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Préoccupations à Preston North End : un début de saison difficile

À Deepdale, la saison de Preston North End n’en est qu’à ses balbutiements, mais l’alerte est déjà maximale. Cinq matches de Championship, aucune victoire dans le temps réglementaire, une dernière place au classement derrière une équipe partie avec des points de pénalité : le décor est planté. Pour un club où la défiance grondait déjà avant le coup d’envoi de la saison, le début de campagne ressemble à une confirmation brutale des pires craintes.

Les seuls sourires, pour l’instant, viennent d’une soirée de coupe loin de chez eux. Un égalisateur tardif face à Huddersfield Town, puis une qualification aux tirs au but à Goodison Park. Un répit, rien de plus. Le quotidien, lui, reste sombre pour des supporters qui voient leur équipe peiner sur le terrain et leur club patiner en dehors.

Mardi soir, Deepdale a offert une image saisissante de ce malaise. Sur la pelouse, Preston s’incline 3-1 contre Bristol City. Le score est lourd, presque trompeur, tant North End a, par séquences, dominé les débats. Mais dans les tribunes, les regards glissent souvent vers une loge en particulier. Là où se trouve le directeur général Peter Ridsdale et une partie de la direction, occupés à boucler les derniers mouvements du mercato alors que l’équipe s’enfonce.

Les noms tombent sur l’écran géant en plein match : Johnny Kenny débarque pour environ 3 millions de livres, Liam Gibbs rejoint le club en prêt pour la saison. Deux renforts offensifs sur le papier. Pourtant, la réaction du public reste glaciale. Pas de bronca, pas de clameur. Un silence surtout, lourd, qui en dit long. Les deux joueurs n’ont pas encore foulé la pelouse en bleu et blanc, mais la défiance vise clairement plus haut que le vestiaire.

Dans ce climat, un autre dossier cristallise les frustrations. L’ancien capitaine Alan Browne, annoncé dans certaines rumeurs pour un retour possible, ne bougera finalement pas. Il reste à Sunderland, désormais en Premier League. Un transfert que Preston ne maîtrisait pas vraiment, mais qui nourrit le sentiment d’un club qui subit plus qu’il n’agit.

Tout converge désormais vers samedi et un rendez-vous qui dépasse largement le simple cadre régional : le derby du Lancashire face à Blackburn Rovers. Dans une saison qui n’a pas encore trouvé sa trajectoire, ce match prend déjà des allures de tournant. Pour le classement, bien sûr. Pour l’atmosphère autour du club, surtout.

Paul Heckingbottom se retrouve au centre du cyclone. Son bilan à la tête de Preston ne le place pas au-dessus de ses prédécesseurs récents, loin de là. Le début de saison n’a rien fait pour inverser la perception d’une partie du public, déjà sceptique à son égard. Et le voilà désormais face à un Rovers amoindri, une opportunité en apparence idéale… mais aussi un piège monumental. Car perdre un derby contre un rival diminué, dans cette situation, aurait des conséquences bien plus profondes qu’un simple zéro pointé.

Les supporters de football changent rarement d’avis une fois qu’ils ont tourné le dos. Ceux de Preston n’échappent pas à la règle. Ici, ce n’est pas la colère qui inquiète le plus, c’est l’indifférence qui gagne du terrain. L’apathie des Lilywhites, quand elle s’installe, sonne souvent comme un compte à rebours pour l’homme assis sur le banc.

Samedi, ce ne sera donc pas seulement un derby pour l’honneur. Ce sera peut-être déjà un match pour raviver une flamme qui vacille dangereusement. Ou pour l’éteindre un peu plus.