logo

Real Madrid bute sur un Betis accrocheur à La Cartuja

Le décor était parfait, l’affiche aussi. Mais au bout de 90 minutes à l’Estadio de La Cartuja, le tableau d’affichage est resté figé : Real Betis 0, Real Madrid 0. Une soirée de tension, de promesses, de presque. Sans le frisson final.

Le Real Madrid, porté par son armada offensive avec Vini Jr, Mbappé, Bellingham et Arda Güler, a eu les occasions. Real Betis, lui, a tenu, parfois vacillé, mais n’a jamais rompu.

Madrid domine, Betis résiste

Le match démarre doucement, presque trop. Le Real Madrid s’installe dans le camp adverse, pousse les lignes, mais sans tranchant immédiat. Dumfries déborde tôt sur son côté, Fran Garcia encaisse un gros contact. Les Madrilènes profitent d’un arrêt de jeu pour se plaindre du ballon au corps arbitral. Changement de ballon, même scénario : la possession est blanche, les vraies émotions attendent encore.

La première alerte sérieuse vient… de Betis. Sur une touche mal négociée par Madrid, le ballon traîne, Antony en profite. Il arme une frappe sèche vers la lucarne gauche. Courtois, déjà en alerte, se détend et capte. Premier rappel : Betis ne se contentera pas de défendre.

Madrid répond vite. Un long centre trouve la course croisée d’Arda Güler et Jude Bellingham. Les deux se gênent, Güler parvient à toucher le ballon, mais Valles n’a aucun mal à bloquer. Une occasion gâchée, qui illustre un Real encore en rodage dans les derniers mètres malgré le talent aligné.

Vini Jr, Mbappé et les occasions manquées

La pression madrilène se fait plus nette. Vini Jr se retrouve servi dans la surface après une action travaillée, mais le Brésilien tergiverse. Il attend le bon angle, cherche la faille, frappe… sur l’extérieur du poteau. Le ballon de Mbappé, arrivé un souffle trop tard, ne l’avait pas aidé. Une action qui laisse un goût amer : tout était là, sauf la précision.

Betis, lui, joue les contres. Antony se montre disponible, Cucho tente sa chance après une belle remise de son ailier, mais sa frappe file à côté. L’équipe de Manuel Pellegrini sort vite, exploite les erreurs madrilènes, sans parvenir à les punir.

La tension monte d’un cran à la demi-heure. Huijsen tacle Cucho, les esprits s’échauffent, Antony vient exprimer sa colère, le tout se termine sur une pause fraîcheur sifflée par l’arbitre. La Cartuja gronde, le match gagne en nerf.

Juste avant la pause, la meilleure séquence du Real. Vini Jr s’échappe, Valles sort bien et ferme l’angle. Le Brésilien temporise, revient en retrait pour Mbappé lancé plein axe. Première frappe contrée. Le ballon revient sur le Français, qui insiste, mais se heurte encore au bloc bético. Deux tentatives, deux murs. Symbole d’une première période où Madrid a souvent approché sans jamais frapper juste.

Entre-temps, Betis a dû composer avec un coup dur : Llorente, touché au visage après un choc avec un coéquipier, cède sa place à Bartra. Un changement contraint, mais une défense qui tient jusqu’au repos.

0-0 à la mi-temps. Le Real Madrid a le ballon, les occasions les plus franches, mais Betis s’accroche. La Cartuja attend l’étincelle.

Une reprise sans rythme, un Real sans tranchant

Le deuxième acte repart sans changement majeur. Pas de Troy Parrott pour Betis à la pause, l’attaquant irlandais reste sur le banc. Le match, lui, retombe un peu. Le Real Madrid obtient un coup franc intéressant, le ballon est envoyé dans la surface, mais Valles s’en saisit sans difficulté. Le tempo baisse, l’intensité aussi.

Madrid continue de pousser, sans la même vivacité. Les combinaisons existent, les décalages un peu moins. Betis reste dangereux en transition, mais gère avant tout son équilibre. Les centres se multiplient, Huijsen se procure une bonne situation sur corner, sa tête passe juste au-dessus de la barre. Encore une opportunité, encore un soupir.

La soirée de Vini Jr résume celle de son équipe : beaucoup d’efforts, des différences balle au pied, des appels tranchants, mais la dernière touche manque. Mbappé, lui, a vu deux de ses meilleures occasions contrées dans le premier acte et ne parvient plus à se créer de situation aussi nette.

Parrott en coulisses, Betis solide, Madrid freiné

En toile de fond, un nom plane côté Betis : Troy Parrott. Sur le banc au coup d’envoi, l’attaquant irlandais reste finalement spectateur. Son début de saison en Espagne a déjà fait couler de l’encre, entre un but refusé, une grosse occasion manquée et des critiques sévères de la presse locale après la défaite contre Levante. Ce soir, Pellegrini choisit d’autres armes pour bousculer le Real. Sans succès, mais sans casse.

Car si Betis ne parvient pas à faire plier Courtois, il réussit l’essentiel : faire dérailler une équipe madrilène qui restait sur trois victoires en trois journées, face à Espanyol, Real Sociedad et Málaga. Une attaque de feu, tenue à zéro.

Le Real Madrid conserve sa place dans le haut du classement, derrière un Barcelona qui mène à la différence de buts. Betis reste dans le sillage européen, au contact de Sevilla, après un début de saison marqué par deux victoires et une lourde défaite à Levante.

À La Cartuja, la nuit s’est refermée sur un 0-0 sans but, mais pas sans enseignements. Madrid a dominé sans conclure, Betis a souffert sans céder. La saison, elle, ne fait que commencer : combien de fois encore cette attaque madrilène restera-t-elle muette ?