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Nuit de braise à New York : Tiafoe renverse Michelsen, Sabalenka s'accroche

Arthur Ashe Stadium a encore tremblé. Pas pour une finale, pas pour un titre, mais pour ce genre de soirée où une carrière bascule et où un tournoi change de ton.

Tiafoe, du gouffre à l’extase

Frances Tiafoe était à deux doigts de la sortie. Mené deux manches à rien par Alex Michelsen, bousculé, dépassé, il semblait promis à une élimination sèche. Score de départ : 5-7, 3-6. Le public murmurait plus qu’il n’y croyait.

Puis le match a pris feu.

Tiafoe a d’abord recollé au courage, en serrant le jeu dans les moments clés : 7-5 dans le troisième set, 6-3 dans le quatrième. Les mêmes chiffres, mais une toute autre histoire. L’aisance de Michelsen s’est muée en crispation, la gestuelle fluide du début en gestes un peu plus lourds. Le stade, lui, a changé de camp.

La cinquième manche a été un bras de fer, tendu jusqu’au bout. Tie-break décisif, tension maximale. Tiafoe a pris les devants, 7-4, comme s’il refusait de revivre les fantômes des cinq sets passés. Michelsen est revenu, point après point, jusqu’à se retrouver à une longueur seulement.

Et c’est là que l’Américain de 26 ans a frappé le coup de massue : un ace à 135 mph, en plein milieu de la boîte, libérateur. Derrière, une faute en retour de Michelsen, puis un passing long de ligne, chirurgical, pour conclure. 7-6 (10-6) au tie-break final. Arthur Ashe a explosé.

Au filet, l’image a figé la nuit new-yorkaise : Michelsen en larmes, serré dans les bras de Tiafoe. Le vainqueur, 11e tête de série, sait ce que ce genre de défaite laisse comme cicatrice. Il sait aussi ce que ce genre de victoire construit.

Il disputera une nouvelle demi-finale de l’US Open, la troisième de sa carrière, face au vainqueur du duel Ben Shelton – Carlos Alcaraz. Quatre heures et quarante minutes de combat dans les jambes, mais aucune hésitation : Tiafoe a déjà annoncé qu’il regarderait ce choc. Normal. Sa route vers le titre passera par là.

Sabalenka vacille, mais ne rompt pas

Avant ce thriller nocturne, la journée avait déjà offert un autre combat à couteaux tirés. Aryna Sabalenka, tête de série n°1, a flirté avec la sortie face à Linda Noskova, n°6, dans un quart de finale qui a tenu toutes ses promesses : 7-6 (1), 3-6, 7-6 (7).

La Biélorusse a démarré fort, comme souvent. Gros service, prises de balle précoces, domination nette. Le premier set semblait plié, jusqu’à ce que Noskova s’accroche, s’installe dans l’échange et arrache un tie-break. Mauvaise idée pour elle : Sabalenka a haussé le ton et plié le jeu décisif 7-1, avec une autorité glaciale.

On pensait la machine lancée. Elle s’est enrayée.

Noskova a pris le contrôle du deuxième set, plus agressive, plus présente vers l’avant. Une balle de break convertie, un service solide dans les moments chauds, et la Tchèque a égalisé en claquant le set 6-3, conclu par sa 12e ace. La n°1 mondiale a alors semblé vaciller, comme lors de ces rencontres où la bascule mentale lui a déjà coûté cher.

Le troisième set a ressemblé à un test psychologique grandeur nature. Quand Noskova a pris le break pour mener 4-2, le scénario d’une nouvelle implosion de Sabalenka a flotté dans l’air. Mais cette fois, la réaction a été immédiate : break blanc dans la foulée, retour à hauteur, gestes plus fermes, regard plus dur. Les démons sont restés au vestiaire.

La fin s’est jouée au couteau, encore une fois au tie-break. Sabalenka a pris un mini-break d’avance, Noskova est revenue, refusant de lâcher. La n°1 a finalement repris l’ascendant sur un dernier effort de puissance, avant de fermer la porte avec un ace, symbole de sa soirée : chahutée, mais debout.

Elle poursuit ainsi sa quête d’un triplé historique à New York, avec une nouvelle demi-finale au programme. En face, une Américaine l’attend : Jessica Pegula ou Emma Navarro. Une affiche qui promet une ambiance électrique, mais Sabalenka sait désormais qu’elle peut survivre aux matches qui tanguent.

New York, théâtre des retournements

Cette journée à Flushing Meadows aura été un manifeste du tournoi : rien n’est acquis, pas même pour les favoris, pas même avec deux sets d’avance. Tiafoe a retourné un gouffre en sommet. Sabalenka a transformé la peur en autorité.

La suite ? Un tableau qui se resserre, des corps marqués, des têtes mises à l’épreuve. Les demi-finales approchent, et une question s’impose : qui, dans cette fournaise new-yorkaise, tiendra le plus longtemps sans rompre ?