Ramesh Powar, mentor des jeunes Australiens au cricket
Ramesh Powar, nouveau mentor surprise des jeunes Australiens
À Rajkot, sous le soleil brûlant du Niranjan Shah Stadium, une silhouette familière pour le cricket indien s’est glissée dans le camp… australien. L’ancien off-spinner de l’Inde et de Mumbai, Ramesh Powar, passe quelques jours aux côtés de l’équipe d’Australie U19, appelé comme coach à court terme pour encadrer leurs jeunes spinneurs.
Dimanche, il était au bord des filets, observant, corrigeant des grips, ajustant des lignes, soufflant quelques conseils à ces jeunes Australiens venus défier l’Inde en Youth ODI. Un rôle discret, mais loin d’être anodin.
Un lien déjà établi avec Cricket Australia
Ce n’est pas un coup de tête ni une rencontre fortuite. Cricket Australia a contacté Powar il y a plusieurs mois pour lui proposer de venir travailler avec ses jeunes spécialistes du spin. Les dirigeants australiens savent déjà ce qu’il peut apporter : en juin 2018, il avait été invité à Brisbane, au Centre of Excellence de CA, pour coacher les spinneurs U23 du pays.
Cette fois, l’engagement est court, précis, presque chirurgical. Powar a rejoint le groupe australien samedi et restera avec la sélection jusqu’à son dernier Youth ODI contre l’Inde mercredi. Quatre jours pour transmettre des années d’expérience. Quatre jours pour affûter des armes qui, un jour, pourraient revenir défier l’Inde au plus haut niveau.
La série U19 a déjà pris vie vendredi, avec une première victoire indienne arrachée de justesse, par sept runs. Les deux prochains duels sont programmés lundi et mercredi. En face, les jeunes Australiens cherchent des réponses. Pour leurs spinneurs, elles passent, en partie, par la voix de Powar.
Un technicien très courtisé
Ce passage éclair dans le camp australien intervient alors que l’avenir de Powar se joue aussi en coulisses en Inde. L’ancien international a officiellement postulé au poste de sélectionneur junior auprès de la BCCI. Le processus suit son cours, lentement mais sûrement.
Après l’AGM de vendredi, le secrétaire de la BCCI, Devajit Saikia, a expliqué que les candidats étaient en cours de présélection. La Cricket Advisory Committee prendra ensuite le relais pour mener les entretiens et finaliser le choix dans les quinze jours. En toile de fond, Powar continue, lui, de travailler sur le terrain, là où il se sent le plus légitime.
De Mumbai aux Australies, un CV qui pèse
Powar n’arrive pas dans le vestiaire australien en simple consultant de passage. Son parcours parle pour lui. Ancien head coach de l’équipe féminine de l’Inde, il a dirigé Gujarat lors des trois dernières saisons domestiques. Avant cela, il avait conduit Mumbai au titre en Vijay Hazare Trophy en mars 2021, rappel brutal de sa capacité à façonner des équipes compétitives et disciplinées.
Son profil intrigue, séduit, parfois dérange : un technicien indien, formé dans les rigueurs du cricket local, appelé pour polir la prochaine génération australienne. Les frontières, elles, n’existent plus vraiment dans le monde des entraîneurs.
À Rajkot, les jeunes spinneurs d’Australie en profitent déjà. Ils savent qu’ils n’ont que quelques séances pour absorber un maximum. Powar, lui, n’a pas besoin de plus pour laisser une empreinte. La vraie question, désormais, est simple : sa prochaine mission majeure se jouera-t-elle sous le blason de la BCCI… ou face à l’Inde, un jour, via ces mêmes jeunes qu’il conseille aujourd’hui ?




