 minutes réglementaires à regarder ses coéquipiers, avant d’entrer seulement en prolongation.
Pourtant, chaque fois qu’il est appelé, il répond. Propre, fiable, présent dans les grands rendez-vous. Mikel Arteta, lui, continue de lui préférer d’autres profils dans l’axe. À force, la situation finit par peser sur le moral de l’ancien de la Real Sociedad. Et par alimenter les convoitises.
Un milieu de sélection qui coche toutes les cases
À Madrid, on ne doute pas de sa valeur. Au contraire. Ses prestations avec l’Espagne renforcent encore son dossier. Quand Rodri s’est gravement blessé, c’est Zubimendi qui a pris les commandes du milieu de la Roja. Sans frisson, sans trembler.
Il a assumé dans les moments les plus lourds de pression. On pense à sa deuxième mi-temps dans la finale de l’Euro 2024, ou à sa présence en prolongation lors de la finale de la Coupe du monde 2026. Des contextes où le moindre ballon compte, où chaque choix au milieu peut faire basculer un titre. Il y a répondu avec une maturité qui n’a pas échappé aux dirigeants madrilènes.
Arsenal l’a payé 70 millions d’euros la saison passée, avec un contrat courant jusqu’en 2030. Son prix de marché ne devrait pas s’éloigner beaucoup de cette somme. De quoi permettre aux Gunners de récupérer leur mise, et à Madrid de considérer l’opération comme largement accessible.
Une bataille de grands clubs en vue
Zubimendi ne manquera pas de prétendants. Chelsea suit le dossier de près, porté par Xabi Alonso, qui appréciait déjà énormément le joueur lorsqu’il figurait parmi les candidats au banc du Real Madrid. À l’époque, Florentino Pérez n’avait pas donné suite.
Aujourd’hui, le décor a changé. Le Real cherche un patron pour son milieu, un joueur capable d’éviter que chaque match à haute intensité ne se transforme en duel de transitions incontrôlables. Arsenal, de son côté, doit décider : conserver un international espagnol sous-utilisé ou profiter d’un marché prêt à payer le prix fort.
Le choix de Madrid cette fois-ci sera scruté. Après avoir laissé passer Rodri, le club peut-il se permettre de regarder Zubimendi s’installer ailleurs au centre du jeu européen ?




