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Pierre Gasly perd son podium à Monaco après l'appel de McLaren

Pierre Gasly perd son podium monégasque après l’appel gagnant de McLaren

À Monza, l’onde de choc ne vient pas seulement de la piste. Elle arrive d’un dossier vieux de près de trois mois, né dans les rues étriquées de Monaco et tranché dans une salle d’audience. McLaren a remporté son appel contre le résultat du Grand Prix de Monaco, et cette décision rebat les cartes d’un podium déjà réécrit une première fois.

La victime directe s’appelle Pierre Gasly.

Le Français d’Alpine, troisième sous le drapeau à damier en Principauté, avait déjà vu sa course transformée par un premier appel de son équipe, qui lui avait permis de récupérer un podium après l’annulation de deux pénalités de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands. Cette marche sur la boîte, chèrement acquise sur tapis vert, lui échappe de nouveau.

Avec le succès de McLaren devant les instances, Gasly retombe à la septième place, celle qu’il occupait dans les résultats officiels initiaux. Sa performance en piste ne change pas, mais l’histoire, elle, s’écrit autrement.

Une erreur de base, des pénalités en cascade

Tout est parti d’un détail fondamental : la longueur de la voie des stands.

La Formule 1 avait mal mesuré cette distance à Monaco. Conséquence directe, les vitesses moyennes calculées pour les voitures y entrant ou en sortant ont été jugées trop élevées. Sur cette base faussée, plusieurs pilotes ont écopé de pénalités pour vitesse excessive dans la pitlane.

Ces sanctions ont bouleversé le classement. Alpine a d’abord obtenu gain de cause, faisant annuler deux pénalités de cinq secondes infligées à Gasly, ce qui l’avait propulsé sur le podium. McLaren, estimant que l’erreur de mesure ne pouvait pas rester sans correction globale, a poursuivi le combat juridique. Cette fois, ce sont les hommes en orange qui sortent vainqueurs.

Le verdict remet les choses dans l’ordre initial : les pénalités sont rétablies, le classement est réajusté, et les sourires changent de camp.

Hadjar récupère le podium, Piastri remonte

Ce renversement profite à deux hommes.

D’abord Isack Hadjar. Le pilote Red Bull, troisième dans les résultats officiels avant le premier appel, retrouve sa place sur le podium. Son nom réapparaît à la troisième ligne du classement d’un Grand Prix disputé le 7 juin, comme si la parenthèse Alpine n’avait jamais existé.

Juste derrière, Oscar Piastri grimpe au quatrième rang. Le pilote McLaren, déjà au cœur de la bataille sportive ce jour-là, se voit récompensé a posteriori par le travail de son équipe en coulisses. Le coup est rude pour Gasly, mais la logique sportive telle que la défend McLaren est rétablie sur le papier.

Monza, entre tribunes rouges et affaires en coulisses

Pendant que les avocats et les commissaires referment le dossier Monaco, la piste de Monza raconte une autre histoire.

Charles Leclerc a offert aux Tifosi un premier motif de ferveur en plaçant sa Ferrari en tête des temps, avec un tour en 1:23.008. La clameur rouge a retrouvé sa voix, au moins pour les essais.

Derrière lui, un autre nom se distingue dans un registre très différent : Paul Aron. Le pilote Alpine, promu pour cette séance d’essais libres 1, pointe au 13e rang et se présente comme le meilleur des rookies du jour.

Car des débutants, il y en a quatre en piste pour cette séance :

  • Ayumu Iwasa au volant de la Red Bull de Max Verstappen,
  • Luke Browning dans la Williams d’Alex Albon,
  • Paul Aron à la place de Gasly chez Alpine,
  • et Colton Herta dans la Cadillac de Sergio Perez.

Voir Herta catalogué comme rookie a quelque chose d’étrange tant l’Américain est une figure installée d’IndyCar, mais en F1, les compteurs repartent à zéro.

Norris en forme, Russell et Hamilton à l’affût

Sur le plan purement chronométrique, la hiérarchie provisoire confirme la dynamique du moment.

Lando Norris, porté par deux victoires consécutives en Grand Prix, mène la danse avec un 1:23.719 au volant de sa McLaren. Derrière, George Russell se glisse dans le sillage, à seulement 0,083 seconde. Lewis Hamilton complète ce trio britannique de tête, tous sous la barre symbolique de 1:24, avec un 1:23.891.

Les temps tombent au fil des minutes. Norris signe d’abord un 1:24.194 en pneus mediums, mais Russell frappe plus fort avec un 1:23.802. La piste est rapide, le ciel stable, rien à voir avec le chaos de Zandvoort deux semaines plus tôt.

Liam Lawson, seul à chausser les pneus tendres dans un premier temps, s’invite un moment au sommet de la feuille des temps avec un 1:24.383. De retour dans la Red Bull en l’absence d’Isack Hadjar, blessé au poignet, le Néo-Zélandais profite au maximum de chaque tour.

Herta à l’arrêt, drapeau rouge et temps perdu

La séance n’a toutefois pas été fluide.

Colton Herta a vu sa Cadillac s’immobiliser, apparemment bloquée en prise, le long de la piste. Les commissaires ont tenté de pousser la voiture pour la dégager, sans succès immédiat. Drapeau rouge. La séance est interrompue, la pitlane fermée, et près de cinq précieuses minutes s’envolent.

Pour un pilote en quête de repères en F1, chaque tour compte. Pour Herta, déjà limité par la rareté de ces FP1 réservés aux rookies, ce temps perdu ressemble à une occasion manquée.

Une fois la voiture dégagée, la voie des stands rouvre, mais le mal est fait : la fenêtre d’apprentissage se rétrécit pour l’Américain, au moment même où d’autres débutants empilent les tours.

Norris et Colapinto verrouillent leur avenir

Pendant que les chronos s’affolent à Monza et que le passé récent de Monaco se rejoue dans les bureaux, deux signatures importantes ont marqué la semaine.

Lando Norris a prolongé avec McLaren jusqu’en 2030. Un engagement massif, presque une déclaration de fidélité. Le Britannique a décrit cette décision comme « un oui assez facile » à donner. Vu sa forme actuelle et la montée en puissance de l’équipe de Woking, le mariage semble solide.

Chez Alpine, Franco Colapinto a lui aussi sécurisé son futur immédiat en signant un nouveau contrat pour rester avec l’écurie la saison prochaine. Le pilote argentin de 23 ans s’est offert cette prolongation au cœur d’une campagne marquée par un meilleur résultat en carrière : une sixième place au Grand Prix du Canada.

Entre les batailles juridiques qui redessinent les podiums, les rookies qui grappillent leurs premiers repères et les têtes d’affiche qui s’attachent à long terme à leurs équipes, la F1 continue de se jouer autant sur la piste que dans les coulisses.

À Monaco, le podium vient de changer de visage. À Monza, chacun sait qu’un tour, une erreur de mesure ou un appel bien mené peuvent, du jour au lendemain, réécrire une saison entière.