Openda et son passage à la Juventus : une connexion manquée
Loïs Openda n’a pas l’intention de réécrire l’histoire. Son passage à la Juventus, en 2025-26, n’a pas été un succès, mais pour l’attaquant belge, ce n’était pas une erreur. Juste un rendez-vous manqué.
Aujourd’hui prêté à Lyon, où il a déjà inscrit deux buts en huit apparitions cette saison, le joueur de 26 ans est revenu, dans un entretien à L’Équipe relayé par la Gazzetta, sur cette saison compliquée à l’Allianz Stadium.
Une idée claire du projet… sur le papier
Avant de poser ses valises à Turin, Openda avait pourtant reçu des garanties.
« J’ai parlé avec Damien Comolli, qui était alors directeur du club, et il m’a expliqué comment il comptait m’utiliser dans un championnat difficile », raconte-t-il.
Le plan était clair : exploiter sa vitesse, ses appels dans la profondeur, sa capacité à attaquer les espaces. Le problème, c’est que la Serie A ne se prête pas toujours à ce registre.
« En Italie, l’équipe qui exploite vraiment la profondeur, c’est l’Inter. La Roma commence seulement à le comprendre », souligne-t-il.
Le décor est planté : un attaquant taillé pour les grands espaces, parachuté dans un championnat où les défenses reculent rarement.
Coincé derrière Vlahovic et David
À la Juventus, la concurrence était féroce.
« L’entraîneur me voulait, mais Vlahovic et David jouaient déjà à mon poste », explique Openda.
La hiérarchie est claire, et le Belge doit se contenter de miettes. Il trouve pourtant des repères, notamment avec Jonathan David.
« J’avais une bonne connexion avec David », confie-t-il.
Deux profils complémentaires, une entente naturelle. Mais le collectif, lui, ne suit pas.
« L’équipe n’avait pas l’habitude de jouer avec un joueur qui attaque la profondeur, et Vlahovic avait tendance à garder le ballon pour lui. » Phrase lourde de sens. Openda décrit un système pensé pour un avant-centre de fixation, pas pour un sprinteur lancé dans le dos des défenses.
Résultat : une saison terne. Sous les ordres d’Igor Tudor puis de Luciano Spalletti, il ne parvient jamais à s’imposer. Un seul but en 34 apparitions toutes compétitions confondues. Les chiffres parlent.
« Pour jouer, il fallait partir »
Openda n’a pourtant pas lâché.
« J’ai essayé de saisir ma chance, et parfois je l’ai eue, mais vers la fin de la saison, j’ai compris que pour jouer, je devais partir », admet-il.
Le constat est lucide, sans amertume apparente. Il ne charge ni les entraîneurs, ni le club. Il décrit un contexte, un style de jeu, une incompatibilité footballistique plus qu’un échec personnel.
Et malgré cette saison frustrante, il refuse de parler de mauvais choix.
« Ce n’était pas une erreur, et ça m’a permis de travailler sur des aspects que je n’avais pas envisagés », assure-t-il.
« Je savais exactement dans quoi je m’engageais, et je suis sûr que dans d’autres circonstances, ça se serait mieux passé. »
Nouveau départ à Lyon, sans option d’achat
L’histoire s’écrit désormais à Lyon. Le club français a déboursé 3,5 M€ pour obtenir son prêt pour la saison 2026-27. Aucun option d’achat n’a été incluse. Un détail qui en dit long : la Juventus ne l’a pas définitivement rayé de ses plans.
Openda, lui, a retrouvé du temps de jeu, un environnement plus adapté à ses qualités, et un championnat qui sait mieux valoriser les attaquants de profondeur. La connexion manquée avec Turin pourrait bien devenir, avec le recul, un simple virage dans une carrière qui cherche encore son point d’équilibre.
La question est désormais simple : cette parenthèse lyonnaise sera-t-elle un tremplin pour enfin imposer son profil… ou le prélude à un nouveau bras de fer avec la Juventus sur son avenir ?




