Palacios rejoint Town : un coup de tonnerre pour le club
Dans le bureau de Gary O’Neil, la nuit a dû paraître courte. Exequiel Palacios est officiellement un joueur de Town, et le manager ne s’en cache pas : le club vient de frapper un grand coup.
Le milieu argentin, champion du monde, a paraphé un contrat jusqu’à l’été 2030 après un accord trouvé avec Bayer Leverkusen autour de 22,5 millions d’euros, plus 5 millions d’euros de bonus. Leverkusen conservera par ailleurs 10 % sur une future revente. Pour un promu, c’est un mouvement qui ressemble à une déclaration d’intentions.
O’Neil, lui, parle d’« incroyable recrue ». Et ce n’est pas un mot lancé au hasard. « C’est un garçon talentueux, qui a connu un énorme succès ces dernières années, en club comme en sélection », souligne le coach, conscient de l’onde de choc que provoque une telle signature dans un vestiaire et dans un championnat où Town débarque à peine.
Un été de travail, une signature symbole
Rien n’a été simple dans ce dossier. Town est revenu à la charge plusieurs fois ces dernières semaines, jusqu’à ce que le deal devienne presque inévitable. O’Neil n’a pourtant jamais vraiment tremblé.
« Je savais qu’il viendrait », assure-t-il. Le plus dur ? L’accord entre clubs. Une fois la discussion engagée avec le joueur, le ton était donné : Palacios voulait venir. Vraiment. « Je pouvais sentir qu’il était désespéré de venir jouer pour ce club », raconte le manager, qui y voit le signe d’un projet qui a changé de taille.
Cette signature, O’Neil ne la détache pas du reste du travail mené ces deux derniers mois. Il cite les fidèles, ceux qui ont tenu la baraque : Dara O’Shea, Jacob Greaves, Leif Davis, et « beaucoup d’autres ». Huit semaines de séances intenses, de réglages tactiques, de progression collective.
Résultat : un groupe qui commence à croire qu’il peut « faire quelque chose de spécial cette année ».
Manchester United en ligne de mire
Les supporters ne devraient pas attendre longtemps avant de voir leur nouvelle star. O’Neil ne joue pas le suspense : Palacios devrait faire ses débuts dès dimanche, sur la pelouse de Manchester United. « Je suis sûr que vous le verrez dimanche. Je suis sûr que vous le verrez », glisse-t-il, comme une promesse.
Le timing est brutal, presque idéal. Un promu, une recrue majeure, un déplacement à Old Trafford : décor parfait pour mesurer le nouveau visage de Town.
Palacios, lui, arrive avec un léger retard dans la compréhension tactique, reconnaît son entraîneur. Le reste, en revanche, est déjà là : le caractère, la rage, la culture de la gagne.
L’aimant Premier League
Pourquoi quitter Leverkusen, où il gagnait et jouait l’Europe, pour un promu anglais ? La réponse, O’Neil la donne sans détour : le milieu argentin veut se tester dans ce qui reste, à ses yeux comme à ceux de son coach, « le meilleur championnat du monde, le plus exigeant ».
Le manager lui a vendu un projet clair : la façon de jouer, sa place dans le système, le rôle qu’il doit endosser pour faire grandir l’équipe. Les deux hommes ont trouvé « une vraie alignement » sur la manière d’avancer ensemble. Un mot-clé dans ce genre de transfert : Palacios ne vient pas en star détachée, mais comme pièce maîtresse d’un plan.
Et derrière le joueur, c’est tout un profil que vise O’Neil : « Il apporte un désir de gagner. Il est sud-américain, j’en ai coaché beaucoup. Ils amènent une passion incroyable pour le jeu, une envie de victoire presque désespérée. » Exactement le genre de tempérament qu’il juge indispensable pour survivre à une saison à 38 journées, sans compter les coupes.
Un effectif qui s’épaissit, une ambition assumée
O’Neil le répète : la saison sera longue. Très longue. Il veut « autant de corps que possible », mais pas n’importe lesquels. Qualité, expérience, jeunesse, athlétisme : le staff a ciblé chaque case que la Premier League va tester, et Palacios coche celle de la maîtrise technique et de la personnalité au cœur du jeu.
Town ne se contente pas de ce seul coup. Les arrivées de Issa Diop, Sasa Lukic et d’autres profils venus de différents continents témoignent d’un club qui ne se contente plus de survivre.
Pour un promu, réussir à attirer ce type de joueurs dit quelque chose de la trajectoire.
Ce n’est pas un hasard si O’Neil lui-même a choisi ce projet plutôt que d’autres portes de retour vers l’élite. Il travaillait en France, appréciait son poste, et ne comptait pas partir pour « n’importe quoi ». Il a été convaincu par l’ambition affichée, par le soutien offert aux entraîneurs, par la direction prise. Les joueurs, désormais, répondent au même appel.
Le vrai examen, chaque week-end
Cette signature envoie-t-elle un message au reste du championnat ? O’Neil refuse de se perdre dans la communication. « J’essaie de faire une déclaration à 15 heures le samedi », lâche-t-il. Le reste, ce sont les autres qui l’interpréteront.
Pour lui, l’examen est simple : il arrive chaque week-end, au coup de sifflet. C’est là que se juge le travail de l’été, l’audace du mercato, la solidité de ce projet qui veut déjouer les statistiques souvent cruelles pour les promus.
Les propriétaires ont donné les moyens, le mercato a servi à rendre l’équipe « compétitive », ce qui, rappelle O’Neil, est indispensable quand on regarde l’histoire récente des clubs montés de Championship.
Palacios vient ajouter une couche de qualité, de caractère et de crédibilité.
La question n’est plus de savoir si Town a sa place en Premier League. Elle est plus tranchante : jusqu’où ce club, avec un champion du monde au cœur de son milieu, peut-il repousser son plafond cette saison ?




