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Pierre Gasly réalise une pole sensationnelle pour Alpine à Monza

On l’attendait au mieux en embuscade. Il a tout arraché. Pierre Gasly a signé une pole position renversante pour Alpine lors des qualifications du Grand Prix d’Italie, en claquant un 1’21’’786 qui a laissé tout le monde KO, George Russell compris, battu pour 60 millièmes seulement.

Dans un Monza d’ordinaire réservé aux moteurs les plus affûtés, c’est bien la monoplace bleue qui a surgi en haut des écrans. Un tour propre, agressif dans les chicanes, sans une roue dans l’herbe mais avec tout le cœur possible dans Ascari et Parabolica. Gasly a tout mis. Alpine aussi.

Russell tout près, Piastri en embuscade

George Russell pensait avoir fait le plus dur. Son tour avait l’allure d’une référence : stable au freinage, puissant dans les lignes droites, une Mercedes parfaitement posée sur les vibreurs. Il lui a manqué un souffle, ces 0’’060 qui, à Monza, séparent les héros des battus.

Oscar Piastri complète le trio de tête à 0’’180. Le pilote McLaren confirme sa montée en puissance sur un tour, toujours incisif dans les enchaînements rapides. Il n’a pas trouvé la dernière fraction de seconde, mais la McLaren sera un danger réel sur la durée du Grand Prix.

Derrière, le public n’a pas obtenu ce qu’il espérait. Charles Leclerc doit se contenter de la quatrième place à 0’’218, juste devant son coéquipier Lewis Hamilton, cinquième à 0’’225. Deux Ferrari dans le top 5, oui, mais aucune en pole sur le temple de la vitesse : la nuance est de taille pour la tifoseria.

Verstappen seulement sixième, le peloton se resserre

Max Verstappen, sixième à 0’’284, n’a pas trouvé la marge habituelle. Le triple champion du monde reste dans le coup, mais cette fois, Red Bull ne domine pas les débats sur un tour lancé. Coincé au milieu d’un top 10 ultra-compact, il devra jouer des coudes au départ.

Juste derrière lui, Kimi Antonelli signe le septième temps pour Mercedes à 0’’307, mais devra composer avec une pénalité sur la grille. Une performance brute qui confirme déjà son aisance à très haute vitesse. Franco Colapinto place l’autre Alpine en huitième position à 0’’434 : un double top 10 qui change radicalement le visage de l’écurie française.

Lando Norris ne fait pas mieux que neuvième à 0’’470, dans le sillage de son coéquipier, tandis qu’Arvid Lindblad, au volant de la Racing Bulls, ferme le top 10 à un demi‑seconde de Gasly. Dix pilotes en 0’’500. Monza n’a jamais autant mérité son statut de loterie à haute vitesse.

Bortoleto à un souffle de Q3, Sainz et Ocon en difficulté

Gabriel Bortoleto échoue à seulement 0’’008 de la Q3. L’Audi manque la dernière marche, mais la performance reste solide dans un milieu de grille extrêmement dense. Ollie Bearman (Haas) et Nico Hülkenberg (Audi) suivent, respectivement à 0’’247 et 0’’263 de la Q3, devant Liam Lawson sur la Red Bull, à 0’’305. Là encore, les écarts sont microscopiques, la sanction énorme.

Plus loin, Carlos Sainz vit une séance compliquée. Le pilote Williams ne parvient pas à s’extirper du trafic ni à trouver le bon tour, et termine seulement quinzième, à 0’’937 de la pole. Esteban Ocon le suit de près, se retrouvant à 0’’938, avec une Haas moins à l’aise sur ce tracé à très faible appui.

Yuki Tsunoda reste coincé dès la Q1 avec sa Racing Bulls, manquant le passage au segment suivant de 0’’289. Une élimination précoce qui pèsera lourd sur un circuit où remonter le peloton exige un moteur puissant… et beaucoup de sang‑froid.

Cadillac et Aston Martin dans le dur

Au fond de la grille, les Cadillac souffrent. Alex Albon, avec une pénalité à gérer, ne peut faire mieux que la 18e place, à 0’’740 de Gasly. Valtteri Bottas suit à 0’’748, Sergio Perez ferme ce trio à 0’’979. Des écarts qui illustrent la difficulté de la structure américaine à trouver la bonne fenêtre de performance sur un tour.

Aston Martin vit une journée encore plus sombre. Fernando Alonso n’est que 21e, à 1’’534, Lance Stroll 22e et dernier, à 1’’756. Loin, très loin du rythme. Sur un tour comme sur le rythme de course, la remontée s’annonce herculéenne.

Une pole qui change tout pour Alpine

Au-delà de la simple statistique, cette pole de Pierre Gasly pèse lourd. Elle offre de l’air à Alpine, de la confiance à un pilote souvent mal récompensé de ses efforts, et une occasion en or de bousculer l’ordre établi dès le premier virage.

Gasly partira devant une meute affamée : Russell en chasseur principal, Piastri et les Ferrari en embuscade, Verstappen prêt à bondir au moindre espace. Monza ne pardonne ni les départs manqués ni les hésitations au freinage.

Alpine a gagné la bataille du samedi. Reste la vraie question : cette fois, l’équipe saura‑t‑elle transformer l’exploit en dimanche de gloire ?