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Nick Kyrgios : programme de soins après contrôle positif à la cocaïne

Nick Kyrgios entame un programme de soins après un contrôle positif à la cocaïne et une suspension d’un mois. Le joueur australien, figure aussi brillante que tourmentée du circuit, pourra de nouveau rejouer à partir de vendredi, mais son retour au jeu s’accompagne d’un aveu public et d’un virage personnel brutal.

Un contrôle positif, un aveu sans détour

Contrôlé positif à un métabolite de la cocaïne lors d’un ATP 250 à Majorque, Kyrgios avait d’abord été suspendu provisoirement le 4 août. Le test, analysé dans un laboratoire accrédité par l’Agence mondiale antidopage, a confirmé la présence de benzoylecgonine, dérivé de la cocaïne, dans son échantillon.

Face aux enquêteurs de l’International Tennis Integrity Agency (ITIA), l’Australien a expliqué avoir consommé de la cocaïne de manière « sociale », lors d’une sortie nocturne, quelques jours avant le tournoi, et non dans un cadre lié directement à la compétition. Un expert scientifique indépendant, consulté par l’ITIA, a jugé cette version compatible avec le niveau de substance détecté. L’instance a donc retenu l’hypothèse d’un usage hors compétition.

Dans un long message publié sur Instagram, Kyrgios n’a pas cherché à se défausser : il parle d’une « énorme erreur », dit prendre « l’entière responsabilité » et présente ses excuses à ses fans, à sa famille, à ses sponsors et surtout « aux enfants » qui le suivent. Un mea culpa rare, frontal, à la hauteur du séisme personnel qu’il décrit.

Une sanction réduite grâce à un programme de traitement

Selon le code de l’AMA, ce type de manquement entraîne par défaut une suspension de trois mois. Cette durée peut être ramenée à un mois si le joueur s’engage dans un programme de traitement approuvé par l’ITIA. C’est précisément ce choix qu’a fait Kyrgios.

Résultat : un mois de suspension, déjà largement entamé grâce à la période de mise à l’écart provisoire, et la possibilité de rejouer à partir de vendredi. Il renonce en revanche aux 6 570 euros gagnés à Majorque, où il avait perdu au premier tour face à son compatriote Adam Walton.

L’ITIA a rappelé que le joueur, ancien numéro 13 mondial, pouvait contester sa suspension provisoire. Il a choisi de ne pas le faire, signe d’une volonté assumée de tourner la page en prenant le choc de plein fouet plutôt qu’en s’engageant dans une bataille juridique.

Un corps usé, une carrière en déclin, un mental à vif

Derrière le contrôle positif, Kyrgios décrit un contexte sombre. Ces dernières années, le finaliste de Wimbledon 2022 a enchaîné les blessures au genou et au poignet. Il n’a disputé que quatre simples officiels sur le circuit ATP cette saison. Pour un joueur qui vivait de l’adrénaline des grandes scènes, la chute est brutale.

Dans son message, il confesse que son corps ne suit plus ce que son esprit exige encore de lui. Il parle d’un « énorme tribut » payé physiquement et mentalement, et laisse entendre qu’il se voit proche de la fin de sa carrière en simple. L’idée de lâcher ce sport qu’il n’a « pas choisi », mais qui l’a « choisi », le ronge. Il évoque un sentiment d’impuissance, de solitude. Mais il insiste : rien de tout cela ne justifie ce qu’il a fait.

Cette lucidité tranche avec l’image du bad boy insouciant qui lui colle à la peau. Elle montre un joueur en fin de cycle, pris entre la nostalgie de son talent brut et la réalité d’un corps qui lâche.

Une mise au vert forcée, et un réveil annoncé

Pour Kyrgios, cette affaire doit marquer un tournant. Il parle d’un « signal d’alarme ». Pendant 28 jours, promet-il, il va se retirer des réseaux sociaux et de la vie publique pour se concentrer sur lui-même et sur ce programme de soins. Il demande le respect de sa vie privée, et plus encore celle de sa famille. Il assure qu’il « fera le travail » et qu’il reviendra « meilleur ».

Sur le plan sportif, la sanction a été nette : interdiction de jouer, de coacher ou même d’assister à tout tournoi sanctionné par les circuits masculin et féminin, ainsi qu’aux compétitions nationales en Australie. Sa dernière apparition remonte au 2 juillet, à Wimbledon, en double messieurs aux côtés d’Alexander Bublik, avec une défaite dès le premier tour.

Le joueur le plus polarisant de sa génération se retrouve donc face à un nouveau défi, loin des projecteurs habituels : se reconstruire, accepter ce que son corps ne peut plus donner, et décider quel rôle il veut encore jouer dans un tennis qui, avec ou sans lui, continue d’avancer.