logo

Nottinghamshire et Hampshire s'affrontent à Trent Bridge : un match à 19 guichets

À Trent Bridge, la journée a basculé dans la folie. Dix-neuf guichets, des jeunes en feu, un prétendant au titre au bord d’une victoire aussi brillante que précaire, et un candidat à la relégation accroché à ce qui ressemble à une dernière bouée.

À la tombée de la nuit, Hampshire, 61-6 dans sa deuxième manche, avait encore besoin de 117 points pour renverser Nottinghamshire et décrocher seulement sa troisième victoire de l’été. Nottinghamshire, lui, voyait déjà se dessiner un succès capital dans la course au titre, mais rien, absolument rien, n’était assuré.

Un premier acte dominé, mais un match loin d’être plié

La journée avait pourtant commencé sous contrôle pour Nottinghamshire. Hampshire, reparti sur 267-7 avec dix overs de bonus à jouer dans sa première manche, a été limité à 304. Les locaux ont arraché leur troisième et dernier point de bonus au bowling avec seulement 16 balles de marge.

Hampshire, lui, a manqué de peu un deuxième point de bonus au bâton, sa dernière paire restant à neuf unités de la barre requise au moment du cut-off, avant de fermer la manche à 304. Dans un championnat où chaque point compte, cette petite marge pourrait peser lourd au moment des comptes.

Jake Lehmann, impérial, est resté invaincu à 133*, tenant à bout de bras une formation engluée au pied du classement. Mais avec un déficit de 73 points sur la première manche, Hampshire semblait condamné à courir derrière.

Jack et Lumsden renversent Nottinghamshire

Quand Nottinghamshire est revenu au bâton, 35 minutes avant le déjeuner, on pouvait presque imaginer les scénarios de déclaration, la gestion du temps, la taille du total à fixer.

Ces calculs ont explosé en vol.

Eddie Jack, qui a fêté ses 21 ans mercredi, a déclenché le chaos. Haseeb Hameed a vite glissé une balle derrière pour 5, puis Freddie McCann a offert un simple catch à third man pour 4. Deux coups de semonce, et le ton était donné.

Six balles après l’intervalle, Jack a fait sauter le off stump de Ben Slater. En 17 balles, il a balayé le top 3. Nottinghamshire, passé de 13 sans perte à une situation d’alerte rouge, a vu débarquer un autre phénomène : Manny Lumsden.

Le jeune de 17 ans, pour ses débuts, a frappé avec une maturité glaciale. Vitesse, rebond, agressivité : ses premières sept balles lui offrent déjà deux guichets, ceux de Jack Haynes et Mitchell Hay, pris à la gorge par des balles trop rapides, trop vives.

Le capitaine Ben Brown, impeccable derrière les stumps, se rapproche au passage des 10 prises dans le match. Rien ne lui échappe. Rien n’échappe non plus à la pression qui s’abat sur Nottinghamshire.

Scott Currie s’invite ensuite à la fête : Liam Patterson-White tombe sur un pull top-edge, puis Fraser Sheat est bowled pour 16 après avoir tenté de contre-attaquer sur 28 runs en six overs.

Lumsden revient, frappe encore. Il enlève Olly Stone pour 88-8, puis, après la brève résistance de Joe Clarke (37), Nottinghamshire finit à 104 tout rond. Clarke et Dillon Pennington tombent tous deux sur de superbes prises en course en voulant défier Lumsden, qui boucle une carte de 5-36.

Treize sans perte au départ. 104 all out à l’arrivée. Hampshire a soudainement besoin de 178 points pour gagner. Le match a changé de visage en une session.

Stone et Pennington répliquent, Lehmann tombe, la tension explose

Touché dans son orgueil, Nottinghamshire a répondu avec une férocité à la hauteur de l’enjeu. La surface, plus vivante que la veille, commence à se fissurer. La nouvelle balle parle, et elle parle fort.

Olly Stone et Dillon Pennington lancent chacun un sort de sept overs qui étouffe Hampshire. Les deux rapides arrachent trois guichets chacun, transformant la poursuite de 178 en véritable champ de mines.

Felix Organ top-edge un grand coup de batte et voit Pennington, à mid-on, s’y reprendre à deux fois pour le capter, une prise « à la deuxième tentative » qui résume la tension ambiante. Pennington enchaîne ensuite avec Nick Gubbins et Toby Albert, pris dans un tourbillon où chaque erreur se paie cash.

Albert, en drive, trouve un Sam Seecharan inspiré à backward point. Remplaçant au champ, Seecharan plonge, ramasse la balle au ras du sol et prouve qu’en ce jour électrique, aucune opportunité n’est laissée filer.

Lehmann, héros de la première manche, tente de couper Stone mais top-edge et doit partir pour 2. Stone rejoue alors le rôle qui lui avait offert 10-94 contre Surrey trois matchs plus tôt. Le ton est donné : Nottinghamshire ne lâchera rien.

En un éclair, Hampshire sombre à 11-4. Puis 27-6 quand deux nouveaux batteurs tombent sur le même score. La perspective d’une victoire facile pour les visiteurs s’évapore, remplacée par une lutte pour la survie.

Un dernier acte suspendu à la lumière… et au classement

À 17h, la lumière se dégrade. Le jeu s’arrête. Hampshire a recollé un peu, porté par une septième paire invaincue qui a au moins stabilisé le navire. Le score affiche 61-6, la cible descendue à 117 runs à marquer avec quatre guichets en main.

Le contraste avec le début de journée est saisissant : Nottinghamshire, qui envisageait de gérer une déclaration, se retrouve à devoir arracher quatre derniers guichets sur un terrain nerveux, sous la pression d’une course au titre serrée.

Les points de bonus glanés plus tôt pourraient compter double. Nottinghamshire reste à quatre longueurs de Somerset au sommet, et une victoire ici, avec ce supplément de points, pourrait peser lourd dans le sprint final.

Pour Hampshire, l’équation est bien plus brutale. Une défaite creuserait encore un peu plus un gouffre de 32 points à combler pour éviter la relégation. Une victoire, en revanche, offrirait un sursis inespéré et un signal fort envoyé au reste du championnat.

Tout se jouera sur cette dernière ligne droite à Trent Bridge : quatre guichets, 117 runs, un titre en ligne de mire d’un côté, un maintien en sursis de l’autre. Qui craquera le premier ?