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Pierre Gasly réalise une pole sensationnelle à Monza

Pierre Gasly a choisi Monza pour écrire la plus belle page de sa carrière. Sous le ciel lourd de l’Autodromo Nazionale, le Français a arraché une pole position sensationnelle au Grand Prix d’Italie, ne laissant à George Russell que moins d’un dixième de marge. Une gifle au chronomètre. Un frisson dans les tribunes.

C’est sa première pole en F1, la première d’un pilote français depuis Jean Alesi avec Benetton sur ce même circuit en 1997. Vingt-sept ans d’attente balayés en un tour parfait au Temple de la Vitesse. Pour Alpine, c’est aussi un jalon majeur : la première pole depuis le rebranding de Renault, il y a cinq ans. Un symbole fort pour une équipe souvent critiquée, soudain propulsée au centre de la scène.

Gasly, la pole et l’histoire

Monza aime les histoires de renaissance. Gasly le sait mieux que personne. Déjà vainqueur ici dans des circonstances folles, il a cette fois dominé l’exercice le plus pur qui soit : un tour lancé, rien d’autre que le pilote, la voiture et la piste. Son chrono a tenu face à Russell, incisif au volant de sa Mercedes, mais battu pour un souffle.

Oscar Piastri a complété le top 3, solide et précis, au terme d’une séance où chaque millième comptait. Derrière lui, Charles Leclerc et Lewis Hamilton se sont glissés aux quatrième et cinquième places, mais leur samedi a tenu à un fil.

Ferrari miraculée, Hamilton au bord du gouffre

En Q2, Ferrari a flirté avec la catastrophe. Leclerc n’a survécu qu’à huit millièmes près face à Gabriel Bortoleto, relégué au onzième rang pour un rien. Hamilton, lui, n’a dû son salut qu’à un seul milliseconde. Un souffle de plus, et les deux champions restaient sur le carreau avant même la bataille pour la pole.

La Scuderia s’en sort, mais cette marge infime raconte une autre vérité : à Monza, l’erreur ne pardonne pas, et Ferrari joue avec le feu devant son public.

Tsunoda stoppé net, Lawson piégé

Plus loin dans le peloton, le retour de Yuki Tsunoda en F1 a tourné court. Pour son deuxième week-end de reprise, le Japonais a subi une Q1 cauchemardesque. Une fuite de carburant sur sa Racing Bulls a interrompu le début de sa séance, brisé son rythme, et scellé son sort. Élimination dès le premier acte.

Liam Lawson, lui, vivait un autre genre de frustration. Appelé à remplacer au pied levé dans la Red Bull, le Néo-Zélandais a vu sa dernière tentative en Q2 ruinée par le trafic. Coincé, il n’a jamais pu boucler le tour qu’il visait. De toute façon, il partira du fond de grille après des changements d’éléments de groupe propulseur sur sa RB22. Mais cet incident a eu une conséquence majeure : il n’a pas pu offrir l’aspiration à Max Verstappen dans le dernier segment des qualifications.

C’est Oscar Piastri qui se retrouve au centre de cet épisode. Suspecté d’avoir potentiellement gêné Lawson, l’Australien fera l’objet d’une enquête des commissaires. Une pénalité sur la grille n’est pas exclue, et pourrait rebattre les cartes derrière Gasly.

Aston Martin dans le dur

Pour Aston Martin, le calvaire continue. Malgré des évolutions de châssis et des mises à jour du groupe propulseur Honda, Fernando Alonso et Lance Stroll sont restés à plus d’une demi-seconde des Cadillacs. Trop loin, beaucoup trop loin des ambitions affichées en début de saison.

Les chiffres sont implacables. Les ajustements techniques n’ont pas encore ramené l’équipe dans le match, et Monza confirme une tendance inquiétante : Aston Martin recule pendant que d’autres progressent.

Gasly, lui, n’a pas reculé. Il a attaqué Monza à pleine vitesse, sans calcul, pour aller chercher une pole qui pèse lourd. Histoire de rappeler qu’au Temple de la Vitesse, les grands récits appartiennent encore aux pilotes capables de tout risquer pour un tour parfait. Demain, il lui restera à prouver qu’il peut transformer cette page d’histoire en victoire.