logo

Nicolo Tresoldi : l'attaquant entre deux sélections

Nicolo Tresoldi n’a pas tranché. Pas encore. Alors que plusieurs médias italiens annonçaient déjà son avenir en azzurro comme une formalité, le buteur du Club Brugge a appuyé sur pause. L’Italie pensait tenir sa nouvelle arme offensive, elle doit finalement ranger le maillot pour plus tard.

Selon la presse italienne, le jeune attaquant a rencontré le nouveau sélectionneur Roberto Mancini et le directeur technique Claudio Ranieri au siège de la FIGC. Au menu : son futur international. À la sortie, aucune photo officielle, aucun sourire complice, seulement une demande claire du joueur de 22 ans : du temps. Tresoldi aurait expressément demandé à ne pas être convoqué pour les prochains matches de Nations League.

L’Italie met le dossier au frigo

La conséquence est immédiate. Toujours d’après la Gazzetta dello Sport et La Repubblica, la FIGC a décidé de mettre en suspens la procédure de changement d’association auprès de la FIFA. Le dossier Tresoldi reste ouvert, mais le tampon définitif attendra.

Le buteur veut d’abord boucler son histoire avec les moins de 21 ans allemands. Il l’a fait savoir : avant d’ouvrir une nouvelle page, il veut finir ce cycle-là. Un choix qui en dit long sur son attachement à la DFB, qu’il représente depuis les U19.

Et pendant que les fédérations patientent, Tresoldi, lui, joue. Et marque.

Un buteur en feu à Bruges

À Bruges, l’attaquant s’est imposé comme l’une des attractions du début de saison. Cinq buts en sept matches, une présence constante dans la surface, et un nouveau coup d’éclat mardi, avec un but lors de la défaite 3-2 en Champions League contre Aston Villa. Dans un match de haut niveau, il a encore rappelé pourquoi son nom circule autant.

Ses performances ont alimenté les rumeurs de transfert et attisé l’intérêt de plusieurs sélections. La fin du mois d’août a vu les bruits de couloir se transformer en quasi-certitude côté italien, la Gazzetta affirmant qu’il avait choisi l’Italie. En Allemagne, Bild restait plus prudente : Tresoldi, selon le quotidien, n’avait pas encore décidé.

La vérité tombe aujourd’hui : le dossier est loin d’être clos.

Un parcours à trois couleurs

Né à Cagliari, d’un père italien et d’une mère argentine, Tresoldi porte en lui un mélange de cultures et de footballs. Il a grandi en Italie, avant de partir à 13 ans avec sa famille en Allemagne. Là-bas, il se forme à Hannover 96, où il franchit les étapes jusqu’au monde professionnel.

En 2025, il quitte l’Allemagne pour la Belgique. Club Brugge débourse 7,5 millions d’euros pour le faire venir. Un pari rapidement gagnant. Dès sa première saison, le droitier s’impose, au point d’attirer l’œil du sélectionneur de l’époque, Julian Nagelsmann.

La tentation du Mondial avec l’Allemagne

Nagelsmann ne s’en est jamais caché : Tresoldi a été tout proche de disputer la Coupe du monde avec l’Allemagne. L’ancien sélectionneur l’a reconnu, l’attaquant était « vraiment très proche pendant longtemps » d’une convocation. À ses yeux, Tresoldi est ce joueur qui possède « cet instinct spécial dans la surface de réparation ».

Au final, la liste est tombée sans lui. Trop tôt. Mais Nagelsmann avait laissé une porte grande ouverte : « son heure viendra ». Une phrase qui résonne encore plus fort aujourd’hui.

Car cette heure pourrait arriver sous un autre sélectionneur.

Klopp observe, l’Italie espère

Après un Mondial totalement raté aux États-Unis, au Canada et au Mexique, Nagelsmann a quitté son poste. La DFB a confié la sélection à Jürgen Klopp, qui doit annoncer sa première liste le 17 septembre. Le technicien n’a pas encore évoqué publiquement le cas Tresoldi. Mais le timing, lui, interpelle : l’attaquant demande du temps, l’Allemagne change de cycle, et un nouveau sélectionneur façonne son groupe.

Du côté italien, la situation est tout aussi brûlante. Roberto Mancini est revenu sur le banc pour relancer une Nazionale encore traumatisée par une nouvelle absence en Coupe du monde. Le chantier est immense, l’envie de rajeunir l’effectif évidente. Un profil comme Tresoldi colle parfaitement à cette volonté de reconstruction.

Le calendrier, lui, ne laisse pas de répit. Lors de la prochaine trêve internationale, l’Italie affrontera la Belgique le 25 septembre, la France le 2 octobre, puis la Turquie à deux reprises, les 28 septembre et 5 octobre, en Nations League. Des affiches de haut niveau, idéales pour intégrer un nouveau buteur. Mais le joueur a choisi de ne pas se précipiter.

Un choix de carrière, un choix de vie

Avec 12 buts en 24 apparitions chez les U21 allemands, Tresoldi n’est pas un simple nom sur une feuille de match. Il est un élément clé de sa génération. Renoncer trop vite à ce maillot pour en endosser un autre, aussi prestigieux soit-il, n’est pas une décision qu’il prend à la légère.

L’Italie le courtise. L’Allemagne peut encore le convaincre. L’Argentine, héritage maternel, reste en arrière-plan, sans mouvement concret à ce stade. Tout se joue entre la DFB et la FIGC, entre un présent déjà bien installé et une promesse de rôle central ailleurs.

Pour l’instant, Tresoldi marque, regarde, écoute. Il laisse les portes ouvertes, sans se laisser enfermer par la pression médiatique ni par l’impatience des sélectionneurs.

Les buts, eux, ne patientent jamais. À ce rythme, combien de temps encore les deux grandes nations pourront-elles se permettre de le regarder hésiter depuis la tribune, sans l’aligner sur la pelouse ?