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Pelicans : enjeux et défis de la saison 2023-2024

26 victoires, 56 défaites, 11e à l’Ouest, pas de playoffs. Les chiffres de la saison passée des Pelicans claquent comme un rappel brutal : cette équipe est encore très loin de ses ambitions. Et pourtant, New Orleans a choisi de ne presque rien bouleverser.

Pas de grand ménage, pas de révolution. Le front office a décidé de « rejouer » avec le même noyau, en misant sur la progression interne. Un pari assumé, mais un pari exigeant : les jeunes n’ont plus le droit de simplement promettre, ils doivent livrer.

Une continuité risquée, mais assumée

Les arrivées existent, bien sûr : AJ Johnson, Bennedict Mathurin, Jaron Pierre Jr., Trendon Watford. Des renforts intéressants, mais pas le genre de noms qui redessinent instantanément la hiérarchie à l’Ouest.

Le message est clair : la base, ce sont déjà ceux qui sont là. Jeremiah Fears et Derik Queen, notamment. Les deux ont laissé entrevoir de belles choses lors de leur saison rookie, suffisamment pour qu’on les imagine frapper à la porte d’un rôle bien plus important dès cet exercice. Leur développement n’est plus un luxe, c’est une nécessité. La future identité des Pelicans repose sur eux.

Autour d’eux, les responsabilités sont connues. Trey Murphy doit franchir un palier. Zion Williamson doit simplement… être là. Présent. En forme. Disponible. Et quand les matches se joueront dans le money-time, ce sont des joueurs comme Dejounte Murray et le nouveau venu Mathurin qui devront prendre le contrôle.

Si ce n’est pas le cas, un autre scénario s’écrira très vite : celui d’un Dejounte Murray au cœur des rumeurs à la trade deadline. Le calendrier n’attendra pas que New Orleans se trouve des excuses.

Herbert Jones, l’heure du verdict

S’il y a un joueur qui cristallise cette idée de « saison charnière », c’est Herbert Jones.

Il y a quelques années, il s’imposait comme l’un des défenseurs les plus intrigants de la ligue. Long, intelligent, capable de défendre plusieurs profils, plus grands, plus rapides, peu importe. Sa montée en puissance l’avait conduit jusqu’à une place en First Team All-Defense en 2024, symbole de son impact et de la progression des Pelicans.

Puis la courbe s’est infléchie. La dynamique s’est cassée. Jones a reculé.

À 28 ans, il entre dans ce qu’on appelle communément la prime. Le moment où un joueur montre vraiment qui il est, et ce qu’il vaut sur le marché, que ce soit pour son équipe ou dans l’optique d’un transfert. Pour lui, tout se jouera sur deux axes.

D’abord, le tir à 3 points. Son adresse extérieure est tombée à 31 % sur les deux dernières saisons. Trop peu pour qu’il devienne une vraie menace et pour ouvrir le jeu autour de Zion. Ensuite, la défense. Il veut se réinstaller parmi l’élite, retrouver ce statut de terreur silencieuse sur les lignes extérieures.

Si Jones parvient à cocher ces cases, les Pelicans se retrouveront dans une situation nettement plus confortable. Sinon, ils devront se demander s’ils peuvent encore construire avec lui à long terme.

La peinture, royaume de Zion… et talon d’Achille collectif

Un chiffre résume à lui seul le paradoxe offensif de New Orleans : 58 %.

Les Pelicans ont terminé en tête de la ligue en pourcentage de tirs pris dans la raquette la saison dernière : 58 % de leurs tentatives venaient de la peinture. Une équipe qui vit près du cercle, portée par un bulldozer nommé Zion Williamson.

Zion a d’ailleurs terminé troisième de la ligue en nombre de tirs tentés dans la peinture, avec 791 tentatives. Et il a été efficace : 60,3 % de réussite près du cercle. Mieux que la moyenne de la ligue (57,8 %), et sa meilleure marque sur les trois dernières saisons.

Le problème, c’est tout le reste.

Collectivement, les Pelicans n’ont converti que 55,4 % de leurs tirs dans la peinture, soit le deuxième pire pourcentage de la NBA. Trop de gâchis près du cercle pour une équipe qui s’y engouffre aussi souvent. Herbert Jones, Micah Peavy et Jordan Poole font partie des 41 joueurs de la ligue à avoir tenté au moins 100 tirs dans la peinture tout en restant sous la barre des 50 % de réussite. Trois noms issus du même effectif dans une telle catégorie, c’est un signal d’alarme.

Bennedict Mathurin ne vient pas forcément résoudre ce problème-là. Sur sa carrière, il tourne à 51,5 % dans la peinture, un chiffre correct sans être dominant. Là où il peut vraiment changer la donne, c’est sur la ligne des lancers francs. Sa capacité à provoquer des fautes et à aller chercher des points faciles peut compenser une partie de l’inefficacité près du cercle. Dans une équipe qui a besoin de maximiser chaque possession, ce détail compte.

Cinq rendez-vous à ne pas manquer

La saison régulière sera longue, mais certains soirs diront plus de choses que d’autres sur la trajectoire de cette équipe.

  • 21 octobre : Pelicans – Pacers
    Le ton sera donné dès l’ouverture. Ce match offrira un premier aperçu de la direction prise par New Orleans. Mathurin retrouvera son ancienne équipe, et le duel Dejounte Murray – Tyrese Haliburton promet une opposition de styles fascinante à la mène.
  • 6 novembre : Pelicans – Timberwolves
    Deux anciens premiers choix de Draft face à face : Zion Williamson et Anthony Edwards. Deux trajectoires opposées jusqu’ici. Ant a grimpé vers le statut de superstar incontestable. Zion, lui, cherche encore la continuité. Peut-il enfin suivre cette voie, ou son corps l’en empêchera-t-il encore ?
  • 18 novembre : Pelicans – Pistons
    Le début d’une séquence révélatrice. Trois matches de rang face aux Pistons, au Thunder puis aux Spurs. Trois jeunes équipes ambitieuses, trois styles différents. Un test précoce pour jauger le niveau réel des Pelicans dans le paysage de l’Ouest.
  • 29 novembre : Pelicans – Trail Blazers
    Un autre duel de Draft. 2019, premier choix : Zion Williamson. Deuxième : Ja Morant. Les deux essaient de remettre leur carrière sur les rails et de répondre enfin aux attentes énormes qui accompagnaient leur arrivée en NBA. L’affiche a une portée symbolique évidente.
  • 2 février : Pelicans – Magic
    Jamahl Mosley reviendra à Orlando, là où il a conduit le Magic en playoffs trois saisons de suite. Une soirée chargée d’émotion pour lui, mais aussi un rappel très concret de ce qu’il a déjà su bâtir avec un jeune noyau.

Mosley, l’homme chargé de tout recadrer

C’est là que tout converge : sur le banc.

Les Pelicans ont confié le projet à Jamahl Mosley, recruté pour encadrer, structurer, canaliser ce groupe jeune et parfois dispersé. À Orlando, il a prouvé qu’il savait faire grandir un noyau prometteur, avec Franz Wagner et Paolo Banchero en têtes d’affiche. Le Magic est devenu, sous sa houlette, une équipe solide défensivement, disciplinée, difficile à jouer.

New Orleans, de son côté, a passé les deux dernières saisons dans le bas du classement défensif. Trop de largesses, trop de possessions abandonnées. Mosley arrive avec la mission de changer cette culture, de transformer une équipe spectaculaire par séquences en groupe fiable sur 48 minutes.

Pour Joe Dumars, président de la franchise, ce choix de coach ressemble à une décision pivot. S’il parvient à créer un lien fort avec le cœur du vestiaire, à faire adhérer Zion, Murray, Mathurin, Fears, Queen et les autres à son exigence, alors les Pelicans pourront enfin se concentrer sur un autre chantier : ajouter du talent autour d’un noyau stabilisé, plutôt que de tout repenser chaque été.

La saison qui s’ouvre ne pardonnera pas les faux-semblants. New Orleans a choisi la continuité, la progression interne, la foi dans son propre projet. Reste une question, simple et brutale : ce groupe a-t-il vraiment le niveau pour justifier ce pari, ou cette année marquera-t-elle le début d’un nouveau cycle de remises en question ?