Le pays de Galles face à un défi de taille en Nations League
Le pays de Galles remonte dans l’élite de la Nations League avec un visage à la fois rajeuni et amoindri. Craig Bellamy a choisi son camp : il assume le risque.
Le sélectionneur a offert une première convocation à Cian Ashford, attaquant de Cardiff City, récompensé pour son début de saison tranchant en Championship. Un pari offensif, presque un symbole, au moment où la sélection s’apprête à croiser Erling Haaland et Cristiano Ronaldo dans une Ligue A impitoyable.
Sans Joe Rodon, face aux géants
Le revers est brutal : Joe Rodon, pilier de la défense, manquera ce retour au plus haut niveau. Le défenseur central, touché aux ischio-jambiers, est forfait pour ce rassemblement. À ses côtés, Dylan Lawlor, son partenaire habituel, n’est toujours pas apte à rejouer cette saison en raison d’un problème au genou. Ronan Kpakio, autre défenseur de Cardiff, manque lui aussi à l’appel.
Résultat : Bellamy se retrouve à reconstruire son axe défensif au moment précis où le calendrier le jette dans la cage aux lions. Portugal, Danemark, Norvège : trois nations mieux classées, trois styles différents, un même niveau d’exigence.
Le premier rendez-vous est fixé au 24 septembre au Portugal, champion en titre de la Nations League. Derrière, un enchaînement sans répit : double confrontation face au Danemark et réception de la Norvège, quart de finaliste de la Coupe du monde, à Cardiff le 1er octobre.
Le retour des cadres… et des repères
Tout n’est pas sombre. Harry Wilson (Leeds United) et Jordan James (Wolves) reviennent dans le groupe après avoir manqué les amicaux de juin contre le Ghana et la Roumanie. Ben Cabango (Swansea City) retrouve lui aussi la sélection.
Mark Harris et Liam Cullen sont rappelés, tout comme Wes Burns, désormais à Leicester City. Le milieu offensif aux 10 sélections peut espérer une première apparition internationale depuis 2024. Un retour qui apporte de l’expérience dans un secteur offensif largement remodelé.
Capitaine Ben Davies, lui, tient son rang. Présent dans le groupe cet été sans jouer, le défenseur de 33 ans a enfin retrouvé les terrains avec Tottenham après une grave blessure à la cheville en janvier. Il vise maintenant sa première cape avec le pays de Galles depuis octobre 2025, soir de sa 100e sélection.
Ashford, la récompense
À 21 ans, Cian Ashford débarque dans un contexte brûlant. Ses performances avec Cardiff en début de saison lui ont ouvert une porte que peu imaginaient si tôt. Il rejoint un secteur offensif où figure aussi Lewis Koumas (Liverpool), autre jeune espoir appelé à franchir un cap.
Cardiff paie cependant un lourd tribut aux blessures : Isaak Davies et Rubin Colwill sont indisponibles. Au milieu, Kai Andrews reste à quai malgré un excellent début de saison à Oxford United, où il est prêté par Coventry City, club d’Aaron Ramsey. Le message est clair : la concurrence est féroce, même dans une phase de transition.
Ronaldo, Haaland… et une tempête annoncée
Les adversaires n’ont pas encore dévoilé leurs listes, mais tout indique que Cristiano Ronaldo sera là pour lancer la nouvelle ère du Portugal sous les ordres de Jorge Jesus, son ancien entraîneur en Saudi Pro League. La Norvège, elle, s’appuiera sur Haaland. Le Danemark, toujours aussi structuré, reste une référence européenne.
Et le pays de Galles dans tout ça ?
L’équipe reste sur quatre matches sans victoire. Sa dernière grande performance face à une nation majeure remonte à octobre 2023, un succès 2-1 contre la Croatie. Depuis, plus rien face aux sélections du top 20 mondial. Sous Bellamy, les Gallois n’ont pas encore battu une équipe mieux classée qu’eux.
Aujourd’hui, ils abordent cette Nations League au 38e rang mondial, leur pire position depuis août 2014. Et voilà qu’ils enchaînent Portugal, Danemark, Norvège, puis à nouveau Danemark, en dix jours.
Un sélectionneur secoué, un staff renouvelé
Ces matches arrivent au terme d’une période agitée pour Bellamy. Le sélectionneur est passé tout près de quitter son poste après des discussions avancées avec Burnley, en Championship. Pendant ce temps, son staff a été décimé : son adjoint Piet Cremers est parti travailler en Belgique, tandis que James Rowberry a choisi de se concentrer sur son rôle d’entraîneur adjoint à Stoke City.
Bellamy a réagi en rappelant des figures familières : l’ancien capitaine Ashley Williams et l’ex-entraîneur de Swansea City Alan Sheehan rejoignent le staff. Deux voix fortes pour accompagner un groupe qui doit se relever d’une claque encore fraîche : l’élimination en mars, aux tirs au but, face à la Bosnie-Herzégovine en barrages, qui a privé le pays de Galles de Coupe du monde.
Cette Nations League ne ressemble donc pas à une simple parenthèse. Elle sonne comme un test de caractère.
Une défense à recomposer, un capitaine en quête de renaissance, un jeune attaquant lancé dans le grand bain, un sélectionneur sous pression et un calendrier impitoyable.
Pour le pays de Galles, la question n’est plus seulement de savoir comment contenir Ronaldo ou Haaland. Elle est de découvrir si cette génération, guidée par Bellamy, peut encore frapper au-dessus de son rang ou si ce retour dans l’élite ne sera qu’un court passage.




