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Paul Gallen défie Nelson Asofa-Solomona : le retour du vétéran

Paul Gallen n’en avait donc pas vraiment terminé. À 45 ans, l’ancien capitaine des Sharks, champion NRL, va ressortir les gants pour affronter le géant Nelson Asofa-Solomona, ex-colosse de Melbourne Storm, dans un combat programmé le vendredi 6 novembre à Sydney.

Un choc de générations, de gabarits, mais surtout d’ego.

Une revanche personnelle avant même la cloche

L’annonce, faite dans l’émission Today sur Nine, tombe un mois après une première salve verbale. À l’époque, Gallen s’en était violemment pris à Asofa-Solomona et à la société de promotion No Limit Boxing, accusée d’avoir fait fuiter des détails des négociations alors que, selon lui, rien n’était bouclé sur le plan financier.

En coulisses, il se murmurait que Gallen refusait de remonter sur le ring pour moins d’un million de dollars garantis. Interrogé par nine.com.au, il n’a pas confirmé le chiffre, mais n’a pas non plus cherché à l’éteindre.

L’ancien pilier NRL, devenu consultant vedette de Nine, allait même plus loin : selon lui, No Limit veut le rappeler uniquement pour qu’il « casse » le contrat de trois ans signé avec Asofa-Solomona.

« Je vais vous dire pourquoi ils veulent que je revienne. Ils veulent que je revienne et que je le batte parce qu’ils savent qu’il est nul », lâchait-il le mois dernier.

Les mots ont laissé des traces. Et le combat, désormais, a un parfum de règlement de comptes.

« Je l’ai aidé… et il me manque de respect »

Invité à nouveau sur Today pour officialiser l’affiche, Gallen n’a pas calmé le jeu. Au contraire. Il a raconté comment, selon lui, il avait donné un coup de pouce décisif à Asofa-Solomona fin 2023.

« Plusieurs émotions là-dedans – un peu de nervosité, j’ai hâte au défi, mais je suis un peu déçu par Nelson et certaines choses qui se sont passées fin de l’année dernière », explique-t-il.

La scène qu’il décrit se déroule lors de la finale Pacifique entre la Nouvelle-Zélande et les Samoa. Gallen y croise Asofa-Solomona. No Limit lui propose alors un combat à Las Vegas. Il refuse… et conseille au Kiwi de prendre sa place.

« Je l’ai vu à la finale Pacifique, je lui ai dit que No Limit m’avait demandé de me battre à Las Vegas, et je lui ai dit que je ne prendrais pas ce combat et que c’était à lui de le faire. Je les ai même appelés pour lui, j’ai fait de mon mieux pour Nelson… et mon nom n’a pas arrêté de sortir de sa bouche depuis. »

La rancœur est nette.

« Je suis un peu déçu, j’ai fait tout ce que je pouvais pour l’aider à lancer sa carrière de boxeur. Je ne réclame pas le mérite de sa carrière, mais je suis allé au front pour lui. Qu’il me défie maintenant, je trouve ça un peu irrespectueux. J’ai hâte à ce défi. »

Dans son entourage, certains lui conseillent de rester à la retraite. Lui n’écoute pas.

« Il y a des gens proches de moi qui me disent de ne pas le faire, mais je compétitionne depuis que j’ai cinq ans. C’est ce que je fais, c’est ce à quoi je suis habitué. Personne n’a réussi à m’arrêter jusqu’ici, et je ne pense pas que ce type va y arriver. »

Puis la phrase qui résume l’état d’esprit du vétéran :

« Je l’ai aidé à démarrer… et le manque de respect qu’il me montre pour ça, il n’y a aucun honneur dans ce qu’il a fait. Tu m’as demandé de sortir de ma retraite, tu m’as appelé. Maintenant tu vas avoir le vieux taureau et les cornes. Je vais t’écraser la tête. »

Asofa-Solomona réplique : « Il raconte des salades »

De l’autre côté de l’écran, dans un autre lieu, Nelson Asofa-Solomona écoute et sourit jaune. Lui aussi est en duplex dans Today. Et il nie en bloc l’idée que Gallen ait joué un rôle clé dans son arrivée chez No Limit.

« Gallen raconte des salades, il n’a absolument rien fait pour ma carrière de boxeur », rétorque-t-il.

Le ton est moqueur, presque condescendant.

« Je suis reconnaissant pour l’opportunité, mais il devrait être reconnaissant que je lui offre un joli petit chèque pour l’envoyer à la retraite avant sa pension. »

Le décor est planté : un vétéran persuadé d’avoir été trahi, un colosse convaincu qu’il va expédier la légende vers la sortie. Les gants n’ont pas encore été lacés que la guerre psychologique bat déjà son plein.

Le palmarès contre la puissance brute

Sur le papier, le contraste est saisissant. Gallen, 45 ans, a déjà bâti une vraie carrière sur le ring. Son bilan : 16 victoires, 2 défaites, 1 nul. Ses seuls revers sont venus face au poids lourd en pleine ascension Justis Huni et contre Kris Terzievski.

Loin d’un faire-valoir, il a même déjà effectué un retour de retraite : en juillet dernier, il avait dominé Sonny Billy Williams aux points.

En face, Asofa-Solomona débarque avec un CV très différent. L’ancien pilier de Melbourne Storm a surpris le monde NRL en rompant soudainement son contrat pour signer avec No Limit et se consacrer à la boxe. Trois combats, trois victoires, toutes par KO. Impressionnant sur le papier, beaucoup moins quand on regarde les noms : Jeremy Latimore, Jarrod Wallace, George Burgess. Tous anciens joueurs de rugby à XIII, aucun véritablement installé dans le noble art.

La marche, cette fois, s’annonce plus haute. Gallen représente une autre catégorie : plus petit, plus âgé, moins actif sportivement ces dernières années – un seul combat professionnel en quatre ans – mais aguerri, dur au mal, rompu aux soirées sous les projecteurs.

Face à lui, Asofa-Solomona apporte 200 centimètres de puissance brute, une allonge démesurée et une force de frappe qui a déjà fait des dégâts, même si c’était contre des adversaires au pedigree discutable.

Le vieux taureau contre le jeune colosse

Ce combat ne se résume pas à un simple affrontement entre un ancien du NRL et un ex-avant de Melbourne Storm reconverti. Il oppose deux trajectoires.

D’un côté, un compétiteur qui refuse l’idée même de la fin, prêt à remettre son corps en jeu pour laver un affront et rappeler qu’il n’a jamais été un nom facile sur une affiche. De l’autre, un géant qui veut prouver que ses KO ne sont pas qu’un produit marketing, et que son pari de quitter la NRL pour la boxe n’est pas une lubie.

La date est fixée, la ville aussi. Les mots ont déjà frappé fort. Reste à voir, en novembre, si la vieille science de Gallen peut vraiment contenir la furie d’Asofa-Solomona… ou si ce retour tardif deviendra le combat de trop.