Le Portugal lance sa Ligue des nations contre le pays de Galles
Le trophée est chez eux, l’histoire aussi. Double vainqueur de la Ligue des nations (2019, 2025), le Portugal remet son titre en jeu jeudi soir, à domicile, face au pays de Galles, avec une étiquette lourde à assumer : celle de sélection référence de la compétition.
Cette fois, pourtant, quelque chose a changé. Sur le banc, Fernando Santos et Roberto Martinez appartiennent au passé. Une nouvelle ère s’ouvre avec Jorge Jesus, nommé le 10 juillet, chargé de transformer une génération dorée en machine à gagner, à nouveau, après la désillusion du Mondial 2026.
Une nouvelle ère, mais les mêmes ambitions
La dernière image du Portugal en grande compétition n’a rien de triomphale : une élimination en huitièmes de finale de Coupe du monde face à l’Espagne, future championne, sur un 1-0 sec. Première défaite depuis novembre 2025. Une gifle, plus mentale que comptable, pour une équipe qui se voyait aller plus loin.
La Ligue des nations arrive donc comme un terrain idéal pour reprendre le contrôle. Le Portugal connaît la maison : premier vainqueur de l’histoire en 2018-19 après une finale maîtrisée contre les Pays-Bas, puis sacré à nouveau en 2024-25 aux tirs au but face à l’Espagne.
Cette fois, la route passe par le Groupe 4 de la League A, avec le pays de Galles, le Danemark et la Norvège au menu, en matchs aller-retour, pour décrocher un billet en quarts de finale. Après le pays de Galles, les Portugais se rendront en Norvège pour boucler le mois, avant un mois d’octobre dense avec un déplacement au Danemark puis la réception de la Norvège.
Le décor est posé : un groupe piégeux, mais une hiérarchie claire. Le Portugal ne vise rien d’autre que la première place.
Cristiano Ronaldo, 41 ans et toujours titulaire
Le symbole de cette continuité dans le changement tient en un nom : Cristiano Ronaldo. À 41 ans, l’attaquant a été appelé par Jorge Jesus et doit débuter. Loin d’un rôle de mascotte, il reste chasseur de buts, avec une statistique folle en bandoulière : 146 réalisations en sélection.
Son avenir international paraissait sérieusement compromis après l’élimination contre l’Espagne au Mondial. Il est toujours là. Toujours attendu. Toujours scruté.
Autour de lui, pas de révolution annoncée dans le onze. Diogo Costa devrait garder les buts. Devant lui, un quatuor défensif solide se dessine avec Joao Cancelo, Ruben Dias, Antonio Silva ou un autre profil axial, et Nuno Mendes sur le côté gauche.
Au milieu, la nouvelle garde s’est imposée : Vitinha, Joao Neves et Bruno Fernandes forment un trio à la fois technique, mobile et créatif. Devant, Pedro Neto et Joao Felix devraient animer les couloirs et les zones intermédiaires, avec Ronaldo en pointe pour conclure.
Une équipe connue, rôdée, avec des automatismes et une profondeur de talent que peu de sélections peuvent rivaliser.
Le pays de Galles, de retour parmi les grands mais amoindri
En face, le pays de Galles revient en League A de la Ligue des nations, mais sans l’élan d’un grand tournoi. La sélection de Craig Bellamy a manqué le train du Mondial 2026, battue en barrages par la Bosnie-Herzégovine en demi-finale. Un échec lourd, qui a laissé des traces.
Depuis, les Gallois ont tenté de se reconstruire : deux nuls en amical contre l’Irlande du Nord et le Ghana, puis une défaite 2-1 contre la Roumanie. Rien de catastrophique, mais rien non plus qui ressemble à une équipe lancée à pleine vitesse.
Leur parcours en Ligue des nations reste pourtant honorable : 10 victoires, cinq nuls et sept défaites en 22 matchs, avec une promotion arrachée depuis la League B lors de l’édition 2024-25. Les Dragons savent se battre dans ce format.
Le calendrier ne leur fait pas de cadeau : déplacement au Danemark le 27 septembre, réception de la Norvège le 1er octobre, puis du Danemark le 4. Mais c’est bien ce premier match au Portugal qui donne le ton.
L’histoire entre les deux nations est maigre : quatre confrontations seulement. Une victoire galloise, lointaine, en amical en 1951. Et un précédent majeur en compétition : la demi-finale de l’Euro 2016, remportée 2-0 par le Portugal grâce à Cristiano Ronaldo et Nani. Un souvenir qui pèse.
Un pays de Galles décimé avant le coup d’envoi
Comme si le défi n’était pas assez grand, Bellamy doit composer avec une cascade de forfaits. Harry Wilson, Nathan Broadhead et Karl Darlow ont quitté le groupe sur blessure.
Pour combler les trous, David Cornell (Leicester City), Joe Taylor (Huddersfield Town) et Charlie Savage (Reading) ont été appelés en renfort. Une preuve de la profondeur limitée du réservoir gallois à certains postes.
Et ce n’est pas tout. Le pays de Galles doit également se passer de Joe Rodon, Dylan Lawlor, Rubin Colwill et Isaak Davies. Une ossature défensive et des options offensives amputées, au moment d’affronter l’un des effectifs les plus denses d’Europe.
Dans ce contexte, la responsabilité offensive repose sur un trio annoncé : Daniel James, David Brooks et Brennan Johnson, tous pressentis titulaires dans le dernier tiers. James pourrait même occuper l’axe, pour exploiter sa vitesse dans le dos de la défense portugaise.
Derrière, un onze probable se dessine : Danny Ward dans le but, Neco Williams, Ben Cabango, Rhys Norrington-Davies et Jay Dasilva en défense ; Ethan Ampadu et Jordan James à la récupération ; Brooks, Luke Thomas, Johnson et D. James pour tenter de surprendre en transition.
Une équipe combative, mais loin de son plein potentiel.
Dynamiques opposées, favoritisme assumé
Les formes récentes racontent déjà une partie de l’histoire. Le Portugal reste sur une série en dents de scie mais solide (victoires, nuls, défaites mêlés, sans crise structurelle), avec cette seule vraie tache : la défaite contre l’Espagne au Mondial. Le pays de Galles, lui, arrive avec une série plus fragile, ponctuée de défaites et de nuls, sans repère majeur face à un adversaire de ce calibre.
Sur le papier, l’écart est net. Sur le terrain, il pourrait se voir très vite. La qualité technique portugaise au milieu, la variété offensive, l’expérience des grands rendez-vous, tout pointe vers une soirée longue pour les Gallois.
Le pronostic qui circule n’a rien d’hasardeux : un succès portugais, 3-1. Les absences galloises, la profondeur de banc du Portugal, la présence de Ronaldo, la dynamique d’un champion qui veut marquer son territoire dès la première journée : tout converge.
Reste une question, la seule qui compte vraiment à l’aube de cette nouvelle édition : le Portugal va-t-il se contenter de défendre son titre, ou poser, dès ce jeudi soir, les bases d’une domination durable sur la Ligue des nations ?




