Piastri sous la menace à Monza : enquête après une qualification réussie
Le tour de qualification d’Oscar Piastri à Monza avait tout du coup parfait. Troisième sur la grille derrière le poleman Pierre Gasly et la Mercedes de George Russell, le pilote McLaren s’était offert une place de choix pour le Grand Prix d’Italie. Mais à Monza, rien n’est jamais acquis avant le drapeau vert du dimanche.
En fin d’après-midi, la nouvelle tombe : Piastri est convoqué chez les commissaires. En cause, un possible blocage de Liam Lawson dans les dernières secondes de la Q2.
Un incident dans le chaos de la Q2
La scène se joue dans ces instants électriques où tout le monde lance son ultime tentative. Lawson, au volant de la Red Bull en remplacement de l’infortuné Isack Hadjar, se prépare pour son dernier tour rapide. Il joue sa place en Q3, il joue aussi sa crédibilité dans sa deuxième course de la saison.
Devant lui, Piastri sort des stands. Il est en tour de sortie, approche la première chicane, ralentit pour laisser passer Max Verstappen, envoyé plus tôt en piste par Red Bull. Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais la suite change tout.
Après avoir laissé filer Verstappen, Piastri se replace en piste… juste devant Lawson. Les deux voitures plongent dans la chicane, et l’Australien retarde le Néo-Zélandais à la sortie, au moment crucial où l’on relance vers Curva Grande. À ce niveau, quelques dixièmes perdus dans cette portion rapide suffisent à ruiner un tour.
Lawson ne passera pas. Il termine la Q2 au 14e rang, éliminé.
Lawson pénalisé… mais pas sur la grille
Sur le papier, l’incident coûte cher à Lawson. Dans les faits, un peu moins. Le Néo-Zélandais devait déjà s’élancer en fond de grille, Red Bull ayant monté de nouveaux éléments de groupe propulseur sur sa RB22 pour ce week-end italien.
Son classement en qualifications reste donc presque anecdotique. Sa position au départ ne change pas. Mais l’incident, lui, ne passe pas inaperçu.
Les commissaires convoquent les deux pilotes à 17h40, heure locale, ainsi qu’un représentant de Red Bull. L’enjeu ne concerne plus Lawson, mais bien Piastri et la deuxième ligne de la grille.
Un article du règlement dans le viseur
Le document officiel de la FIA est clair : la voiture 81, celle de Piastri, fait l’objet d’une enquête pour une possible infraction à l’article B4.1.1 du règlement sportif de la Formule 1. L’incident est décrit comme une gêne « présumée » de la voiture 30, celle de Lawson, au virage 2 à 16h38.
Piastri lui-même, en conférence de presse avant son passage chez les commissaires, reconnaît la complexité de la situation : il explique être sorti des stands avec un énorme différentiel de vitesse par rapport aux voitures déjà lancées, et admet ne pas vraiment savoir d’où Lawson est arrivé. Il annonce vouloir revoir les images avec son équipe.
Les commissaires, eux, devront trancher : simple incident de course dans le trafic dense de Monza, ou véritable gêne méritant une sanction sur la grille ?
Une deuxième ligne sous tension
La qualification de Piastri reste, sportivement, une performance majeure : accéder à la Q3 dans ce contexte, puis signer le troisième temps derrière Gasly et Russell, offre à McLaren une position stratégique pour le Grand Prix. Mais cette troisième place est désormais en sursis.
Une pénalité, même légère, pourrait tout rebattre. Quelques places de recul sur la grille, et c’est toute la physionomie de la deuxième ligne qui se transforme pour le départ de dimanche. Un cadeau potentiel pour les rivaux directs, et un coup dur pour un Piastri qui semblait parfaitement lancé pour jouer aux avant-postes.
À Monza, la vitesse pure ne suffit jamais. Les chronos tombent en quelques minutes, mais les décisions des commissaires peuvent, elles, redistribuer les cartes jusqu’au bout. La vraie question est désormais simple : Piastri gardera-t-il sa place sur la grille, ou ce samedi soir italien marquera-t-il un premier tournant dans son week-end lombard ?




